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Dis, Mémé, mémé !...tu me racontes la fin de l’histoire de Bergon avec la Mariton ?.

  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Vega46
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Vega46

Maître Poète
L’histoire vraie je la connaissais aussi bien qu’elle et je me plaisais de la réentendre, aussi n’aurait-il pas fallu que ma pauvre grand-mère saute un seul paragraphe de ce charmant conte vécu, car j’étais très attentif à ses paroles, et elle aurait immédiatement entendu un son de cloche !.

Bergon avait trouvé du travail il était essentiel à la vie du village et de ses alentours.
Le campanièr était un personnage important, il assurait le lien qui unissait l´ensemble de la communauté gravitant autour du clocher de l’église.

C’était un fonctionnaire !.

Son travail principal était accès bien entendu sur les annonces des offices religieux, par un vol de sonneries préalables précédant successivement de soixante, trente, et cinq minutes le début de la cérémonie, tout ceci pour avertir les hameaux les plus éloignés, afin que les fidèles ai le temps matériel d’arriver à l’heure à l’église.

Mais bien sûr les cloches ne se limitaient pas à cet appel, elles jouaient aussi le rôle aujourd’hui tenues encore dans nos toutes petites villes, elles résonnaient comme la sirène dans les cités que les gens du pays qualifiaient d’inhumaine, celle d’un monde qui devenait à leurs yeux trop moderne, où la spiritualité était moins propice aux prières, rien ne peut remplacer dans ce rôle l’angélus !.
Le matin comme le coq elles annonçaient l’heure du réveil, les résonances de midi, étaient suivies du repas des paysans et des travailleurs, elles obligeaient les femmes à presser le pas, le panier sous le bras, dans les chemins entretenus par les bergers, elles allaient à la rencontre de leurs hommes qui travaillaient les champs, ou gardaient les animaux.
Bergon était également un journalier, et pour cette raison il lui arrivait de les activer quelques minutes avant.

Evidemment certains lui en faisait la remarque, en le remerciant, il lui en savait gré !.
La sonnerie du soir quant à elle arrivait enfin, elle invitait à lâcher le manche de l’outil et à rentrer les bêtes.
Mais les cloches assuraient encore d’autres fonctions, elles invitaient les gens à écouter le crieur public, qui jouait le rôle de la radio locale, elles annonçaient les événements exceptionnels par le tocsin, une déclaration de guerre, l’armistice, un incendie ou un cataclysme !.
Le carillon faisait partager les joies de l’entrée en chrétienté d’un nouveau né par le baptême, annonçait à toutes volées un mariage, le glas deux coups pour les hommes un coup pour les femmes ponctuait les décès et accompagnait le défunt jusqu’à sa dernière demeure !.
Les cloches avaient aussi le pouvoir de détourner les orages porteur de grêle, comme par magie !.
Elles avaient comme vous voyez un impact capital sur la vie de nos braves campagnards.
Bergon était récompensé chaque année des services qu’il rendait à l’ensemble de la communauté.
Lorsque la saison des récoltes arrivait, il allait de ferme en ferme percevoir en quelque sorte sa dîme, il en avait rendu des services, et les paysans étaient généreux avec lui.

Mais là ne s'arrêtaient pas ses talents il était également chantre à l’église, et bien qu’ayant jamais appris un mot de latin, il faut reconnaître que dans l’ensemble il le lisait fort bien. Il entonnait les chants grégoriens et avec son accent Lotois suivait les notes en escaladant ou en dévalant la gamme, un vrai virtuose !.

Il était aussi crieur public, et le dimanche à la sortie de la messe il avait toujours des conseils à donner, et les pratiquants l’écoutaient religieusement.

Il vivait de rien avec sa pauvre chérie la Mariton, mangeaient les vieilles chèvres qu’ils mettaient au sel, qu’ils avaient acheté à la foire pour une bouchée de pain.
Ils vivaient heureux comme cela et pour rien au monde ils ne se seraient plaint de leur vie de pauvres.

La Mariton savait le gâter parfois et il lui en était très reconnaissant. "Diga Marie ! tu me gastas !." (Dis Marie tu me gâtes !.) Ils étaient braves et simples, et pour rien au monde ils n’auraient porté tort à quelqu’un, ils vivaient chichement, mais dignement et semblaient très sereins, c’était des sages.
La Mariton le régalait parfois d’une belle tête de mouton, que l’on utilisait surtout pour la pêche à l’écrevisse dans les balances, en ces temps difficiles.
Ce jour là c’était la fête chez eux, et notre Mariton par mesure d’économie n’enlevait pas les yeux de la bête sacrifiée, et les gens du village qui tendaient l’oreille pouvaient entendre leur conversation, la porte étant toujours ouverte hiver comme été !.
Bergon s’adresse à la Mariton de sa voix grave.
»Diga, Marie, los èlhs se manjan ?.- oc ben, Bergon, tot se manja !. Tot se manjea !. (Dis Marie, les yeux se mangent ?.) Oui,, Bergon tout se mange !, et le pauvre Bergon qui ne voulait surtout pas contrarier sa Mariton chérie, toujours docile obtempéra sur le champ !.

Il faut dire, qu’il lui vouait une véritable passion que dis-je un véritable culte, dans la vie il avait trois passions. Ça que aimi lo ma, après lo bon Dius e la nostra Marie, aquos és lo tabac !". (Ce que j’aime le mieux après le bon dieu, et notre Marie, c’est le tabac !.)

La pauvre Mariton n’avait pourtant rien d’une beauté, petite, nerveuse, courbée, et était avantagée par une certaine prédisposition à la pilosité.

Mais, vous le savez tous l’amour est aveugle, et quand Bergon vous parlait d’elle il vous la décrivait comme une des sept merveilles du monde. D’ailleurs un jour qu’il décrivait des souvenirs de caserne, et qu’il flattait la prestance de son colonel, dont il était le planton, il flatta la beauté de sa femme qui était à l’entendre la plus belle créature que la terre eu porté, il lui était impossible de la décrire, et pour justifier ses dires il ajouta simplement :
"Agacha ! Réa polida, polida ! Té, tant polida que la nostra Marie !".
(regarde !. Elle est belle, belle ! tiens, aussi belle que la notre Marie.)
Sa passion le poussait à l’héroïsme, quand il revenait des champignons il les préparait en mangeait à midi et la Mariton rassurée finissait les restes le soir venu.

Je m’appelais Bergon
j’étais un maquignon
quand j’allais à la foire
je prenais mon bâton.

Il faudra quand même que je relise et que j’améliore cet écrit quand j’en aurai le courage !.
 
Dernière édition:
Tu m'as fait sourire dès le début de la suite : "ce charmant comte vécu", ne voulais-tu pas écrire conte? ;)
"Ils érauent heureux" : étaient je suppose ;)
Je me permets de te le dire suite à ta phrase finale :) J'en avais vu une autre mais je l'ai perdu hi trois coups
Les cloches survivent dans certains patelins, et aussi dans les grandes villes, annonçant encore des évènements et les heures repères d'une journée, ceci dit la plupart sont aujourd'hui privées de mains humaines au détriment de la technologie...
Merci pour le partage de ce doux souvenir de Mémé, avec tout mon respect bien entendu!
Bises bel oiseau, très belle soirée!
 
Tu m'as fait sourire dès le début de la suite : "ce charmant comte vécu", ne voulais-tu pas écrire conte? ;)
"Ils érauent heureux" : étaient je suppose ;)
Je me permets de te le dire suite à ta phrase finale :) J'en avais vu une autre mais je l'ai perdu hi trois coups
Les cloches survivent dans certains patelins, et aussi dans les grandes villes, annonçant encore des évènements et les heures repères d'une journée, ceci dit la plupart sont aujourd'hui privées de mains humaines au détriment de la technologie...
Merci pour le partage de ce doux souvenir de Mémé, avec tout mon respect bien entendu!
Bises bel oiseau, très belle soirée!

Hi !... encore un coup du prompteur qui s’imagine que j’ai une écriture noble !. Hi X 3
il faut que je me relise figure toi que je viens d’écrire en regardant le contre la montre de Paris Nice.
On n’est pas sérieux quand on a 67 ans !.
Alors chère oiselle compte sur moi pour rectifier les erreurs !.
Merci pour ce gentil message
Bises célestes
Momo
MLCCACTP
 
Hi !... encore un coup du prompteur qui s’imagine que j’ai une écriture noble !. Hi X 3
il faut que je me relise figure toi que je viens d’écrire en regardant le contre la montre de Paris Nice.
On n’est pas sérieux quand on a 67 ans !.
Alors chère oiselle compte sur moi pour rectifier les erreurs !.
Merci pour ce gentil message
Bises célestes
Momo
MLCCACTP

Comme quoi les hommes ne sont pas "mono taches" comme on l'entend souvent ;)
J'aime beaucoup ton petit clin d'œil à Tuthur, merci car après m'avoir fait sourire tu m'as fait rire :)
Merci de ne pas t'être offusqué de mes relevés de phrase, tu sais que ça part d'un bon sentiment, je n'en doute pas :)
Une bise arc en ciel vers ton céleste brillant
ps : tiens donc encore un changement dans ta signature? J'ai bien une idée du mot qui pourrait se cacher derrière la quatrième lettre mais est-ce intentionnel? Oui je sais, je m'arrête sur des détails ;) mais ils sont souvent essentiels à mes yeux ;)
 
On ne se lasse pas de ses histoires d'antan Momo tu me rappelles les histoires de ma grand mère qui nous narrait des histoires au coin du feu lors des veillées merci bravo amicalement Kinkin
 
On ne se lasse pas de ses histoires d'antan Momo tu me rappelles les histoires de ma grand mère qui nous narrait des histoires au coin du feu lors des veillées merci bravo amicalement Kinkin

C’était le bon temps Kinkin celui de la simplicité, on était attentif à toutes ces histoires souvent vécues.
Amicalement
Momo
MLCCACTP
 
Merci à toi pour ce magnifique, tout en décor dehors, sonne la nature et l'heure se donne!

Figure toi que ma Belle-mère, de mère en fille, était campanière à st lys!
Les mêmes horaires que toi bien entendu! ce n'est pas rien d'être connu de tous et chacun : HA la Jeanne du village de 25OO habitants
à l'heure où je l'ai su! Monter jusqu'au haut du clocher, sonner et redescendre, ne faisait qu'un chez elle, aussi pressée que son fils!
Elle poursuivait la cuisine avant chaque repas et rigolait tout le temps!
Je me souviens de l'époque, où mariée nous avons fait ce que l'on appel un "tustet" (blague) pour la fête du village! changeant les pots de fleurs
de chaque fenêtre, poursuivant le souper chez mon beau-frère et sa femme (frère de mon mari) jusqu'à l'heure aux environs de minuit.
Nous sommes allés à l'église, prenant les clés chez mes beaux parents! Dans ce pieux endroit, la frousse me gagne,
pourquoi? je ne sais pas! le noir seul nous entourait ne voyant pas les anges, et mon mari ou mon beau frère, je ne sais pas lequel savait sonner
l'angelus ! à toutes volées les cloches réveillaient juste ou pas le silence dans tout le village!
Le lendemain nous avons su que le boulanger s'était levé pour faire sa pâte alors que nous avions regagné nos pénates sans rien entendre !!!!!!
C'étaient en les années 1965!
Ma belle-mère a fait carillonner le clocher jusqu'aux années 1983 je pense, ensuite le mécanique l'a remplacé! ce n'est pas le même écho
ce n'est pas la même emblème, c'est l'horloge parlante qui sonne sans refrain!

Bises MLCCACTP Poly
 
Dernière édition:
Merci à to pour ce magnifique véridique, tout en décor dehors, sonne la nature et l'heure se donne!

Figure toi que ma Belle-mère, de mère en fille, était campagnière à st lys!
Les mêmes horaires que toi bien entendu! ce n'est pas rien d'être connu de tous et chacun : HA la Jeanne du village de 25OO habitants
à l'heure où je l'ai su! Monter jusqu'au haut du clocher, sonner et redescendre, ne faisait qu'un chez elle, aussi pressée que son fils!
Elle poursuivait la cuisine avant chaque repas et rigolait tout le temps!
Je me souviens de l'époque, où mariée nous avons fait ce que l'on appel un "tustet" (blague) pour la fête du village! changeant les pots de fleurs
de chaque fenêtre, poursuivant le souper chez mon beau-frère et sa femme (frère de mon mari) jusqu'à l'heure aux environs de minuit.
Nous sommes allés à l'église, prenant les clés chez mes beaux parents! Dans ce pieux endroit, la frousse me gagne,
pourquoi? je ne sais pas! le noir seul nous entourait ne voyant pas les anges, et mon mari ou mon beau frère, je ne sais pas lequel savait sonner
l'angelus ! à toutes volées les cloches réveillaient juste ou pas le silence dans tout le village!
Le lendemain nous avons su que le boulanger s'était levé pour faire sa pâte alors que nous avions regagné nos pénates sans rien entendre !!!!!!
C'étaient en les années 1965!
Ma belle-mère a fait carillonner le clocher jusqu'aux années 1983 je pense, ensuite le mécanique l'a remplacé! ce n'est pas le même écho
ce n'est pas la même emblème, c'est l'horloge parlante qui sonne sans refrain!

Bises MLCCACTP Poly
Superbe réponse à cet écrit qui est là pour rappeler aux gens qui ne sont pas cloche que le modernisme quelque par déshumanise un savoir faire ancestral où l’homme d’autrefois qui vivait de rien semblait heureux.
Merci Poly d’avoir apporté tous ses souvenirs qui complète cet écrit de mémoire.
Les gens étaient pauvres mais savait profiter des instants heureux, cadencés par la cloche activée à bout de bras par une sage ou un sage du village.
Bises Poly
Momo
MLCCACTP
 
Dernière édition:
Ma culture générale s'est enrichie d'un mot, le campanier. Moi je ne connaissais que le "sonneur"! La suite est aussi savoureuse que le début, et on se prend vraiment de sympathie pour ce couple atypique. J'aime bien Mariton, pas belle mais courageuse et économe! et aimant son Bergon qui lui rend bien! ils se contentaient de peu et étaient heureux...Merci Momo, à bientôt sur ta page!
 
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Ma culture générale s'est enrichie d'un mot, le campanier. Moi je ne connaissais que le "sonneur"! La suite est aussi savoureuse que le début, et on se prend vraiment de sympathie pour ce couple atypique. J'aime bien Mariton, pas belle mais courageuse et économe! et aimant son Bergeon qui lui rend bien! ils se contentaient de peu et étaient heureux...Merci Momo, à bientôt sur ta page!

Moi qui ne croit pas à l’amour, et bien force est de constater qu’il existe vraiment ce couple pauvre et riche à la fois nous en apporte la preuve.
Comme quoi il faut savoir écouter plusieurs sons de cloche !. Hi
Merci Jacqueline pour cette visite.
A bientôt
Momo
MLCCACTP
 
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