Aujourd'hui j'ai eu dix-huit ans, Je regarde par la fenetre , En pleurant de tout mon etre , Le portique grincant d'enfants. Adieu nos amours enfantines, Où régnait l'ambiance caline, Adieu nos doux reves d'enfants, Où l'on s'imagie etre grands. Adieu mon petit train de bois , Rapide et solide à la fois , Adieu ma poupée de satin , Aux simples couleurs des fleurs de lin. Adieu mon cher ami l'ourson, Aux petits faits de boutons, Au corps entièrement de laine , A la vie sans aucune haine. Adieu ma cabane suspendue , Je n'y revais que de bateaux, Les voiles et la coques fendues, Tout balancés par les grands flots ; Adieu mon voilier solitaire, Qui avait vogué sur la terre, Tout les soirs afin de plaire, Mon dieu il avait l'air si fier . Adieu douce et tendre enfance, Où régnait calme et bienveillance, Où la vie avait un sens, Devenir grand sans inconvenance.