Filiatus
Maître Poète
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Quel sera mon dernier bon mot
Quelle fumeuse gaudriole
Viendra égayer vos sanglots
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Quell’ sera la blague adéquate
Pour que tout le monde rigole
Au moment de la mise en boîte
J’imagine une pétarade
Un hoquet ou tout autre bruit
Et dans la lumière blafarde
Mon majeur dressé comme un « i »
Quelles seront mes dernièr’ paroles
A qui seront-elles adressées
A un bon vieux copain d’école
Ou à un tout jeune curé
A l’employé des pomp’ funèbres
A ma maitresse, ou à ma femme
Ou bien à l’Ange des ténèbres
Qui m’aura soutiré mon âme
Aurai-je droit au dictionnaire
Décrocherai-je ainsi un jour
Le César du meilleur cimetière
Pour mes posthumes calembours
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Devrai-je les enregistrer
Et pour ne pas qu’on me les vole
Chez un notair’ les déposer
Quels seront mes derniers désirs
Seront-ils gravés sur ma tombe
Aurai-je le temps de m’en souv’nir
Avant que mon corps ne succombe
Je pourrais dire : « j’ai bien vécu »
C’est bien, mais c’est superficiel
Je pourrais dire « j’étais cocu »
C’est mieux, mais c’est confidentiel
Je pourrais dire : « Monsieur l’bourreau
Encore une petit’ minute »
Mais ça exige un échafaud
Et un passage chez Belzébuth
Je pourrais dire, comme un poète
Qui croyait aux saints Évangiles
« Que votre volonté soit faite
Mais pas la mienne », ajouta-t-il
Je pourrais dire tout simplement
« Enfin je vais pouvoir dormir »
Mais même ces mots insignifiants
Signent tous les derniers soupirs
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Quel sera mon dernier bon mot
Quand je vais jouer à Pigeon vole
Avec la Camarde au tableau
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Si ça s’trouve je n’en aurai pas
Je partirai comme un’ couille-molle
Avec un grognement de rat
Aussi, je vais laisser ma plume
Sur le bord de mon encrier
Et changer ma gloire posthume
Contre d’anonymes couplets
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Je n’en sais rien, et je m’en fous
La vie est une farandole
Et la mort est un bouche-trou
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Je n’en sais rien, et je m’en fous
Vous allez me trouver frivole
Mais moi j’trouv’ ça pas mal du tout
Quel sera mon dernier bon mot
Quelle fumeuse gaudriole
Viendra égayer vos sanglots
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Quell’ sera la blague adéquate
Pour que tout le monde rigole
Au moment de la mise en boîte
J’imagine une pétarade
Un hoquet ou tout autre bruit
Et dans la lumière blafarde
Mon majeur dressé comme un « i »
Quelles seront mes dernièr’ paroles
A qui seront-elles adressées
A un bon vieux copain d’école
Ou à un tout jeune curé
A l’employé des pomp’ funèbres
A ma maitresse, ou à ma femme
Ou bien à l’Ange des ténèbres
Qui m’aura soutiré mon âme
Aurai-je droit au dictionnaire
Décrocherai-je ainsi un jour
Le César du meilleur cimetière
Pour mes posthumes calembours
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Devrai-je les enregistrer
Et pour ne pas qu’on me les vole
Chez un notair’ les déposer
Quels seront mes derniers désirs
Seront-ils gravés sur ma tombe
Aurai-je le temps de m’en souv’nir
Avant que mon corps ne succombe
Je pourrais dire : « j’ai bien vécu »
C’est bien, mais c’est superficiel
Je pourrais dire « j’étais cocu »
C’est mieux, mais c’est confidentiel
Je pourrais dire : « Monsieur l’bourreau
Encore une petit’ minute »
Mais ça exige un échafaud
Et un passage chez Belzébuth
Je pourrais dire, comme un poète
Qui croyait aux saints Évangiles
« Que votre volonté soit faite
Mais pas la mienne », ajouta-t-il
Je pourrais dire tout simplement
« Enfin je vais pouvoir dormir »
Mais même ces mots insignifiants
Signent tous les derniers soupirs
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Quel sera mon dernier bon mot
Quand je vais jouer à Pigeon vole
Avec la Camarde au tableau
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Si ça s’trouve je n’en aurai pas
Je partirai comme un’ couille-molle
Avec un grognement de rat
Aussi, je vais laisser ma plume
Sur le bord de mon encrier
Et changer ma gloire posthume
Contre d’anonymes couplets
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Je n’en sais rien, et je m’en fous
La vie est une farandole
Et la mort est un bouche-trou
Quelles seront mes dernièr’ paroles
Je n’en sais rien, et je m’en fous
Vous allez me trouver frivole
Mais moi j’trouv’ ça pas mal du tout