OLIVIERW
Maître Poète
Dans les couloirs des ans,
J’ai plongé un jour dans un lac aux eaux si noires
Attiré par les secrets de ces profondeurs
Ténébreuses et quelqu’un m’a conté l’histoire
Du monstre qui ne supportait pas sa laideur.
C’était en des temps si lointains, que la mémoire
Se perdait dans les couloirs des ans, des mystères
La rumeur parlait d’un être qui chaque soir
Pleurait de désespoir et qui vivait sous terre.
Car la bête ne supportait pas son reflet
Et le maudissait, Qu’ai-je fait ? Se dit-elle
Pour mériter cela, pour un simple pamphlet
Me voilà transformée, d’un aspect si cruel !
Pays des légendes, châteaux et des dragons
Un sinistre seigneur régnait par la terreur
Ses sujets tremblaient, il n’était pas parangon
De vertu, le peuple subissait ses aigreurs.
Seul un courageux sage osait le défier
Il n’était pas armé, mais maniait l’écrit
Trop confiant, il aurait du se méfier
Arrêté et condamné pour ses manuscrits.
Il s’attendait à subir la pire des morts
Supplice de la roue ou diverses tortures
Se préparant mentalement au triste sort
Mais pas à devenir, une autre créature.
Le souverain était rusé, il préféra
Lui laisser la vie sauve, en un animal
A moitié humain, se terrant comme un rat
Evitant les regards qui lui font tant de mal !
Premiers émois,
Dans le jardin secret de mes tendres années
De galants souvenirs aux pigments safranés
A la douce nostalgie me mettent en émoi
Je repense à celle qui venait chez moi.
Pressé de rejoindre la maison de campagne
Bâtie sur les hauteurs des coteaux de Champagne
Revivre de nouveau ces moments de liberté
Et apprécier des instants de pureté.
Que la journée fut bonne en ce grand jour d’été
J’allais avoir seize ans, l’esprit plein de gaîté
J’ai aperçu, assise près des cyclamens
Dans le parc, la plus belle des fleurs du domaine.
A observer ces cheveux flotter dans le vent
Admirer le ton bleu du regard captivant
Le sourire discret et son joli minois
La grâce naturelle, j’en étais benoît.
J’ai ressenti soudain les battements du cœur
Qui s’emballent, comme un cheval fougueux, en chœur
Les mains et les jambes tremblent, stupéfait
Par sa folle beauté, surpris d’un tel effet.
Adolescent insouciant, j’aimais les airs
Les accords, les flonflons des bals populaires
L’inviter à danser, j’allais enfin oser
Ce soir là, j’ai donné mon premier baiser.