Dans la nuit...
Au loin, parlent les tam-tam,
J'imagine les mains frappant
Sur la peau de chèvre tendue,
Leurs sons volent en continu
Sur les ailes du soir mourant
Où se révèle l'appel des âmes...
Les notes répétitives captivent
Mon cœur qui s'était endormi,
Je sens la vie à l'état primitif.
Un effluve d'or communicatif
Répand une envoûtante magie.
Je m'engage sur d'autres rives...
Je voyage au cœur de l'Afrique...
En sa nuit qui rejoint la mienne,
J'entends les grands éléphants
Et leurs pas lourds et dansants,
Guidés vers les terres anciennes,
Par leurs mémoires empiriques...
De grands fauves roux s'éveillent,
Leurs yeux brillent sous la lune,
Des femelles tapies dans l'ombre
S'apprêtent à chasser en nombre,
En la savane d'or devenue brune,
Où les hyènes avides surveillent...
Les hommes jouent encore, jouent,
Perdus dans un monde si lointain.
La nostalgie d'un pays de lumière
S'exprime, coule telle une rivière,
A la paume enflammée des mains
Qui frappent jusqu'au délire fou...
Passé le charme de l' impromptu,
Un silence se fond aux alentours,
Les voix des tam-tam se meurent
Se perdent en la nuit, effleurent
Tous les hommes rêvant d'amour.
Et je glisse profondément émue...
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