Hors concours ( bouts rimés )

Délicieux souvenir...
Livre parfumé, ô jolie fleurette,
Éveillez-en moi, tendre souvenir...
Douceur sensuelle et coquette,
Songes de mes années à venir...
D'un rai solaire, enveloppée,
Arrêtée sur le bord du chemin,
Une rose au creux de ta main,
Beauté sauvagement coupée,
Sous le soleil, bien asséchée,
Allais-tu la regarder mourir ?
Triste de ne jamais refleurir...
Errance vagabonde, ta pensée.
Enrobée d'or et de blancheur,
Tu jouais en toute innocence
Sur les ailes d'une espérance,
Voyageais vers le rêve couleur.
Envoyais-tu quelque message
A ce bel ami, bien trop discret ?
Illuminé par ton désir secret,
Fleur, je devinais ton langage...
Je t'imaginais relisant tout bas,
Un pli tenu d'une messagère,
Allais-tu y répondre ou pas ?
Que cette plume était légère...
Et tu balançais ta jolie main,
Éros faisait-il un doux caprice,
Quel délice d'amour sans fin !
Allais-tu boire à son calice ?
Je crois que tu t'appelais Fleur...
Comme sculpture de Praxitèle,
Peut-être son sosie ou sa sœur,
Tu prenais la pose tel modèle.
Les dieux l'avaient faite si belle
Qu'on aurait pu longtemps encor,
Languir d'un fol amour pour elle,
Et lui offrir son plus beau trésor.
Mais pourquoi ce minois sévère ?
L'ami n'en finissait pas d'arriver.
L'âme trompée était devenue colère...
Peut-être avait-elle cessé de rêver.
D'après " À une fleur " d' Alfred de Musset (1810-1857)
Recueil : Poésies nouvelles 1850
( Rimes ABBAet ABAB )

Délicieux souvenir...
Livre parfumé, ô jolie fleurette,
Éveillez-en moi, tendre souvenir...
Douceur sensuelle et coquette,
Songes de mes années à venir...
D'un rai solaire, enveloppée,
Arrêtée sur le bord du chemin,
Une rose au creux de ta main,
Beauté sauvagement coupée,
Sous le soleil, bien asséchée,
Allais-tu la regarder mourir ?
Triste de ne jamais refleurir...
Errance vagabonde, ta pensée.
Enrobée d'or et de blancheur,
Tu jouais en toute innocence
Sur les ailes d'une espérance,
Voyageais vers le rêve couleur.
Envoyais-tu quelque message
A ce bel ami, bien trop discret ?
Illuminé par ton désir secret,
Fleur, je devinais ton langage...
Je t'imaginais relisant tout bas,
Un pli tenu d'une messagère,
Allais-tu y répondre ou pas ?
Que cette plume était légère...
Et tu balançais ta jolie main,
Éros faisait-il un doux caprice,
Quel délice d'amour sans fin !
Allais-tu boire à son calice ?
Je crois que tu t'appelais Fleur...
Comme sculpture de Praxitèle,
Peut-être son sosie ou sa sœur,
Tu prenais la pose tel modèle.
Les dieux l'avaient faite si belle
Qu'on aurait pu longtemps encor,
Languir d'un fol amour pour elle,
Et lui offrir son plus beau trésor.
Mais pourquoi ce minois sévère ?
L'ami n'en finissait pas d'arriver.
L'âme trompée était devenue colère...
Peut-être avait-elle cessé de rêver.
D'après " À une fleur " d' Alfred de Musset (1810-1857)
Recueil : Poésies nouvelles 1850
( Rimes ABBAet ABAB )
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