Moi-même
Maître Poète
Chers parents, c'est fini
Venez vous asseoir
J'ai à vous parler
Vous raconter mon histoire
À vous, chers parents bien-aimés
Une certaine nuit de décembre, en plein hiver
Vous étiez endormis à poings fermés
Près de neuf mois passés dans ce cocon, j'avais maintenant envie de prendre l'air
Ne prenant compte de l'heure, ben je vous ai réveillés
À l'aube, j'ai enfin pu voir le jour
Même s'il le faisait pas vraiment
Vous m'avez accueillie avec tout votre tendre amour
J'aurais aimé me souvenir de ce moment
De cet émerveillement, de cette joie, dans vos yeux
À l'arrivée tant attendue de votre premier enfant
Désormais vous ne serez plus à deux
La famille s'agrandira au fil du temps
Que d'émotions hein ?
Quelle déception hein ?
Vous ne saviez pas encore que je deviendrai la personne que je suis aujourd'hui
Qui en plus n'est même pas reconnaissante envers vous de m'avoir offert la vie
Au début on était heureux, la vie est belle, la vie est rose
Mais vous ne pensiez pas que par la suite je vous en ferai voir de toutes les couleurs
Que je vous pousserai souvent à bout jusqu'à ce que ça explose
Que je vous ferai tellement de mal, vous arracherai tellement de pleurs
Vous pensiez que la seule cicatrice que j'aurai serait celle de mon nombril
Vous ne pensiez pas que j'en aurai tant d'autres partout sur mon putain de corps meurtri
De nombreuses plaies infligées dans les moments difficiles
Estompées maintenant, mais celles à l'intérieur toujours pas guéries
Vous n'imaginiez pas tout ça hein ?
Que cette souffrance qui s'est logée dans mon cœur à mon insu
Entraînerait de lourdes conséquences tout au long de notre chemin
Et dévasterait mon existence, ainsi que la votre; si j'avais su
Si j'avais su que ma naissance mènerait à ça
Je me serais passée le cordon ombilical autour du cou
Je m'excuse d'être aussi brutale dans mes propos mais voilà
Quand on souffre à ce point, la rage s'exprime et sans retenue bah on dit tout
Venez vous asseoir
J'ai à vous parler
Vous raconter mon histoire
À vous, chers parents bien-aimés
Une certaine nuit de décembre, en plein hiver
Vous étiez endormis à poings fermés
Près de neuf mois passés dans ce cocon, j'avais maintenant envie de prendre l'air
Ne prenant compte de l'heure, ben je vous ai réveillés
À l'aube, j'ai enfin pu voir le jour
Même s'il le faisait pas vraiment
Vous m'avez accueillie avec tout votre tendre amour
J'aurais aimé me souvenir de ce moment
De cet émerveillement, de cette joie, dans vos yeux
À l'arrivée tant attendue de votre premier enfant
Désormais vous ne serez plus à deux
La famille s'agrandira au fil du temps
Que d'émotions hein ?
Quelle déception hein ?
Vous ne saviez pas encore que je deviendrai la personne que je suis aujourd'hui
Qui en plus n'est même pas reconnaissante envers vous de m'avoir offert la vie
Au début on était heureux, la vie est belle, la vie est rose
Mais vous ne pensiez pas que par la suite je vous en ferai voir de toutes les couleurs
Que je vous pousserai souvent à bout jusqu'à ce que ça explose
Que je vous ferai tellement de mal, vous arracherai tellement de pleurs
Vous pensiez que la seule cicatrice que j'aurai serait celle de mon nombril
Vous ne pensiez pas que j'en aurai tant d'autres partout sur mon putain de corps meurtri
De nombreuses plaies infligées dans les moments difficiles
Estompées maintenant, mais celles à l'intérieur toujours pas guéries
Vous n'imaginiez pas tout ça hein ?
Que cette souffrance qui s'est logée dans mon cœur à mon insu
Entraînerait de lourdes conséquences tout au long de notre chemin
Et dévasterait mon existence, ainsi que la votre; si j'avais su
Si j'avais su que ma naissance mènerait à ça
Je me serais passée le cordon ombilical autour du cou
Je m'excuse d'être aussi brutale dans mes propos mais voilà
Quand on souffre à ce point, la rage s'exprime et sans retenue bah on dit tout
On dit tout ce qu'on pense au plus profond de soi, la rage tellement puissante je vous dis maintenant ce que je pensais tout bas, je balance mes paroles, ma souffrance, ma malchance, peut-être parfois ça n'a pas de sens mais c'est pas grave pour moi c'est comme une délivrance.
Plus j'avance plus je recule. Mais regardez donc cet enfant tant attendu ce qu'il est devenu. Regardez ce que je suis aujourd'hui, rien. Rien rien rien putain !
J'ai grandi, j'ai appris, mais j'ai rien bâti, ou bien j'ai commencé et puis j'ai tout détruit. Oui j'ai que 24 ans, y a encore plein d'années devant moi et je dis ça comme si les choses ne s'arrangeraient pas, mais c'est le cas je vous assure, même si c'est dur à entendre et je peux le comprendre ; c'est certain y a nulle part où me mènera mon chemin à part sûrement vers la fin précipitée car toutes les autres routes sont barrées et puis t'façon y a tellement de larmes dans mes yeux desséchés que je vois même pas là où je vais.
Mais qu'est-ce que je vais devenir hein ? Dites-moi comment faire pour m'en sortir !
Je sens mon corps s'affaiblir.
Je vous jure j'ai la trouille, vraiment la trouille. Je ne sais pas ce qu'il est prédit pour moi mais j'ai ma petite idée et ça me fait flipper, regardez-moi trembler comme une feuille, regardez cette poule mouillée, regardez-moi sombrer, excusez-moi de vous causer tant de soucis mais j'ai beau essayer de remonter ; pour vous, au moins pour vous, mais c'est pas possible y a quelque chose qui veut m'en empêcher.
Je lui en veux à celui-là, si vous saviez comme j'ai la rage, une telle rage contre lui et elle grandi en moi de jour en jour. Ce cœur en moi, ce cœur qui bat, c'est grâce à vous et je voulais vous en remercier. Souvent, ses battements déchaînés me donnent des coups partout, comme s'il voulait s'exprimer, exprimer sa colère, comme s'il allait exploser, exploser comme une bombe nucléaire.
Le votre, je m'excuse si par ma faute il est abîmé. Dans ma vie je ne sais faire que ça, le bousiller, le maltraiter, le lacérer, des points de sutures que je n'arrive même plus à les compter et après tout ça vous dites encore que vous m'aimez ?
Franchement je vous ai fait le plus souvent du mal que du bien et je mérite cet amour ? Non ne pleurez pas s'il vous plaît, j'enrage de vous voir dans un tel état, à cause de moi, j'enrage de vous faire subir tout ça !
J'en peux plus, je suis à bout, ma vie minable se consume en cendres, ne restera bientôt plus rien du tout que de la rancœur partout.
Si vous saviez le soir avant de m'endormir comme je redoute de me réveiller le lendemain matin. Je voudrais pour toujours m'endormir pour ne plus jamais rien ressentir, pour fuir, pour fuir ces pensées permanentes qui me martyrisent, pour fuir ma vision des choses qui me fait tant souffrir et qui ne fait que me nuire. Ce foutu mal-être nuit gravement à ma santé et à celle de mon entourage. Pourquoi quand je souffre vous souffrez aussi ? Les émotions qui m'envahissent vous envahissent aussi ? C'est comme si dans votre intérieur un aimant était implanté dedans et qu'il attire toute la fragilité de votre enfant. Ça fait mal de vous infliger toute cette peine ! Je m'en veux je m'en veux je m'en veux ! J'ai pas le droit de faire ça !
Je comprends maman, je suis la chaire de ta chaire, chers parents nous avons le même sang et j'en suis fière car pour moi vous êtes la chose la plus importante sur la Terre entière, vous êtes ma seule lumière dans mon sombre univers, je donnerais cher pour ne jamais vous perdre. Insensé ce que je dis là hein ? Moi qui pense à me foutre en l'air. C'est vous qui m'aurez perdue mais moi aussi je vous aurai perdu bien entendu. Je ne suis pas égoïste à vouloir faire ça, je pense à vous quand je pense à ça. Je suis plutôt généreuse non ? Car les parents souhaitent le bien pour leur enfant alors écoutez papa, maman, vous préféreriez sûrement me savoir partie éternellement et que désormais je ne souffrirai plus jamais, plutôt que je reste en vie et me voir malheureuse, souffrir énormément jusqu'à la fin des temps. Vous vous sentiriez plus apaisés et moins épuisés. C'est pour mon bien que je pense à faire ça et pour le votre également. Évidemment mon absence serait douloureuse pour vous mais moins lourde à porter qu'un tas de tourments si j'étais encore parmi vous. J'ai pas raison ?
Excusez-moi d'en arriver là mais dans la vie souvent faut faire des choix et parfois des choix qui ne s'évitent pas. Malheureusement. Je le constate amèrement, tout mon corps est pris de tremblements soudainement à la pensée que ma vie bientôt s'arrêtera brusquement.
Je ne peux pas continuer, je suis sincèrement désolée, triste et désemparée que ce n'est pas une fiction mais la dure réalité.
J'essaye de prendre de l'altitude, j'essaye de voler plus haut mais j'ai un poids lourd sur le dos, tellement lourd à m'en briser les os. Alors c'est la chute assurée, mon parachute je l'ai oublié, je vais m'écraser. L’atterrissage est douloureux, encore des fractures, encore un coup dur.
Non ne m'en veuillez pas mais je n'ai plus rien à perdre, plus rien à gagner, ma vocation je l'ai loupé, c'est l'heure maintenant de vous quitter.
Je passe à côté de la vie ou bien c'est la vie qui passe à côté de moi. Je frôle la mort de près ou bien c'est la mort qui me frôle de près. Y a plus rien qui change, y a plus rien qui s'arrange, c'est la mort qui me mange, laissez-moi m'en aller avec les anges.
CynThia
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