Filiatus
Maître Poète
On l'apprécie, on le déteste
On l'a en horreur, on l'honore
Bien difficile avec Ernest
De savoir où trouver le nord
Est-ce dû à la politique
Est-ce la haine de Castro
Est-ce un pur produit médiatique
Est-ce un grand besoin de héros ?
Or moi qui suis ni "pour", ni "contre"
Moi, le "chti" Miguel Ernesto
Je vais aller à sa rencontre
Muni de ma "plume-photo"
C'est en juin mil neuf cent vingt-huit
Que le "Che" ouvre les paupières
Son arbre généalogique
A des origines princières
Il naît avec une cuiller
En argent entre les babines
Et l'argent, son père et sa mère
En ont beaucoup, en Argentine
Ses parents l'appellent "Teté"
Plutôt qu'Ernesto Rafael
Peut-être a-t-il eu un raté
Du côté du sein maternel ?
Bientôt l'enfant devient l'aîné
De deux filles et deux garçons
Mais malheureusement "Teté"
Est de faible constitution
Tous vivent à Buenos-Aires
Mais, près de la mer, "Teté" tousse
Pour lui ce n'est pas un bon air
Alors ils déménagent tous
Installés à "Alta Gracia"
Où l'air est plus continental
Dans le ranch "Villa Chiquita"
La vie reprend son cours normal
Ernesto a quitté l'école
Pour des études secondaires
À Cordoba, la métropole
Où il est demi-pensionnaire
En mil neuf cent quarante-six
Il habite chez sa grand-mère
Mais elle meurt dans un supplice
Que son petit-fils ne tolère
Lui qui voulait être ingénieur
Se tourne vers la médecine
Et se met très vite au labeur
Dans la capitale argentine
C'est là qu'il rencontre "Tita"
Une jeune et charmante fille
Qui lui apprend le "b-a-ba"
Du marteau et de la faucille
Après trois années à la fac
Il quitte ciseaux, bistouris
Prend sa moto et un hamac
Et voyage à travers les pays
Au Chili, Pérou, Colombie
Jusque dans les forêts profondes
Il croise des gens sans abris
Qu'il appelle "pauvres du monde"
En mil neuf cent cinquante-deux
Il revient dans son Argentine
Et reprend [excusez du peu]
Ses études de médecine
Il reçoit enfin son diplôme
L'année de ses vingt-cinq printemps
Et avec son mercurochrome
Part ausculter le continent
Les Cubains, les Guatémaltèques
L'entendant toujours dire "tché"
Qu'en argentin veut dire "mec"
De ce surnom vont l'affubler
Expulsé du Guatemala
Le "Che" se rend à Mexico
Et historiquement c'est là
Qu'il rencontre Fidel Castro
Il se marie avec Hilda
Mais s'en sépare un an plus tard
Car il embarque pour Cuba
Avec quatre-vingt-un gaillards
Ils commencent la guérilla
Dans la sierra au sud de l'île
Contre le tyran Batista
Qui part prestement en exil
Ernesto a trente ans passé
À La Havane alors hiberne
Et prend la nationalité
Du pays que Castro gouverne
Il divorce d'avec Hilda
Et convole en noces intimes
Avec la cubaine Aleida
[Ce qui facilite ma rime]
Le "Che" est l'éminence grise
Des frères Raùl et Fidel
Qui, à différentes reprises
Est leur messager officiel
En Egypte, en Yougoslavie
Au Soudan, en U.R.S.S.
En Chine et en Indonésie
Ce qui inquiète les U.S.
Ils rompent un jour leurs relations
Et tentent d'envahir Cuba
De nuit par la "Baie des Cochons"
Pensant que nul ne les "verra"
Mais le "Che" en "force tranquille"
Rejette les Ricains à l'eau
Si bien que Castro dans son île
Devient le "Leader Massimo"
Ernesto écrit quelques livres
Sur l'art de la Révolution
Mais c'est surtout dans l'art de vivre
Avec les femmes qu'il est bon
Car naît son quatrième enfant
Le troisième avec Aleida
Mais à peine six mois avant
Le tout premier avec Lidia
En mil neuf cent soixante-quatre
Il sillonne la terre entière
Continument prêt à débattre
Sur ses idéaux libertaires
L'année suivante il veut reprendre
La lutte armée près de chez lui
Mais bientôt le "Che" se fait prendre
Par des soldats en Bolivie
Sur l'injonction d'un général
Un caporal, en tremblotant
Dans la forêt équatoriale
Abat le "Che" à bout portant
On l'a en horreur, on l'honore
Bien difficile avec Ernest
De savoir où trouver le nord
Est-ce dû à la politique
Est-ce la haine de Castro
Est-ce un pur produit médiatique
Est-ce un grand besoin de héros ?
Or moi qui suis ni "pour", ni "contre"
Moi, le "chti" Miguel Ernesto
Je vais aller à sa rencontre
Muni de ma "plume-photo"
C'est en juin mil neuf cent vingt-huit
Que le "Che" ouvre les paupières
Son arbre généalogique
A des origines princières
Il naît avec une cuiller
En argent entre les babines
Et l'argent, son père et sa mère
En ont beaucoup, en Argentine
Ses parents l'appellent "Teté"
Plutôt qu'Ernesto Rafael
Peut-être a-t-il eu un raté
Du côté du sein maternel ?
Bientôt l'enfant devient l'aîné
De deux filles et deux garçons
Mais malheureusement "Teté"
Est de faible constitution
Tous vivent à Buenos-Aires
Mais, près de la mer, "Teté" tousse
Pour lui ce n'est pas un bon air
Alors ils déménagent tous
Installés à "Alta Gracia"
Où l'air est plus continental
Dans le ranch "Villa Chiquita"
La vie reprend son cours normal
Ernesto a quitté l'école
Pour des études secondaires
À Cordoba, la métropole
Où il est demi-pensionnaire
En mil neuf cent quarante-six
Il habite chez sa grand-mère
Mais elle meurt dans un supplice
Que son petit-fils ne tolère
Lui qui voulait être ingénieur
Se tourne vers la médecine
Et se met très vite au labeur
Dans la capitale argentine
C'est là qu'il rencontre "Tita"
Une jeune et charmante fille
Qui lui apprend le "b-a-ba"
Du marteau et de la faucille
Après trois années à la fac
Il quitte ciseaux, bistouris
Prend sa moto et un hamac
Et voyage à travers les pays
Au Chili, Pérou, Colombie
Jusque dans les forêts profondes
Il croise des gens sans abris
Qu'il appelle "pauvres du monde"
En mil neuf cent cinquante-deux
Il revient dans son Argentine
Et reprend [excusez du peu]
Ses études de médecine
Il reçoit enfin son diplôme
L'année de ses vingt-cinq printemps
Et avec son mercurochrome
Part ausculter le continent
Les Cubains, les Guatémaltèques
L'entendant toujours dire "tché"
Qu'en argentin veut dire "mec"
De ce surnom vont l'affubler
Expulsé du Guatemala
Le "Che" se rend à Mexico
Et historiquement c'est là
Qu'il rencontre Fidel Castro
Il se marie avec Hilda
Mais s'en sépare un an plus tard
Car il embarque pour Cuba
Avec quatre-vingt-un gaillards
Ils commencent la guérilla
Dans la sierra au sud de l'île
Contre le tyran Batista
Qui part prestement en exil
Ernesto a trente ans passé
À La Havane alors hiberne
Et prend la nationalité
Du pays que Castro gouverne
Il divorce d'avec Hilda
Et convole en noces intimes
Avec la cubaine Aleida
[Ce qui facilite ma rime]
Le "Che" est l'éminence grise
Des frères Raùl et Fidel
Qui, à différentes reprises
Est leur messager officiel
En Egypte, en Yougoslavie
Au Soudan, en U.R.S.S.
En Chine et en Indonésie
Ce qui inquiète les U.S.
Ils rompent un jour leurs relations
Et tentent d'envahir Cuba
De nuit par la "Baie des Cochons"
Pensant que nul ne les "verra"
Mais le "Che" en "force tranquille"
Rejette les Ricains à l'eau
Si bien que Castro dans son île
Devient le "Leader Massimo"
Ernesto écrit quelques livres
Sur l'art de la Révolution
Mais c'est surtout dans l'art de vivre
Avec les femmes qu'il est bon
Car naît son quatrième enfant
Le troisième avec Aleida
Mais à peine six mois avant
Le tout premier avec Lidia
En mil neuf cent soixante-quatre
Il sillonne la terre entière
Continument prêt à débattre
Sur ses idéaux libertaires
L'année suivante il veut reprendre
La lutte armée près de chez lui
Mais bientôt le "Che" se fait prendre
Par des soldats en Bolivie
Sur l'injonction d'un général
Un caporal, en tremblotant
Dans la forêt équatoriale
Abat le "Che" à bout portant
