• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Caryl Chessman revisité (1921-1960)

Filiatus

Maître Poète
Le juge de Californie
Avait-il raison ou bien tort ?
Pourquoi diable encore aujourd'hui
Éprouvons-nous tant de remords ?

Monsieur Caryl Chessman est mort
Nicolas Peyrac nous l'a dit
Je suis parfaitement d'accord
J'ajoute que le juge aussi

C'est au bord du lac Michigan
En mai mil neuf cent vingt et un
Que naît Caryl Witthier Chessman
D'un père à moitié bon à rien

L'autre moitié, c'est sa moitié
Qui passe des journées entières
À solfier et à versifier
Son cœur est rongé par les vers

Un sale accident de voiture
Rend la mère paralysée
Et Caryl a sur la figure
Le nez à jamais écrasé

En mil neuf cent vingt-neuf, la crise
Voit son père se suicider
Alors le gamin s'improvise
Cambrioleur, pour subsister

Peu à peu, il quitte l'enfance
Sans une main sur son épaule
Et entre dans la délinquance
Pour y jouer les premiers rôles

Kidnappings, vols d'automobiles
Cambriolages, à vingt ans
Il glane l'argent, paraît-il
Pour faire soigner sa maman

Mais les agressions et les viols
À bord de son coupé Ford, gris
Ne rapportent pas de pactole
Devant un flingue, c'est gratuit

Avec un gyrophare rouge
Il fait stopper les conductrices
Et avant que les proies ne bougent
Il leur inflige son supplice

Pendant des mois, on n'a de cesse
Que le violeur soit capturé
Jusqu'à ce qu'on le reconnaisse
À cause de son nez cassé

Caryl Chessman avoue ses crimes
Pour se rétracter aussitôt
Car il estime être victime
D'un insupportable complot

En février quarante-huit
Dans l'attente d'être jugé
Et que le juge enfin l'acquitte
Le bandit est incarcéré

Là, pour mieux connaître ses droits
Il étudie à fond le droit
Et au bout de quatre ou cinq mois
Il se dispense d'avocat

Il assume seul sa défense
Devant un tribunal retors
Or, malgré sa belle assurance
Le juge le condamne à mort

Mais un vice de procédure
Est dénoncé par un journal :
Un employé aux écritures
Transcrivait, ivre, au tribunal

Lentement le procès s'enlise
Une guerre d'experts se livre
Chessman profite de la crise
Pour pondre quatre excellents livres

Il émeut l'opinion publique
De New-York à San Francisco
Et aux confins de l'Atlantique
De Brassens à Gilbert Bécaud

C'est un feuilleton judiciaire
Qui perdure, en tout, douze années
Sans aucun retour en arrière
Pour le ministère obstiné

Le vingt mai mil neuf cent soixante
Le bandit est exécuté
Mais l'Amérique somnolente
Se prépare aux J.O. d'été
 
Le juge de Californie
Avait-il raison ou bien tort ?
Pourquoi diable encore aujourd'hui
Éprouvons-nous tant de remords ?

Monsieur Caryl Chessman est mort
Nicolas Peyrac nous l'a dit
Je suis parfaitement d'accord
J'ajoute que le juge aussi

C'est au bord du lac Michigan
En mai mil neuf cent vingt et un
Que naît Caryl Witthier Chessman
D'un père à moitié bon à rien

L'autre moitié, c'est sa moitié
Qui passe des journées entières
À solfier et à versifier
Son cœur est rongé par les vers

Un sale accident de voiture
Rend la mère paralysée
Et Caryl a sur la figure
Le nez à jamais écrasé

En mil neuf cent vingt-neuf, la crise
Voit son père se suicider
Alors le gamin s'improvise
Cambrioleur, pour subsister

Peu à peu, il quitte l'enfance
Sans une main sur son épaule
Et entre dans la délinquance
Pour y jouer les premiers rôles

Kidnappings, vols d'automobiles
Cambriolages, à vingt ans
Il glane l'argent, paraît-il
Pour faire soigner sa maman

Mais les agressions et les viols
À bord de son coupé Ford, gris
Ne rapportent pas de pactole
Devant un flingue, c'est gratuit

Avec un gyrophare rouge
Il fait stopper les conductrices
Et avant que les proies ne bougent
Il leur inflige son supplice

Pendant des mois, on n'a de cesse
Que le violeur soit capturé
Jusqu'à ce qu'on le reconnaisse
À cause de son nez cassé

Caryl Chessman avoue ses crimes
Pour se rétracter aussitôt
Car il estime être victime
D'un insupportable complot

En février quarante-huit
Dans l'attente d'être jugé
Et que le juge enfin l'acquitte
Le bandit est incarcéré

Là, pour mieux connaître ses droits
Il étudie à fond le droit
Et au bout de quatre ou cinq mois
Il se dispense d'avocat

Il assume seul sa défense
Devant un tribunal retors
Or, malgré sa belle assurance
Le juge le condamne à mort

Mais un vice de procédure
Est dénoncé par un journal :
Un employé aux écritures
Transcrivait, ivre, au tribunal

Lentement le procès s'enlise
Une guerre d'experts se livre
Chessman profite de la crise
Pour pondre quatre excellents livres

Il émeut l'opinion publique
De New-York à San Francisco
Et aux confins de l'Atlantique
De Brassens à Gilbert Bécaud

C'est un feuilleton judiciaire
Qui perdure, en tout, douze années
Sans aucun retour en arrière
Pour le ministère obstiné

Le vingt mai mil neuf cent soixante
Le bandit est exécuté
Mais l'Amérique somnolente
Se prépare aux J.O. d'été
Qui n' a entendu parler de Carol Chessman ?
Mais on ne connaît pas tout de son histoire et vous avez fort bien comblé cette lacune.
Merci Filiatus
Amicalement
Gaby
 
Retour
Haut