stew
Nouveau poète
Je vivais au chaud dans une cage à lapin.
Orné de sangsues, je m´échappai abattu.
Je croisai des gosses expérimentant la rue,
Jouant dans un dédale de déchets mondains.
Plus loin sur mon chemin, j´aperçus dans un coin
Un homme agenouillé sur le pavé trempé,
La tête baissée, effaҫant sa dignité
Pour ces satanés sous dont on a tous besoin.
J´avançai dans l´agitation de la tenaille,
Où règnent en seigneur tous ces brigands modernes.
Consterné par tout ce vacarme qui me cerne,
Déchu, j´abandonnai ce terrain de bataille.
Je partis le moral en berne à la campagne
Pour y retrouver les douces saveurs d´antan.
Pourtant, au village, aucune trace d´enfants,
Les volets fermés, l´air sentait l´odeur de bagne.
Je cherchai le bétail pour éclore un regard,
Je ne vis que des machines, soudain, poignante,
Baignant dans son sang, Dame Nature tremblante,
Abusée, souillée, mutilée par ces pillards.
Je rentrai blafard prendre mes médicaments,
Comme ces poissons, vaches et cochons pêle-mêle.
On nous gave de pub et de lieux virtuels,
Nous sommes leur nourriture tout simplement.
Par nos poèmes, clés de nos cages humaines,
Aidons Notre monde de ses peines malsaines.