Ca commence toujours comme ça. On s'attache. On se libère de tous nos maux. On fait confiance. On aime. Beaucoup trop. On vit de magnifiques moments, nos pensées regorgent de souvenirs. Des beaux, des plus tristes. On se croit intouchable, invinsible. On pense tout connaître, on mise sur le futur, on élabore des projets. Et puis on passe nos moments à rire, à parler, à s'amuser,à vivre. Ensemble. Quelque part sur cette terre. On croit que tout est beau, tout est sûr, le décor est semblable aux rêves. Le ciel est bleu, le soleil brille un peu plus fort qu'avant. Les liens paraissent plus certains, indestructibles. Sous nos petits yeux, la vie est belle, elle défile, photographie des visages, des sourires, des moments qu'on pensait éternels. Et puis on tombe. Le ciel nous écrase. Plus d'étoiles. Plus de soleil qui nous ravive la peau. Devant nous, l'inconnu, la faille. Le froid. Notre corps tout entier qui gèle. Et puis on découvre. Ce chemin semé de doutes, de secrets, de mensonges. Tout devient flou et instable. Nos mains se déserrent, nos coeurs se rejettent. Les mots déversent leur mal, on brave des paroles, on se blesse jusqu'à la moelle. Nos liens menaçant l'imaginaire. On se pose des questions. On essaye de se rappeler à l'endroit où on s'est perdu. Et c'est le néant. Des sentiments clandestins, des souvenirs sans identité. Sans magie. C'est mort. Les nuits sont longues, les journées aussi. Mais la vie continue dans un petit coin de terre, au bord d'une rivière. Celle de nos larmes