Tu me manque. Chaque matin, seul, je pleure. J'ai perdu mon âme. pour toi, je l'ai vendu. Tu ne méritai pas ce sacrifice. Désormais, chaque soir,en me couchant, je repense à ma journée. Il y manque quelque chose... Mon âme, mon amour, toi. Chaque instant me poignarde le coeur, loin de toi que suis-je sinon une ombre parmi les lumières? La vie, la mort, j'ai déjà fui tout cela. Je ne suis plus humain. Pas une bête non plus. Que suis-je? Un amoureux déchu, un ange perdu dans la noirceur de mes nuits éternelles, un homme parmi les dieux, un mort parmi les vivants, un damné parmi les bénis. Je ne mérite même pas la mort qui m'appelle, rend toi compte! La fleur de mon amour à fanée, ne laissant place qu'a des cendres issues de l'incendie de mon coeur et de ma passion, éteint par mes larmes. La peur m'a paralysé, j'ai fui la douleur. Tu les vois ces cicatrices? Elles sont de toi. Ce sont tes mots qui ont posés la lame, tes actes qui ont ouverts le sillon. Mais, c'est ta compassion qui a arrêtée le sang ruisselant comme les gouttes d'une pluie douce sur des feuilles, en automne. Mon amour ne cessera qu'avec ma disparition de ce monde décadent. J'ai vu partir ma mère, mes amis, mes frères, ma soeur, et surtout, horreur! toi mon aimée. Je suis seul dans mes ténèbres, j'appelle, personne ne viens, je voit les ténèbres m'enlacées, je chute. L'ange s'est brûlé les ailes. L'homme s'est taillé les veines. Le damné s'est enfui; l'amoureux à fléchit. Ainsi vas la vie. Telle la lueur de l'aurore sur un monde enneigé, Ton apparition, me remplissant d'une admiration divine, Me fais oublier ma peine de supplicié condamné Chasse la noirceur de mes pensées par sa caresse caline. Je me réveille, dans un monde étrangement vide: Pas d'arbre, de sentiers, de bruit, d'une absence lunaire, cauchemardesque par sa ténébreuse ampleur. Timide, je ferme les yeux et me sens fuir ma chair. Une grande porte d’un paisible chêne prône Dans ce monde éblouissant. Je l'ouvre, et un ange passe. Il me vole à la tire, et me pose devant un trône. imposant, puissant, Dieu me parle à voix basse. L'écoutant comme le ferait un enfant apeuré et réservé, Je m'assois, et enfin, me sens bien. J'oublie ta voix, Ton corps, tes actes. Prenant délicatement mon coeur brisé, Atrophié et déchiqueté par toi, il me le choie. Ma renaissance s'accomplit. Les terreurs qui enchâssaient mon coeur de la glace de ta grâce fuient, me quittent, et enfin les sentiments qui oppressaient ma pauvre âme fatiguée disparaissent sous la bienfaisante lumière de cette divinité apaisante. Le damné qui m'habitait s'est éloigné, l'ange déchu par son amour corrompu est finalement vivant, et les ailes qu'il s'était brûlé lors de sa longue et atroce chute dans les affres putrides de l'enfer sont guéries. Ainsi vas la vie. Ainsi finit ma romance.