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AVENUE SECRETAN

petitbolide

Poète libéré

AVENUE SECRETAN


 
 
 
Je monte les marches de la station Bolivar,
La foule autour de moi, ne me regarde même pas.
Ils avancent, d’un pas pressé, les yeux hagards,
Leur visage, fermé, semble avoir un cœur de bois.

J’arrive Avenue Secrétan … Oufff ! De l’air frais
Devant moi, un marchand a posé son étal ;
Des bouquets de roses, de tulipes ou bien d’œillets,
Embaument quelque peu les alentours des halles.

Nous sommes lundi, en tout début d’après midi,
Les passants, nombreux, prennent le temps de converser,
Ici, au-dessus du métro, c’est plus la même vie
Ils se saluent, s’embrassent , c’est LEUR quartier.

Lentement, je marche , direction : Buttes Chaumont.
Je traverse la rue Pailleron, puis la rue Murger,
Partout, toujours des petits groupes, refont le monde,
Des hommes, des femmes, des enfants , pendant des heures.

Quand ils me croisent, ils me sourient, disent « bonjour »
Etonnée , mais charmée , à mon tour, je les salue.
Je me sens bien ici. Tranquille, je fais un tour.
Je suis en sécurité, complètement détendue.

 
En passant devant le Numéro 70,
Je suis, tout à coup, attirée par une plaque.
C’est une plaque de marbre, commémorative.
Elle nous rappelle, qu’ici, un jour…. Quelle claque !

Je viens de recevoir une claque magistrale !
Devant moi, sous mes yeux, la liste de 107 innocents.
Ici , le 24 juillet 1944,
107 élèves et maitres ont été enlevés !

On les a enlevés, arrachés à leurs familles,
Ils avaient 3, 5 ou tout juste 14 ans…
On les a emmenés outre-Rhin, à Aushwitz
Que sont-ils devenus ? Crient leurs parents !

 
 
Des frissons me parcourent le dos.
Je me retourne, je regarde autour de moi.
Des enfants passent. Ils rient. Ils chantent. Ils ont l ‘air heureux;
Sur leur tête, un petit calot… tout ça, pour ça ???

 ​

Christine GOURDON le 14 octobre 2013
 
douloureux souvenirs que tu fais remonter
les "plaques" comme ton poème pour ne pas oublier
merci
 
douloureux vraiment , cela me rappelle le camp de concentration a Maldaneck en Pologne que jais visité en 1970, cela resteras gravé dans ma mémoire toute ma vie , alors oui je peux vous comprendre , amitié
 
une belle ballade urbaine qui fait réflexion .. est-ce la Conscience du Bonheur de l'Instant qui ouvre notre coeur à la vraie attention aux autres ? merci du partage
 
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