Aurores...
La terre a tremblé, secouant sa robe d'ogresse,
S'est purgée d'un chancre. Les hommes hébétés
N'ont pas pu lui demander grâce, elle a décidé,
Sans préavis de nous faire entendre sa détresse...
L'homme oublie trop souvent, irritant sa peau
A tous instants, qu'il n'en sera jamais le maître.
Rebelle, elle peut appeler vent et mer, en traître
Nous engloutir au fond mystérieux de ses eaux...
Après s'être déchaînée, elle semble magnanime,
Appelle soleil, étoiles et lune pour nous consoler,
Tel un animal apaisé, s'endort et nous fait rêver
Au rythme des saisons...Son cœur bat en l'abîme...
Elle nous offre ses aurores et doux crépuscules...
La terre est une mère qui sanctionne ses enfants
Lui ayant infligé trop de blessures, en déboisant,
Polluant ; devant l'homme jamais elle ne recule...
Comme la justice, elle est aveugle, frappe à mort,
Ignore ceux qui l'ont ignorée, indifférente se venge.
Alors respectons-la ou de nous elle fera des anges,
Et prions, pour que toujours se lèvent les aurores...
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