isa90
Maître Poète
Au temps où tu m’aimais….
C’est l’hiver, le ciel s’est paré de gros nuages menaçants et depuis,
La neige, inlassablement, blanchit les rues, mais aussi mes nuits
Le froid nous donne envie de s’emmitoufler dans les draps, se pelotonner
Et de vouloir hiberner, s’endormir pour ne plus avoir à se réveiller.
Au temps où tu m’aimais, pas besoin de couverture pour avoir chaud
Les soirées s’annonçaient douces, sensuelles, un véritable roman photo
Que je m’inventais en t’attendant impatiemment, le regard brillant
A l’idée de sentir déjà, tes caresses enivrantes, tes gestes excitants.
Le gel recouvre les réverbères, les fenêtres, tout se fige
L’avenir si fragile, si routinier me donne le vertige
Je suis transie en envisageant la tiédeur de nos sentiments
Je veux retrouver l’intensité de nos premiers instants.
Au temps où tu m’aimais les gouttes de sueurs perlaient
Sur nos deux corps dévoilés qui se découvraient, se cherchaient
Dans les spasmes de l’infinie étendue du plaisir incontrôlé
Je devins esclave de ton parfum viril dès le premier baiser.
Le sol glissant rend nos pas hésitants, la gadoue grisâtre remplace
La beauté immaculée des flocons parsemés de givre et de glace
Les pieds humides, il nous tarde de nous déchausser pour nous réchauffer
Devant le spectacle magnifique du bois qui crépite dans la cheminée.
Au temps où tu m’aimais, nous attisions le brasier du désir
Qui se consumait aux notes suaves de nos plus audacieux soupirs
Et quand l’écho de nos voix entamait l’explosion de nos sens emmêlés
Le souffle de nos gémissements enflammait nos corps fatigués.
C’est l’hiver, le ciel nous plonge dans la pénombre même en plein après midi
Finie la magie de la neige, les flocons se changent en gouttes de pluie
Le moral en berne, les soupirs de désespoir, on a hâte de rentrer chez soi
Et se presser de retrouver un peu de chaleur en dégustant un copieux repas.
Au temps où tu m’aimais, rien ne pouvait nous arrêter, ni la pluie, ni le vent
Nos éclats de rire se moquaient de tout, se moquaient du temps
Au temps où tu m’aimais, l’avenir nous semblait simplement si parfait…
ce soir, c'est noel... à ma table s’invitent... les remords et les regrets.
Isabelle