kandinsky
Maître Poète
Au pays des mille et une paupières
Ce jour il y a eu un retardataire
Ainsi qu’un autre sur les nerfs
Deux impatients au pied trop lourd
Au milieu d’eux un cycliste téméraire
Tous dans leur course avec leurs œillères
Qui passera sans encombre ce carrefour ?
Ainsi qu’un autre sur les nerfs
Deux impatients au pied trop lourd
Au milieu d’eux un cycliste téméraire
Tous dans leur course avec leurs œillères
Qui passera sans encombre ce carrefour ?
Quelques secondes suffisent
Pour perdre la main mise
Triste fin quoiqu’on en dise
De cette vie dont on lâche prise
Pour perdre la main mise
Triste fin quoiqu’on en dise
De cette vie dont on lâche prise
Mon premier se croyait invincible
Mon deuxième sans doute visible
Mon troisième s’est cru possible
Le résultat était si prévisible
Quelques secondes suffisent
Pour peu qu’on s’éternise
Le temps joue à sa guise
De nos vies sous son emprise
Pour peu qu’on s’éternise
Le temps joue à sa guise
De nos vies sous son emprise
Du retard qu’il ne veut guère
Mon premier, agacé, accélère
Puisque de l’orange il gère
Il n’a vraiment pas à s’en faire
Quelques secondes suffisent
A vivre dans l’urgence, on prise
Une à une chaque minute acquise
Sans compter les fautes commises
A vivre dans l’urgence, on prise
Une à une chaque minute acquise
Sans compter les fautes commises
Parce qu’il est pressé par ses pairs
Mon deuxième veut trop en faire
Trépignant au volant qu’il serre
Qu’un feu rouge passe au vert
Quelques secondes suffisent
Incrédule face au mal qui se concrétise
Qu’importe, puisqu’on banalise
Cette précieuse vie qu’on circoncise
Incrédule face au mal qui se concrétise
Qu’importe, puisqu’on banalise
Cette précieuse vie qu’on circoncise
Sans doute encore tête en l’air
Mon troisième pédale l’âme légère
Au détriment de ce qui est prioritaire
Cette base qu’est la sécurité routière
Quelques secondes suffisent
Pour qu’au dessus d’un volcan se brise
Cette insouciance frêle comme la banquise
L’inconscience se paie si on la monopolise
Pour qu’au dessus d’un volcan se brise
Cette insouciance frêle comme la banquise
L’inconscience se paie si on la monopolise
Au carrefour de l’impatience
Se détruisent les espérances
Quand pour prendre de l’avance
On n’oublie de mettre ses distances
Quelques secondes suffisent
Laps de temps sans balises
Un peu comme pris par surprise
Où s’envolent les rêves qui se brisent
Laps de temps sans balises
Un peu comme pris par surprise
Où s’envolent les rêves qui se brisent
Que l’orange fasse qu’on accélère
Même un daltonien en manque de repère
Aurait jugé bon de ne pas trop en faire
Voyant que d’un doute peut suivre l’enfer
Maintes et maintes fois sans voir
On traverse serein sans prévoir
Ce parcours encré dans la mémoire
Estimant qu’on peut nous apercevoir
Les yeux fermés sur le danger
Aveugle devant les feux figés
Ceux qui disent quand bouger
Lunatiques à toujours changer
Trop tard pour faire machine arrière
Entre tôle froissée et fumée incendiaire
Agonise des lambeaux de chairs
Parmi la foule qui s’affère
Impensable, telle une pandémie qui se refoule
Un pan de sable, un pan de vie qui s’écroule
Insaisissable, indépendant ce temps qui s’éboule
Intarissable, ces larmes pendant aux yeux de la foule
Bien qu’extensible, on ne peut vivre à l’infini
Un rien sensible à la vie, l’être ému qui prie
Même sans cible, la mort s’accomplie
Impassible devant les veuves qui crient
Cet instant rempli d’inconscient
Où l’homme est trop insouciant
Ce moment qui rend déficient
Voire définitivement absent
Ce jour il y a eu un retardataire
Ainsi qu’un autre sur les nerfs
Deux impatients au pied trop lourd
Que le feu rouge passe au vert
Que l’orange fasse qu’on accélère
Même un daltonien aurait coupé court
L’impatience est trop suicidaire
Pour qu’on lui cherche misère
Ainsi qu’un autre sur les nerfs
Deux impatients au pied trop lourd
Que le feu rouge passe au vert
Que l’orange fasse qu’on accélère
Même un daltonien aurait coupé court
L’impatience est trop suicidaire
Pour qu’on lui cherche misère
Déjà sur le sol un père, une mère, un frère
Conducteur qu’on désincarcère
Trop pressé pour laisser taire
Des défunts passagers trop supporters
Dans les catacombes de notre terre
Reposent trop d’inconscients amers
Au côté de distraits six pieds sous terre
Ainsi que d’innocent père, frère, mère…
Reposent trop d’inconscients amers
Au côté de distraits six pieds sous terre
Ainsi que d’innocent père, frère, mère…
Au pays des mille et une paupières
Le regret est un luxe d’avant-hier
Un conte sans amour fait de prière
Un compte à rebours sur les êtres chers
Le regret est un luxe d’avant-hier
Un conte sans amour fait de prière
Un compte à rebours sur les êtres chers