Casbadji
Nouveau poète
Areu, Areu ! DEMOGRAPHIE
Areu, Areu !
Qu'ils soient mignons ou même affreux
Areu, Areu !
Ils sont bien nés pour être heureux
Areu, Areu !
A moitié nus, le ventre creux
Areu, Areu !
Y a place pour tous même nombreux.
Qu'il est gracieux ce nourrisson
Ce chérubin ou polisson
Pourvu mon Dieu qu'il soit garçon
Pour les vieux jours, c'est la moisson.
Pour être heureux, les enfants naissent
Alors pourquoi botter leurs fesses
Ils ont besoin de notre tendresse
De gros bisous et de caresses.
Qui dort dîne dit le dicton
Alors souvent nos rejetons
En attendant quelque croûton
Pour roupiller, comptent les moutons.
A poings fermés, ils font dodo
Qui …à plat ventre, qui sur le dos
Qui entre meubles, qui au landau
Rêvent qu'on leur offre un p'tit cadeau.
Areu, Areu !
Qu'ils soient chétifs ou vigoureux
Areu, Areu !
Sont effrontés et pas peureux
Areu, Areu !
Comme nous tous sont coléreux
Areu, Areu !
Ils sont altiers, même miséreux.
Dans la literie; ils font pipi
Ça brûle les yeux mais c'est tant pis
Maman chérie avec dépit
Fait la lessive et sans répit
Comme de calme; elles sont férues
Les belles-mères ou bien leurs brus
Les fichent dehors en pleine rue
La belle école des malotrus.
Sur les paliers; ils font la fête
Ça saute, ça joue, ça gueule ça pète
Ça chiale, ça crie fort …à tue-tête
Qu'ça vous irrite et vous embête.
Ils ont juste l'âge de jouer
A cache-cache ou aux jouets
Qu'ils sont déjà presque doués
Pour vous avoir et vous flouer.
Areu, Areu !
Qu'ils soient malades; un peu fiévreux
Areu, Areu !
Même si sérieux et douloureux
Areu, Areu !
On n'y peut rien, c'est malheureux
Areu, Areu !
Car les soigner, c'est onéreux.
Qu'ils naissent par un, ou par jumeau
Il faut conclure en un seul mot
Que trop d'bambins et trop d'marmots
Est à la source de nombreux maux.
Les pouponnières manquent de lait
Alors la faim, les fait hurler
Crèches et écoles affichent complet
Qu' l'on hoche l'épaule; l'air désolé.
Y a ceux qui pensent; que c'est " péché"
Que de cesser ou d'empêcher
De les avoir par nichée
Qu'l'on soit aisé‚ ou même fauché.
Il faut admettre, faut convenir
Qu's'il y a péché, il n'y a pas pire
Que d'les avoir sans réfléchir
A leur bonheur, à leur avenir.
Areu, Areu !
Les petits mioches, ces valeureux
Areu, Areu !
Leur avenir est si scabreux
Areu, Areu !
Que d'y penser; c'est dangereux
Areu, Areu !
Car ça vous rend vite ulcéreux.
Plus on prévoit, plus on calcule
Moins on avance, plus on recule
Plus on décide, plus on stipule
Moins on applique; plus on annule.
On tourne en rond; c'est ridicule
Faut mettre à l'heure les pendules
Rendre disponible, la pilule
Le seul remède qui jugule.
Comme il n'y a pas de stérilet
Pour espacer et réguler
Le taux d'naissance de nos mouflets
Alors la note sera salée.
Faut les soigner, faut les nourrir
Faut les loger, faut les vêtir
Les satisfaire, voir leur sourire.
Faut les aimer, faut les chérir
Les éduquer, les instruire
Etre si fier de voir grandir
Les marier et puis ... partir.
Areu, Areu !
Leur étirement est langoureux
Areu, Areu !
Sont innocents et doucereux
Areu, Areu !
Qu'on en est tous bien amoureux
Areu, Areu !
Et que l'on vit rien que pour eux
Merzak OUABED
Alger, 1993
Areu, Areu !
Qu'ils soient mignons ou même affreux
Areu, Areu !
Ils sont bien nés pour être heureux
Areu, Areu !
A moitié nus, le ventre creux
Areu, Areu !
Y a place pour tous même nombreux.
Qu'il est gracieux ce nourrisson
Ce chérubin ou polisson
Pourvu mon Dieu qu'il soit garçon
Pour les vieux jours, c'est la moisson.
Pour être heureux, les enfants naissent
Alors pourquoi botter leurs fesses
Ils ont besoin de notre tendresse
De gros bisous et de caresses.
Qui dort dîne dit le dicton
Alors souvent nos rejetons
En attendant quelque croûton
Pour roupiller, comptent les moutons.
A poings fermés, ils font dodo
Qui …à plat ventre, qui sur le dos
Qui entre meubles, qui au landau
Rêvent qu'on leur offre un p'tit cadeau.
Areu, Areu !
Qu'ils soient chétifs ou vigoureux
Areu, Areu !
Sont effrontés et pas peureux
Areu, Areu !
Comme nous tous sont coléreux
Areu, Areu !
Ils sont altiers, même miséreux.
Dans la literie; ils font pipi
Ça brûle les yeux mais c'est tant pis
Maman chérie avec dépit
Fait la lessive et sans répit
Comme de calme; elles sont férues
Les belles-mères ou bien leurs brus
Les fichent dehors en pleine rue
La belle école des malotrus.
Sur les paliers; ils font la fête
Ça saute, ça joue, ça gueule ça pète
Ça chiale, ça crie fort …à tue-tête
Qu'ça vous irrite et vous embête.
Ils ont juste l'âge de jouer
A cache-cache ou aux jouets
Qu'ils sont déjà presque doués
Pour vous avoir et vous flouer.
Areu, Areu !
Qu'ils soient malades; un peu fiévreux
Areu, Areu !
Même si sérieux et douloureux
Areu, Areu !
On n'y peut rien, c'est malheureux
Areu, Areu !
Car les soigner, c'est onéreux.
Qu'ils naissent par un, ou par jumeau
Il faut conclure en un seul mot
Que trop d'bambins et trop d'marmots
Est à la source de nombreux maux.
Les pouponnières manquent de lait
Alors la faim, les fait hurler
Crèches et écoles affichent complet
Qu' l'on hoche l'épaule; l'air désolé.
Y a ceux qui pensent; que c'est " péché"
Que de cesser ou d'empêcher
De les avoir par nichée
Qu'l'on soit aisé‚ ou même fauché.
Il faut admettre, faut convenir
Qu's'il y a péché, il n'y a pas pire
Que d'les avoir sans réfléchir
A leur bonheur, à leur avenir.
Areu, Areu !
Les petits mioches, ces valeureux
Areu, Areu !
Leur avenir est si scabreux
Areu, Areu !
Que d'y penser; c'est dangereux
Areu, Areu !
Car ça vous rend vite ulcéreux.
Plus on prévoit, plus on calcule
Moins on avance, plus on recule
Plus on décide, plus on stipule
Moins on applique; plus on annule.
On tourne en rond; c'est ridicule
Faut mettre à l'heure les pendules
Rendre disponible, la pilule
Le seul remède qui jugule.
Comme il n'y a pas de stérilet
Pour espacer et réguler
Le taux d'naissance de nos mouflets
Alors la note sera salée.
Faut les soigner, faut les nourrir
Faut les loger, faut les vêtir
Les satisfaire, voir leur sourire.
Faut les aimer, faut les chérir
Les éduquer, les instruire
Etre si fier de voir grandir
Les marier et puis ... partir.
Areu, Areu !
Leur étirement est langoureux
Areu, Areu !
Sont innocents et doucereux
Areu, Areu !
Qu'on en est tous bien amoureux
Areu, Areu !
Et que l'on vit rien que pour eux
Merzak OUABED
Alger, 1993