Filiatus
Maître Poète
Qu'elle s'appelle Anne de France
De Beaujeu ou bien de Bourbon
C'est la même, quelle importance
Qu'en classe, on écorche son nom
Ce que l'on doit retenir d'elle
Par-delà sa rare beauté
C'est sa façon d'être fidèle
Au roi et à son beau duché
Anne naît le vingt-cinq avril
Mil quatre cent soixante et un
Entre Brussel et Charleville
Quand Louis est encore dauphin
Louise de Savoie sa compagne
Le fait père du petit Charles
Lui, c'est "L'Universale Aragne"
[C'est de Louis XI que je parle]
À douze ans Anne se fiance
De force, devrais-je préciser
Avec un duc, grand pair de France
Presque un grand-père, car âgé
Trois ans après vient à la vie
Le petit Charles de Bourbon
Futur seigneur de ce pays
Qui va du Cher à Montluçon
Mais Louis XI comme les autres
Comme nos pères meurt ce roi
D'un "Notre-Père", ou patenôtre
Au Père éternel, on l'envoie
Anne et Charles, son jeune frère
Sont orphelins de leurs parents
Car le même an, leur pauvre mère
Rejoins Louis dans le firmament
À vingt-deux ans, la belle fille
Malgré ses morales souffrances
Règne sur sa grande famille
Et tient la régence de France
Pendant huit ans elle commande
Si bien le pays que les gueux
L'appellent "Madame La Grande"
Pour l'affection qu'elle a pour eux
La noblesse elle se désole
Et doit cesser sa rébellion
Qu'on appelait la "Guerre folle"
Car Anne a la force du lion
Bientôt elle marie son frère
Pour fêter son couronnement
Avec la jolie héritière
Du vaste pays bretonnant
Quand naît Suzanne du mariage
De notre Anne et de son vieux beau
Tous les nobles du voisinage
Veulent fiancer leur marmot
Mais, pardonnez-moi cette image
Qui concerne notre barbon
Si le fiston a douze ans d'âge
C'est normal car c'est un Bourbon
Celui qui emporte la mise
C'est un de ses lointains cousins
Qui ne touchera sa promise
Qu'à partir du siècle prochain
Mais deux années avant la date
Après cet épisode heureux
Pour notre Anne le temps se gâte
Fils et frère meurent tous deux
En mil cinq cent-trois, c'est le tour
De son mari de fuir ce monde
Il ne reste plus à la Cour
Que sa fille qui la seconde
Charles III de Bourbon, son gendre
Ne vit pas avec son épouse
Il est jeune et il doit apprendre
Son métier auprès de Louis XII
Pendant ce temps à l'autre Cour
Celle des Bourbons à Moulins
Les trobairitz et troubadours
Déclament leurs alexandrins
Comme un parfum de Renaissance
Flotte sur tout le Bourbonnais
Tous les sujets d'Anne de France
Vivent dans un climat de paix
Quand le roi François prend les rênes
Les rênes du pays françois
Anne offre volontiers les siennes
À son bon gendre Charles III
Elle se retire à Chantelle
Dans le sud du pays Bourbon
Où elle poursuit avec zèle
Sa religieuse éducation
Lorsque meurt sa fille Suzanne
À l'âge de trente et un ans
Le duché de notre pauvre Anne
Qui n'a pas de petits-enfants
Est confisqué "sine qua non"
Quand le gendre va porter plainte
À l'ennemi de la couronne
Le grand empereur Charles Quint
C'en est trop pour notre princesse
Qui, pour le céleste royaume
S'envole bienheureuse, et laisse
Celui de France au roi fantôme
De Beaujeu ou bien de Bourbon
C'est la même, quelle importance
Qu'en classe, on écorche son nom
Ce que l'on doit retenir d'elle
Par-delà sa rare beauté
C'est sa façon d'être fidèle
Au roi et à son beau duché
Anne naît le vingt-cinq avril
Mil quatre cent soixante et un
Entre Brussel et Charleville
Quand Louis est encore dauphin
Louise de Savoie sa compagne
Le fait père du petit Charles
Lui, c'est "L'Universale Aragne"
[C'est de Louis XI que je parle]
À douze ans Anne se fiance
De force, devrais-je préciser
Avec un duc, grand pair de France
Presque un grand-père, car âgé
Trois ans après vient à la vie
Le petit Charles de Bourbon
Futur seigneur de ce pays
Qui va du Cher à Montluçon
Mais Louis XI comme les autres
Comme nos pères meurt ce roi
D'un "Notre-Père", ou patenôtre
Au Père éternel, on l'envoie
Anne et Charles, son jeune frère
Sont orphelins de leurs parents
Car le même an, leur pauvre mère
Rejoins Louis dans le firmament
À vingt-deux ans, la belle fille
Malgré ses morales souffrances
Règne sur sa grande famille
Et tient la régence de France
Pendant huit ans elle commande
Si bien le pays que les gueux
L'appellent "Madame La Grande"
Pour l'affection qu'elle a pour eux
La noblesse elle se désole
Et doit cesser sa rébellion
Qu'on appelait la "Guerre folle"
Car Anne a la force du lion
Bientôt elle marie son frère
Pour fêter son couronnement
Avec la jolie héritière
Du vaste pays bretonnant
Quand naît Suzanne du mariage
De notre Anne et de son vieux beau
Tous les nobles du voisinage
Veulent fiancer leur marmot
Mais, pardonnez-moi cette image
Qui concerne notre barbon
Si le fiston a douze ans d'âge
C'est normal car c'est un Bourbon
Celui qui emporte la mise
C'est un de ses lointains cousins
Qui ne touchera sa promise
Qu'à partir du siècle prochain
Mais deux années avant la date
Après cet épisode heureux
Pour notre Anne le temps se gâte
Fils et frère meurent tous deux
En mil cinq cent-trois, c'est le tour
De son mari de fuir ce monde
Il ne reste plus à la Cour
Que sa fille qui la seconde
Charles III de Bourbon, son gendre
Ne vit pas avec son épouse
Il est jeune et il doit apprendre
Son métier auprès de Louis XII
Pendant ce temps à l'autre Cour
Celle des Bourbons à Moulins
Les trobairitz et troubadours
Déclament leurs alexandrins
Comme un parfum de Renaissance
Flotte sur tout le Bourbonnais
Tous les sujets d'Anne de France
Vivent dans un climat de paix
Quand le roi François prend les rênes
Les rênes du pays françois
Anne offre volontiers les siennes
À son bon gendre Charles III
Elle se retire à Chantelle
Dans le sud du pays Bourbon
Où elle poursuit avec zèle
Sa religieuse éducation
Lorsque meurt sa fille Suzanne
À l'âge de trente et un ans
Le duché de notre pauvre Anne
Qui n'a pas de petits-enfants
Est confisqué "sine qua non"
Quand le gendre va porter plainte
À l'ennemi de la couronne
Le grand empereur Charles Quint
C'en est trop pour notre princesse
Qui, pour le céleste royaume
S'envole bienheureuse, et laisse
Celui de France au roi fantôme