Le soleil resplendissait de tout son éclat au-dessus de Besançon, les beaux jours et la joie printanière arpentaient les rues de la ville. Seule et isolée du vacarme des élections, une école se dressait là, parmi les hautes herbes et les fleurs de la campagne. Moi, assis sur un banc, j'admirais langoureusement ces verdoyantes falaises que le Doubs avait sculpté il y désormais des siècles. Lorsque surgissant de nulle part, vint éclore à mes cotés une note des plus exaltantes au coeur d'une mélodie passionnée. Il m'avait semblé y contempler la saison printanière toute entier et déjà je goûtais les fruits vermeils que le temps me laisserait apprécier. Cette exaltation me menait désormais à des émotions retrouvées; ces émotions ressenties lorsque l'amour était encore innocent. Et lorsque l'été illuminera la Terre entière, la mélancolie restera sous les feuilles morts et seule la joie embellira nos yeux. Et lorsque l'été illuminera la Terre entière, parmi les coquelicots et les bleuets des champs flottera ce charme enivrant. Puis tel un tableau impressionniste de Monet, j'irai du haut des collines que le mois de mai illumine peindre la fuite du temps qui passe et emporte avec lui les instants les plus beaux. Et comme ces artistes qui iront peindre le soleil levant, j'écrirai avant que ne tombe le crépuscule, avant que ne fanent les fleurs de mes écrits. Cette innocence nouvelle et jamais établie sur la Terre en perpétuels conflits, je la veux peindre non pas avec les couleurs qu'elle projette mais avec l’âme qu'elle reflète. Au fur et à mesure que fuyaient les heures, je courais éperdument dans la pénombre des quais à la recherche de cette fille, mais toutes ces fuites résultaient inutiles. Alors que le ciel ôta un soir son manteau gris, me laissant observer les astres, je m’arrêtai contre la rambarde d'un pont et les flots furent ma contemplation. Semblables à cette femme, ils passaient et s'en allaient, s'écoulaient. Et ce fut à cet instant que l'obscure nuit se fit lumineuse; je compris alors que ces flots étaient de passage ainsi que ces amours fugitifs. De cette femme a jailli cette inspiration que je désirais tant retrouver, cette inspiration littéraire que j'ai touché ici lors de mes instants passés entre la fragrance et l'éclat de ces jeunes inconnues. Et au coeur de cette ville des plus charmantes, je laisserai les sens envahir ma conscience et resterai à contempler Besançon dans la plus haute de ses splendeurs afin de ma laisser flotter sur l'encre de ma plume. Puis je dériverai sur une terre inconnue mais comme déjà vue, et dans le silence assourdissant de la nuit étoilée je demeurerai. Ce sera alors doté de ma plume et d'un livre à la main que je laisserai les rosiers me souffler les paroles que je t'écrirai, toi, mon amour encore inconnu. 19 août 2012.