Filiatus
Maître Poète
Le dénommé Amin Dada
Aimait bien les rimes en "da"
Puisqu'il est né en Ouganda
Et qu'à Djeddah, il décéda
Son père était simple soldat
Dans l'armée colonisatrice
Mais jamais il ne commanda
Lors, il servit dans la police
Il y servit comme nervi
Et dans une tribu voisine
Trouva la femme de sa vie
De qui naît le petit Amin
Sitôt l'enfant venu au monde
Le père, la batte à la main
De l'autre, la main d'une blonde
Quitte la femme et le gamin
La mère, se mordant les lèvres
Pour ne pas perturber l'enfant
L'emmène aux champs garder les chèvres
D'un de ses amis cham… bêlant
C'est là qu'il passe son enfance
Entre l'école et son troupeau
D'après son patronyme, on pense
Qu'il dut préférer les chevaux
Amin vit seul avec sa mère
À côté du lac Victoria
Où cantonnent des militaires
À qui il quémande un emploi
Le jeune homme est si débrouillard
Que de simple aide-cuisinier
On le retrouve un an plus tard
Parachuté sous-officier
Dans l'armée du roi d'Angleterre
Il gravit tous les échelons
Et quand il est trentagénaire
Il a le grade de colon
Mais lorsque le grand jour arrive
Où les Ougandais s'émancipent
Avec une colère vive
Amin Dada y participe
Il est tellement exemplaire
Que le gouvernement légal
L'intègre dans l'armée de terre
Dans le grade de général
Puis, à partir de cette époque
Le général pète les plombs
Il magouille, arnaque et en croque
Si bien qu'il est riche à millions
Fort de sa récente fortune
Amin a de nouveaux amis
Et pas des amis d'infortune
Puisque d'un ministre, il s'agit
Et pas n'importe quel ministre
Puisque c'est le Premier, pardi
Et avec lui, il administre
La politique du pays
Ce dernier le fait maréchal
Et Amin, la mine réjouie
Au cœur de sa région natale
S'en va recruter son ethnie
Avec son armée colossale
Il part guerroyer l'ennemi
Or l'ennemi du maréchal
C'est le président du pays
En soixante et onze, au printemps
Amin et le Premier ministre
Hommes forts du gouvernement
Mènent leur besogne sinistre
Ils libèrent les délinquants
Hébergent d'odieux terroristes
Assassinent les opposants
Et s'entretuent à l'improviste
Bientôt Amin, seul survivant
S'institue président à vie
Et rompant avec l'occident
Il fricote avec Kadhafi
Il autorise des rebelles
Ayant détourné un avion
De venir déposer ses ailes
Sur un tarmac de sa nation
Mal lui en prend car les otages
Sont libérés par des paras
Qui détruisent sur leur passage
La moitié de son armada
Déstabilisé, le despote
Face à d'âpres mutineries
À bout de force s'escamote
Chez ses amis en Arabie
Vingt-trois ans et quelques poussières
Il vit en exil à Djeddah
Et meurt au milieu du désert
Comme il a laissé l'Ouganda
Aimait bien les rimes en "da"
Puisqu'il est né en Ouganda
Et qu'à Djeddah, il décéda
Son père était simple soldat
Dans l'armée colonisatrice
Mais jamais il ne commanda
Lors, il servit dans la police
Il y servit comme nervi
Et dans une tribu voisine
Trouva la femme de sa vie
De qui naît le petit Amin
Sitôt l'enfant venu au monde
Le père, la batte à la main
De l'autre, la main d'une blonde
Quitte la femme et le gamin
La mère, se mordant les lèvres
Pour ne pas perturber l'enfant
L'emmène aux champs garder les chèvres
D'un de ses amis cham… bêlant
C'est là qu'il passe son enfance
Entre l'école et son troupeau
D'après son patronyme, on pense
Qu'il dut préférer les chevaux
Amin vit seul avec sa mère
À côté du lac Victoria
Où cantonnent des militaires
À qui il quémande un emploi
Le jeune homme est si débrouillard
Que de simple aide-cuisinier
On le retrouve un an plus tard
Parachuté sous-officier
Dans l'armée du roi d'Angleterre
Il gravit tous les échelons
Et quand il est trentagénaire
Il a le grade de colon
Mais lorsque le grand jour arrive
Où les Ougandais s'émancipent
Avec une colère vive
Amin Dada y participe
Il est tellement exemplaire
Que le gouvernement légal
L'intègre dans l'armée de terre
Dans le grade de général
Puis, à partir de cette époque
Le général pète les plombs
Il magouille, arnaque et en croque
Si bien qu'il est riche à millions
Fort de sa récente fortune
Amin a de nouveaux amis
Et pas des amis d'infortune
Puisque d'un ministre, il s'agit
Et pas n'importe quel ministre
Puisque c'est le Premier, pardi
Et avec lui, il administre
La politique du pays
Ce dernier le fait maréchal
Et Amin, la mine réjouie
Au cœur de sa région natale
S'en va recruter son ethnie
Avec son armée colossale
Il part guerroyer l'ennemi
Or l'ennemi du maréchal
C'est le président du pays
En soixante et onze, au printemps
Amin et le Premier ministre
Hommes forts du gouvernement
Mènent leur besogne sinistre
Ils libèrent les délinquants
Hébergent d'odieux terroristes
Assassinent les opposants
Et s'entretuent à l'improviste
Bientôt Amin, seul survivant
S'institue président à vie
Et rompant avec l'occident
Il fricote avec Kadhafi
Il autorise des rebelles
Ayant détourné un avion
De venir déposer ses ailes
Sur un tarmac de sa nation
Mal lui en prend car les otages
Sont libérés par des paras
Qui détruisent sur leur passage
La moitié de son armada
Déstabilisé, le despote
Face à d'âpres mutineries
À bout de force s'escamote
Chez ses amis en Arabie
Vingt-trois ans et quelques poussières
Il vit en exil à Djeddah
Et meurt au milieu du désert
Comme il a laissé l'Ouganda