Margho
Maître Poète
Ami d’automne
Souviens-toi de nos jeux, sous l’arbre de la cour,
Vigoureux coups de pieds dans les marrons qui roulent,
Bonds joyeux sur les tas de feuilles qui s’écroulent
Puis goûter partagé : Châtaignes dans le four…
Et la chasse au dahu où nos coquins de pères
Nous avaient emmenés quand nous étions plus grands !
Toi un sac à la main, tentant d’être vaillant,
Moi j’appelais la bête. Mais je n’étais pas fière…
Traces de sangliers recherchées dans le bois
Auprès de la cabane bâtie sous les feuillages,
Le ruisseau détourné par de savants barrages,
Et la pêche, à la main, des truites, malgré le froid.
Quelques années plus tard, ma main que tu as prise…
Oubli des champignons. Cueillette qu’on délaisse.
Nos ébats sur la mousse… Maladresse et caresses.
Ta peau contre ma peau. Du plaisir la surprise.
Bien plus tard c’est aussi lors de ces premiers froids
Que tu nous as quitté le un matin de novembre
Au fond de la forêt, pour que nul ne m’entende
Je suis allée crier comme bête aux abois.
Et vingt ans sont passés. Sur le banc, je m’installe
Sous l’immense tilleul qui ombre le perron
De la petite église qui a vu notre union.
D’ici je vois la croix de ta pierre tombale.
Je vais venir bientôt, patiente encore un peu…
La bruyère est fleurie et recouvre ta tombe.
Je dois vite rentrer avant que nuit ne tombe
Car tes petits enfants m’attendent au coin du feu
________
"L'amour de moy s'y est enclose
Dedans un joli jardinet
Où croît la rose et le muguet
Et aussi fait la passerose"
(Anonyme, XIV siècle)
Souviens-toi de nos jeux, sous l’arbre de la cour,
Vigoureux coups de pieds dans les marrons qui roulent,
Bonds joyeux sur les tas de feuilles qui s’écroulent
Puis goûter partagé : Châtaignes dans le four…
Et la chasse au dahu où nos coquins de pères
Nous avaient emmenés quand nous étions plus grands !
Toi un sac à la main, tentant d’être vaillant,
Moi j’appelais la bête. Mais je n’étais pas fière…
Traces de sangliers recherchées dans le bois
Auprès de la cabane bâtie sous les feuillages,
Le ruisseau détourné par de savants barrages,
Et la pêche, à la main, des truites, malgré le froid.
Quelques années plus tard, ma main que tu as prise…
Oubli des champignons. Cueillette qu’on délaisse.
Nos ébats sur la mousse… Maladresse et caresses.
Ta peau contre ma peau. Du plaisir la surprise.
Bien plus tard c’est aussi lors de ces premiers froids
Que tu nous as quitté le un matin de novembre
Au fond de la forêt, pour que nul ne m’entende
Je suis allée crier comme bête aux abois.
Et vingt ans sont passés. Sur le banc, je m’installe
Sous l’immense tilleul qui ombre le perron
De la petite église qui a vu notre union.
D’ici je vois la croix de ta pierre tombale.
Je vais venir bientôt, patiente encore un peu…
La bruyère est fleurie et recouvre ta tombe.
Je dois vite rentrer avant que nuit ne tombe
Car tes petits enfants m’attendent au coin du feu
________
"L'amour de moy s'y est enclose
Dedans un joli jardinet
Où croît la rose et le muguet
Et aussi fait la passerose"
(Anonyme, XIV siècle)