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  • Auteur de la discussion Auteur de la discussion Eléâzar
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Eléâzar

Maître Poète
C'était dans la ville adorée,
Sarcophage pour moi des premiers souvenirs,
Où tout enfant j'avais, en mon âme enivrée,
Rêvé ces bonheurs fous qui restent des désirs !
C'était là... qu'une après-midi, dans une rue,
Dont un soleil d'août, de sa lumière drue,
Frappait le blanc pavé désert, - qu'elle passa,
Et qu'en moi, sur ses pas, tout mon cœur s'élança !
Elle passa, charmante à n'y pas croire,
Car ils la disent laide ici, - stupide gent !
Tunique blanche au vent sur une robe noire,
Elle était pour mes jeux comme un vase élégant,
Incrusté d'ébène et d'ivoire !
Je la suivis... - Ton cœur ne t'a pas dit tout bas
Que quelqu'un te suivait, innocente divine,
Et mettait... mettait, pas pour pas,
Sa botte où tombait ta bottine ?...
Qui sait ? Dieu te sculpta peut-être pour l'amour,
Ô svelte vase humain, élancé sur ta base !
Pourquoi donc n'es-tu pas, ô vase !
L'urne de ce cœur mort que tu fis battre un jour !


Jules BARBEY D'AUREVILLY
1 807 - 1 889
 
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