• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

A toi grand-mère

john debar

Poète libéré
La Foi, ce temple du cœur dans lequel se repose
Le chagrin accueilli dans un jardin de rose ;
La crainte et le doute comme des lots nécessaires
Troublant notre calme mais jamais mortifères,
Y viennent, y demeurent puis s'effacent comme la nuit
A la venue d'un jour nouveau, d'une nouvelle vie.
Grande Dame, souveraine tenant fière ta courbure ;
Reine des mères, affligée sous ta noble stature,
Telle je t'ai vu, bien que durant quelques heures,
Elles ont suffi à connaître le pouvoir de la foi,
A mon cœur sceptique de cette ineffable loi.
Toi, grand-mère si coquette parée de ses couleurs,
Qui reflètent ta dignité et recouvrent l'usure,
Tu la portes hautement délaissant tes blessures.
Car les vicissitudes auraient pu de ta vie
Maintes et maintes fois faire vaciller durement
Ce pont fragile menant tout droit au firmament.
Et bien qu'assise sur ce fauteuil de la maladie
Tu te tiens, debout tel un monument d'alors,
Empreint de cette douce fierté des âges passés.
Et pour ne pas se briser sur le roc de la douleur,
Tu éclaires comme un phare nos vies embarquées.
Mon triste cœur, aujourd'hui heureux de connaître
Celle qui a donné vie à cette inconnue de moi
Que mes songes d'enfant chérissaient tant de fois,
Dans mes nuits obscurcies sans cette lumière terrestre
Bien qu'au plus profond de moi son amour je ressens
Car ce qui se donne même une fois, ne se reprend.
Évanouie dans les années de ma vie muette,
Je t'ai vu maintenant, et peux t'appeler Paulette.
O toi, trop tard connue et adorée de moi,
Quand ton tour sera venu à rejoindre le ciel
Porte ce message avec la douceur du miel :
A Elle, trop tôt partie et aimée de moi,
Disparue sans connaître ce qui est né de son sein,
Dis-lui que je l'aime et que je vais bien.
Et qu'en moi ton image ne puisse jamais mourir ;
Bien que furtive et noyée dans le silence des yeux,
Une image qu'on aimerait être dans le souvenir
Attendri de son futur nous portant en eux ;
Que ce qu'on donne et transmet aux autres de bien
Non pour un écho qui à son tour tend la main,
Mais comme un message porté d'un Âge à un autre
D'un Ciel à un autre, et d'un Être à l'autre.
 
Retour
Haut