• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

A Anthony :

nuinbelethiel

Nouveau poète
Août 2008
« Je veux bien être ton rocher dans la tempête si tu veux… »

La tempête tournoie et emprisonne l’esprit,
Les vagues martèlent le corps, dévastent le cœur,
L’océan y incruste ses cristaux de sel.
De leurs griffes les ténèbres étouffent toute lueur.

Les cœurs meurtris sont engloutis par les abysses,
Happés par les langues spectrales dans la noirceur,
La noirceur humaine, qui ne fait que s’étendre.

Irrémédiablement entraîné au naufrage,
Arqués, nos doigts s’agitent, tremblants, désespérés,
Tendus ; blancs et agonisants vers la surface,
Les poumons brûlants, asphyxiés par de l’asphalte.

La lumière quitte peu à peu notre être,
Notre âme s’écoule au sein de la folie ;
Perdus, écartelés, broyés, volés par la vie.

Lasse de lutter contre l’attraction du gouffre,
Sombrant dans l’oubli salvateur des fades remous ;
Nous laissons le poids du désespoir nous emporter,
Ses mains fantomatiques masquer les derniers éclats.

Ignoré de tous, la mort s’avance calmement,
Un sourire d’ester flottant sur ses lèvres bleues,
Savourant avec délice son triomphe.

Sa pâle figure lunaire chemine,
Noirs, ses yeux vides brillent de concupiscence,
Les membres secoués de frissons d’exaltation,
Lentement elle se rapproche prête à saisir…

La peur, le regret se rappellent alors à nous,
Flamboyants, glacés, pointes de métal acérées,
Une minuscule flamme point dans la pénombre…

Une timide étincelle s’offre indécise,
A nos yeux voilés par la dureté du monde ;
A cette vue, des ondes parcourent nos organes,
Déchirent la langueur paralysant nos pensées.

Elle explose alors en une myriade de couleurs ;
Incandescente, belle, elle embrase l’espace,
Illuminant les fonds insondables du précipice.



La faucheuse, surprise crie sa déconvenue,
De rage, en avant se jette pour dévorer.
Son masque grotesque déformé en un rictus,
Elle se précipite pour s’emparer de sa proie.

La terreur imprime sa marque au fer rouge,
Tandis que les serres aiguisés se referment.
Sous l’eau, impuissants nous voyons la fin survenir…

Quand une main délicate nous saisie au poignet ;
De longs doigts fins et doux au teint blanc immatériel,
De grands yeux couleur d’une nuit éclairée d’étoiles,
Croisent notre regard et capturent notre âme.

Sa crinière d’ébène dérivant dans l’onde,
Un parfum à la note substantielle flottant ;
Ourlent son sillage imprégné de majesté.

Douce, elle resserre sa main avec fermeté,
Nous entraîne à sa suite vers la surface,
Nous soustrayant ainsi à l’immonde créature,
Qui en furie se lance à notre poursuite.

Vive, la pâle apparition fend l’océan ;
Harcelée par le sombre manteau de la furie,
Elle continue son chemin nous portant toujours.

L’être obscur nous aiguillonne sans relâche,
Mordant, écorchant sous notre regard horrifiés,
La gracile personne nageant à nos côtés,
Marbrant sa peau fragile d’empreintes rougeâtres.

Alors que son sang perle, glisse, roule sur son corps,
Que la douleur se dessine sur son visage,
Elle ne lâche pas prise, nous soutient encore.

Front haut, tête dressée, elle file avec courage.
Peu à peu à ses côtés notre volonté renaît,
Les morceaux de confiance épars nous reviennent,
Pour être forgés dans l’espoir ainsi ravivé.

Puis brusquement nous jaillissons de la tourmente,
Les vents cinglent notre enveloppe charnelle,
Leurs morsures nous arrachent des gémissements.

Sous ses agressions, un sentiment nous assaille :
« A quoi bon une vie de douleurs et de tristesse… »
Comme omnisciente celle qui nous accompagne,
Détourne sa vue du chemin où elle nous mène.

Nous ne percevons plus au milieu des rafales,
Alors que l’écume vole, que ses sourcils froncés
Et ses lèvres roses plissées de contrariété.

Au cœur des embruns, du varech et des lames grises,
Elle nous dépose déconcerté sur un rocher.
Un rocher s’élevant, improbable, vers le ciel.
Surgissant de la gueule profonde de l’océan.

Là, sa main tenant inlassablement la notre,
Elle se pose sereinement avec maîtrise,
Paisible, avec lenteur, elle s’approche de nous…

Déshonoré d’avoir pensé à abandonner,
Nous baissons les yeux sur la pierre moite, honteux.
Se faisant, nous tombons sur le liquide ruisselant,
Rouge écarlate, aux nuances de rubis.

Et une pensée nous transperce, elle nous submerge ;
Que la fragile créature est venue pour nous…
Elle a traversé les ténébreuses étendues…

Un sentiment oublié, que l’on croyait égaré,
S’empare de nous, déverse son feu chatoyant.
Alors sous la pression rassurante de ses doigts,
Chancelant, nous prenons notre courage en main
Nous redressons courageusement notre tête

Deux iris lumineux captent notre essence,
Hypnotisé, maintenu, ils nous dévoilent
Les beautés de cette terre inhospitalière…

Les images se succèdent, étourdissantes,
Leur richesse revivifie nos sens engourdis,
Nous sentons Eole, le dieu des vents s’apaiser,
Le ciel s'incendié et déloger la tempête…

Puis enfin, nous contemplons le visage de celle,
Qui a traversé trombes, gouffre et ouragans
Seule, uniquement pour nous venir en aide.

Nous réalisons que nous ne sommes plus seul,
Nous comptons finalement dans le cœur de quelqu’un,
Nous sommes désormais en sûreté sur le roc.
L’espoir brûle, de nouveau maître de notre destin.


N’abandonnons jamais, même si la vie est cruelle, parfois injuste, elle est précieuse et il y a dans sa dureté des choses qui méritent d’être contemplées. Une personne pour qui nous comptons est une de ces beautés, que nous offre l’existence…

Fauvy Nolwen
 
Nolwen, en lisant ton poème, tu ne peux savoir à quel point mes yeux se sont embués et mes larmes sur mes joues ont coulées. Tu es exceptionnelle et je pense que quoi qu'il arrive, tu le resteras (pour moi, c'est le cas !)
 
Retour
Haut