kandinsky
Maître Poète
Ce texte est dédié à Christophe, mon frère qui, hélas, n'est plus là pour le lire. Décédé le 12/08/2002, j'ai écris ces quelques mots deux semaines plus tard dans mes insomnies en 103 minutes exactement (d'où le titre). Depuis, je continue ma route même si je n'arrive toujours pas à comprendre les raisons de mon regrété frère à s'être suicidé :-(.
Sommeil dérangé de flash imposésSur une lumière tamisée
Un arrière plan de fumée
D'une cafetière allumée
Trois heures quarante et une
Le silence, roi sous la lune
Je gratte de ma plume
Le passé et mes pensées qui s'exhument
Sur des souvenirs désormais détrônnés
Je blanchi ma nuit en journée
Mes rêves sont interrompus
Le lien, le charme sont rompus
Seul le vent se vante de sa présence
Mes larmes elles, pleurent ton absence
Trois heures cinquante et une
Je regarde les étoiles et cette lune
C'est si étrange quinze jours après
Et pourtant tout ceci est bien vrai
Un moment clé ou tout à basculé
Un temps qu'on fige à tout jamais
L'instant d'après où tout s'est écroulé
Le temps est là pour vous embaumer
Une seconde suffit pour traverser
Un corps se fait subitement renverser
Passé malgré une porte verrouillée
Sur un monde impossible d'accès
Mais nombreux se voient dépouiller
Par cette vie qu'ils ont vexés
La mort ne doit pas être provoquée
Ni tenter d'être démasquée
Sinon, elle intervient sans vous manquer
Et là, même les dieux ne peuvent être invoqués
Peut-être est-ce là derrière
Que sont les réponses aux questions qu'on se pose
Sans doute aussi une marche en arrière
Certainement un triste retour des choses
Chez toi, l'esprit se repose
Chez moi, les "pourquoi" se composent
Quoi, qui et quelle en est la cause
D'avoir mutilé ce coeur, devenu dérisoire nécrose
Je reste anéanti par ce vide que tu maintiens
Pas un mot, même éccorché, je ne détiens
Nul doute que par un jour pluvieux
Encore jeune ou peut-être vieux
Avant que la folie m'implante
J'irai décidé vers cette salle d'attente
De là, on m'invitera à passer
Voyant bien que j'en ai assez
Cinq heure vingt quatre
Encore un jour de plus à abattre
Voilà encore une nuit bien écourtée
Où l'aube vient doucement m'écouter
Le bruit reprend ses droits
Le ciel se saisit d'un nouveau toit
Mon café a hélas pris le froid
Comme mon demi-coeur sans toi
Nicolas D. :-(...