Lyseria
modérateur
VAGABONDS
Te souviens-tu?
Lors de notre première rencontre
Tu t’es approché de moi fébrile
Détresse, tristesse, tu démontres
Tes yeux me disaient, tu es fragile
Je me souviens!
Traînant ma carcasse miteuse maladroite et endolorie,
Yeux vitreux, odeur nauséabonde suppliant un refuge
Livré à mon sort hésitant je me suis approché sans un cri
Bras tendus indécis tu m'as accueilli tel un mage…
Te rappelles-tu?
Je n’avais rien à t’offrir qu’un peu de chaleur
Sous un pont, cette nuit dans le froid et le noir
Nous partageons un fond de conserve sans valeur
Depuis nos cœurs se sont accrochés à l’espoir
Je me rappelle!
Je n'avais rien à t'offrir que ma chair affaiblie en souffrance.
Sous ce pont froid et humide me traînant souffreteux exténué,
Cœur solitaire, regard fuyant tu as accepté ma présence.
M'offrant ce fond de conserve ce jour là, un lien s'est créé…
Te souviens-tu?
Des journées, à errer en vain sur de longs chemins
Des soirs, à chercher dans les stations de métro un coin
Squatter les centres commerciaux pour un bout de pain
Parfois chassé, veillons l’un sur l’autre, dans le besoin
Je me souviens!
Tu as été ma plus belle rencontre, appauvri sans force,
Me protégeant du froid glacial, t'oubliant! M’offrant ta couverture.
Cherchant un coin de chaleur, un peu d'humanité de bienveillance,
Deux voyous crasseux aux yeux du monde cachant nos blessures.
Te rappelles-tu?
Mon ami allongé dans mes bras
Caressant tes longs poils mal lavés
De tout ton long, tu ne te débats
Ne rêvant de liberté, tu ne respirais
Je me rappelle!
Mon Ami, tu m'as redonné un nouveau souffle, une lumière.
Là où le mépris et l'indifférence tue! Existe le bonheur,
Avec toi malgré nos galères, je me suis senti revivre.
Je m'en suis allé veule, dans un autre monde sans rancœur…
Aujourd’hui,
Je suis resté figé là, t’observant les yeux a pleurer
La chaleur quittait ton corps lentement
Ce soir pour la première fois tu m’as abandonné
Vagabond, Tu t’en es allé vers un autre présent…
Aujourd'hui,
Moi ce simple clébard vagabond traînant la patte, tu m'as redonné la vie...
Un jour sous un pont, ou notre histoire a commencé, sans un bruit ...
Toi seul dans ta solitude ressassant le passé, dans tes yeux larmoyant.
Ces moments de galères, dans le froid de l'hiver bruyant!
De tes larmes coulant le long de ton désarroi,
De tes mains caressant, ma dépouille ternie,
Dans tes bras je me suis endormi avec foi.
Tu resteras ma plus belle rencontre, à jamais unis…
Nous étions tous deux, des exclus de cette société!
De nos deux âmes torturées, nous avons su nous trouver!
Fraternité, Égalité, Liberté...
Duo Cristou, Lyseria