207 Connectés
76051 Membres
236499 POEMES
Poème

Liens sponsorisés:

Auteur du poème : à juliette
Date de publication : 11/02/12
Type de poème : Surréalisme
217 lectures du poème
1 commentaire
3 votes

Retour
La Nuit

 

 

 

La Nuit,

Je me redresse, j'étais allongé sur le lit,

j'entends ce grincement de tuiles , s'écrasant par le poids des pas qui s'amènent, je souris , le rideau bouge comme par un courant d'air, secoué par le vent. Une silhouette apparait, entrant par la fenetre, elle se penche en avant pour rentrer dans la chambre. Je vois le paysage des pyrénées quelques secondes, tenant son chapeau sur la tete de la main gauche, s'appuyant sur le bureau, pour ne pas tomber, la voila à l'intérieur de la pièce , elle se redresse, et cache la face de la lune. Alors elle allume son cigare, je vois son visage, un sourire mince, les yeux complices, de la fumée sort de son bout de Cuba, elle s'assit sur le fauteuil d'à coté du bureau.

Elle croise ses jambes, la lumière du soleil éclaire sa robe amincie, et ses colants de jeunes femmes, séductrices, luxurieuse, dominante, et froidement réchauffante quand s'y collent les pensées, Je reste muet, attendant qu'elle se mette à parler.

L'atmosphère doux comme un temps d'hiver matinal en plein été, frais comme l'aurore, agréable, apaisant, paisiblement je profite de cet attendrissement, me taisant, ne disant toujours rien, j'attends qu'elle se mette à parler, mais ne dit rien, elle fume encore son cigare, , je vois le bout de cuba rouge comme de la braise de cheminée dans un salon éteint.

Trop excité, ne pouvant plus tenir ma langue, je finis par prendre la parole, en le lui demandant comment depuis tout ce temps, elle allait, si par hasard elle avait vu Alice, et si ma grande soeur allait bien par la meme occasion.

Elle se leva tranquillement, en douceur ferma la porte, sans meme je crois l'avoir touchée, et s'assit à coté de moi sur le fauteuil face à l'ordinateur.

Elle me répondit un temps aprés, que tout le monde allait bien, et qu'elle s'ennuyait tant de mes sotises, qu'il fallait absolument qu'elle revienne me voir. Ce fut dit subtilement, avec une légère adoration signifiante de sympathie, et de courtoisie personnelle qu'elle pretait à l'égard des personnes qu'elle savait apprécier.

Je le lui répondis : " c'est pour cette raison Madame, que je reste celui que je suis, sinon je regretterais de ne plus vous voir, et ne pourrais qu'en devenir ennuyé à mon tour de ne plus savoir votre intelligence".

Elle se mit à rire, elle ne me regardait toujours pas, elle avait le regard vers le bureau, et son rire étant reveur et plein de sagesse, me fit sourire, il me chatouilla l'envie de rigoler.

Elle dit soudainement avec un ton posé: "Allons marcher un peu, j'ai quelques petites choses à vous confier".

Nous sortîmes par la fenetre, je ne l'ai pas vue descendre du toit, qu'elle était deja sur la route, et m'attendait. Je sautai, et nous partîmes dans les chemins, sentiers d'entre les champs, parmi la campagne, prés d'un pré.

Ce n'est que là, et à partir de cet instant, aprés avoir longuement discuté avec elle, qu'elle me fit une confidence. Raphaël, il faut que vous voyez quelque chose.

Elle me fit attendre prés des chevaux, une dizaine de minutes, avant de revenir avec une jeune demoiselle, c'était Alice, je ne l'avais pas nettement reconnue, malgré ses écrits descriptifs frappants de ressemblances.

Elle avait les cheveux beaucoup moins longs que Madame de Cavrot, ses cheveux n'allaient pas plus loin qu'à la nuque, la taille moyenne, les joues pas si bouffies qu'elle se les disait etre, elle était joliment mignonne, avec un quelque chose dans les cheveux en arc bleu, les yeux d'ailleurs semblaient etre de la meme couleur, mais la nuit m'empechait d'en avoir la certitude.

Elle était habillée d'un jean, et avait des baskets au pieds, elle portait une  veste, un habit en toile, avec un pull fin, trés féminin.

Je fis la connaissance alors d'Alice, non plus à travers les écrits qu'elle laissa avant de perdre la vie, on parla jusqu'à 2 heures du matin, trés probablement, car les réverbères étaient deja éteints en rentrant à la maison. Madame de Cavrot, avait comme disparu, j'avais été si captivé par la présence  d'Alice, qui pour moi, représentait deja beaucoup à mes yeux , que je me rendis compte de son absence plus tardivement. En approchant  de la maison, nous avions encore des choses à nous raconter, alors nous fimes à nouveau promenade à des kilomètres à la ronde , nous nous posames sur un banc un peu sale, mais pas gelé, le temps était parfait, et cette nuit était parfaitement délicieuse.

 Nous discutâmes de tout et de rien, de notre époque, des moeurs adolescentes, et des choses de la vie, qui malgré son jeune age ne m'avait nullement étonné, semblérent ne pas les lui avoir échappées. Nous entendîmes tout d'un coup des pas descendant la route , nous regardâmes alors , et  nous vimes qu'il s'agissait de Madame de Cavrot. Alice se leva, j'en fis de meme, et compris, qu'elle devait s'en aller,  c'était l'heure. Je les ai alors accompagnées jusqu'au boulevard des allongés, puis je repartis  aussitot, en direction de la maison, en me retournant, elles avaient deja quitté la surface de la terre. En Arrivant à la maison, avec difficulté, je réussis à rentrer par la fenetre de la chambre, et vis sur mon oreiller un mot écrit qui disait : "A bientôt Raphaël" . Je me suis alors allongé avec l'envie du lendemain, attendant avec optimisme la nuit venue.


 

Ecrit par creapoemes le 13/02/12
c est joli bravooooooo!!!!!

 

- Toute reproduction même partielle est strictement interdite sans autorisation -
CNIL 1381013
Copyright 2007 - CREAPoemes.com - Tous droits réservés