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Auteur du poème : murielle
Date de publication : 14/01/10
Type de poème : Surréalisme
645 lectures du poème
12 commentaires
13 votes

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TERRE DE (S) MIENNE
3 ème dans le concours Ego métaphorique   

TERRE DE (S) MIENNE

 

Je suis terre, juste une modeste parcelle d'argile, de calcaire, de sable azotés. A la fois friable, malléable et dure comme pierre. Un infime arpent abrupte, juste de quoi implanter un abris de bois pour ceux que j'aime, juste de quoi enraciner quelques arbres, des fleurs, des plantes aromatiques et nourricières.

J'ai été malaxée par le temps, les intempéries, la vie. J'absorbe les vicissitudes, les froids, les rayons du soleil. En moi s'enfouissent les souvenirs, l'hérédité, la descendance.

 Chaque jour je bois la sève de ce robuste Chêne qui s'élève en mon âme, je puise en cet Olivier noueux qui me fait don de ses paraboles de sagesse, j'abrite ma détresse sous la voûte de ce Saule pleureur. Bleuets, Coquelicots, Pâquerettes sauvages s'éclosent de mon coeur en témoins de mon insoumission aux cultures et lois actuelles. Thym, romarin, serpolet, menthe restent mes tendres et doux parfums de numéro cinq.

Tantôt je suis blonde comme les blés, ces petites graines d'existence que je fais germer. Tantôt je suis verte et tendre, gazon frais où l'on aime à se rouler. Tantôt je suis rousse et sèche, comme ces feuilles craquelantes qui me jonchent, tantôt je suis rouge et hurlante, comme ces colères que l'on ne peut dompter, tantôt je suis blanche, aride et glacée comme la neige et le gel qui m'ensevelissent.

Mais l'on veut me creuser, me faire gouffre pour distiller en moi quelque trésor. Mon sang est fluide et non gluant, aucun gisement d'or noir à déceler. Mon esprit n'est pas joyau: nulle émeraude, nul diamant à forer. Ils n'ont exhumé qu'une palette d'apprenti peintre, quelques notes de musique sur une partition non dessinée, et des mots, une multitudes de mots qui se colorent en arc en ciel, qui s'accrochent pêle mêle et faiblement sur les cinq lignes de la portée, portée en terre de sienne, portée en terre de mienne.

Et un jour, sur cette parcelle de terre l'on recouvrira mon corps ou l'on éparpillera mes cendres. Qu'importe! Je suis Terre et retournera en moi- même, je ferai à nouveau germer les graines de l'espoir, les graines de ceux que j'aime, les graines des mots, en prenant soin d'effeuiller les maux, prenant soin d'effeuiller le mal.


 

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Ecrit par CINTADA le 14/01/10
magnifique comparaison entre toi et la terre ...qui a subit tous les bonheurs et les malheurs qu'elle nous apporte...
jolie métaphore
amitié et bises
Ecrit par najia le 14/01/10
la je peux rien dire une très belle écriture je vote
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