Au diable les mises en page, au diable les beaux mots... Je crois que je suis aussi lunatique que la lune elle-même... Je crois aussi qu'hier j'étais heureuse et que ce soir, je ne le suis plus.
La fatigue ? La peur ? Les craintes d'une enfant qui grandit trop vite à son goût ?
Faudra bien que je m'y fasse. Après tout, la vie ne va pas m'attendre, et donc, jvais continuer de grandir, la tête encore à l'échelle des poussières d'étoiles, des rêves anodins et des rires francs. Alors que tout mon corps va s'élancer pour rejoindre les étoiles, comprendre l'impossible et vaincre les ténèbres.
Tout ce qui faisait de moi celle que j'étais s'efface. Tu la vois la lumière ? Souvent, on te dit "n'y entre pas!". Celle-là, si t'y vas pas, on te fout un grand coup de taloche dans le dos, et tu t'écroules dans un nouveau monde. Tu commences royalement ta nouvelle vie, avec des écorchures aux mains et des bleus au front, mais après tout, ta face, on s'en fout, tout ce que veulent les autres, ceux qui dirigent ta vie, c'est te pomper ton énergie... Alors tu rentres dans le rang, tu baisses la tête et tu fais pas chier. T'écoutes ce qu'on te dit et tu fais ainsi. Alors, les rouages s'engrangent les uns dans les autres, les mécanismes libèrent des doses d'hormones qui se répandent dans ton corps et tu prends goût au fait que l'on te dise où aller.
Parce que ça, c'est une peur. On t'a poussé dans la lumière et pourtant, il fait encore plus noir que dans un four. Tu ne distingues pas les gens, tu ne les touches pas non plus. D'ailleurs, les autres, toi, tu t'en fous. Ce n'est pas ce qu'on te demande, de te préoccuper des autres.
J'ai avancé dans la lumière, parce qu'on m'a fait miroiter des rêves devant les yeux. Va savoir comment ces salopards ont compris que c'était là mon point faible. J'ai avancé, lentement, les bras tendus et comme l'entrée est toujours dure, on m'a frappé dans les côtes. Jme suis retrouvée face contre terre, des larmes silencieuses qui s'écoulaient de mes yeux, et ces cons, ces pauvres cons qui m'ont senti venir, ont juste fermé les leurs. Je n'existe pas pour eux, parce que je ne leur apporte rien. J'étais condamnée à voir mes rêves courir devant moi, comme la carotte devant l'âne pour qu'il avance sans faire son capricieux. J'ai vu la terre de près, plusieurs fois, et j'ai senti que quelque chose se disloquait en moi. J'ai perdu les eaux, mais je n'ai mis au monde que des brisures de rires, des sourires morcelés et des morceaux de moi que l'on jugeait inutiles.
J'ai envie de me rebeller, mais être contre le système n'apporte que des emmerdes. On voit souvent en moi, une fille qui respire la joie, une fille qui porte un sourire éclatant sur ses lèvres, une fille qui aime la vie et qui lui rend bien. Seulement, on ne voit de moi que cette carapace, ce rôle d'acteur qui s'est écrit sur mes lèvres, je respire la merde et le goudron du monde, polluant mes poumons à l'hypocrisie...
Je crois que j'ai envie de pleurer... mais pleurer, c'est comme vomir. Faut avoir bu pour se l'autoriser...
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