La Haine ronge les cœurs.
J'ouvre brusquement les yeux. Là-haut vole une mouche, de l'espèce de celles qui tournent sans fin, sans chercher à sortir de cette sombre pièce. Je n'ai plus envie de dormir. Un claquement sec retentit et dans le silence nouveau s'entend l'agonie. Un bruissement infime dont je me délecte.
Une boule obstrue ma gorge et aucun raclement n'y fait rien. Lentement, je pose mes pieds sur le sol. Et alors que je me relève, mon crâne se fend en deux. Douleur.
Mes mains écrasent mon front, broient mes tempes, tentent de tuer ce qui me tue. Mes yeux se tachent, gouttes d'encre sur une feuille immaculée. Je tangue. Un ange dans ma vision, des étincelles de blanc, éclaboussées de noir. Je percute violemment le sol. Abandon.
Le mauvais rêve recommence, et tes mains à peine essuyées de ton sang se cramponnent à ton ventre. Contractions retenues, muscles tordus de douleur, tes lèvres mordent tes lèvres, déchirant ta chair. Tes yeux pleurent, sans perdre une larme. Quelques heures encore, et tu sombreras dans l'inconscience de ton existence. Le châtiment dépasse le crime.
Recroquevillée comme un fœtus, de ta bouche coule un râle. De cette mouche qui gît dans ta paume sans sépulture, il ne reste qu'une aile... Et alors qu'elle t'échappe des doigts, que la douleur te percute encore, écrasant de son poids tous tes espoirs de repentir, de ton âme s'évade une prière.
On finit tous par croire à quelque chose.
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