C'était une nuit à étoiles.
Quelque part brille une étoile éphémère, à peine vivante, elle se brise déjà, morte avant même d'avoir su qu'elle était née. Quelque part, perdue dans un univers qu'elle ne connait pas, sentant l'alcool et la clope, elle, perdue au milieu d'eux, laisse s'échapper un morceau d'étoile sur sa joue. Les paysages défilent devant ses yeux, elle regrette d'être venue et voudrait être ailleurs. Souvenirs douloureux, bulles qui n'éclatent jamais, emplissent ses yeux de larmes fragiles.
Douceur de l'amer, spectacle désœuvré de deux personnes qui se retrouvent, et elle, seule, seule encore, seule au milieu d'eux. Les larmes perlent de ses yeux aux couleurs d'un ciel effacé, larmes qui rejoignent l'éternité à peine nées. Ses yeux se perdent sur une ligne d'horizon inconnue quand sa voix s'élève. C'est à elle qu'il parle.
Les mois ont filé comme les étoiles du mois d'août, laissant un sillon au goût d'un fruit acide et sucré. Elle observe ses yeux, fermés, encore embrumés de sommeil. Elle l'observe dormir, celui qu'elle aime. Elle laisse s'écouler les secondes, ces secondes qu'elle aime passer avec lui, toutes ces secondes qui leur appartiennent et dont elle veut graver l'empreinte dans ses souvenirs. Avant de se blottir contre lui, d'imprimer sa peau dans la sienne, elle pose ses lèvres sur son épaule, trace légère de fraicheur.
Ses souvenirs s'égarent dans ce film qui retrace sa vie, qui retrace une partie de la sienne. Elle y voit le bonheur, les larmes, les sourires, les peines et la joie des retrouvailles. Elle y voit l'ennui, les soucis, sa colère, la sienne. Mais elle se blottit plus fort encore. Pour rien au monde, elle ne voudrait brûler ce film.
Elle y croit, même seule et dans le noir.
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