Un paradis secret
Lorsque mes paupières se ferment, se crée un paysage sauvage,
Une contrée où mes sens se reposent, où mes rêves parviennent.
Le long d'un étang, mon âme flâne, au gré du vent léger, caressant.
Là, s'approche lentement un héron cendré, au somptueux plumage.
Le voilà tout près, fier et élégant, il s'incline, je suis comme reine,
Son long cou, de mon doigt, j'effleure, je l'embrasse, affectueusement.
"- O sublime héron aux plumes nacrées, emmène-moi en voyage,
Transporte-moi dans ton univers de paix, sans nul fiel, ni haine,
Laisse juste une fois, mon âme s'abandonner en toi, librement !"
"- Ma chère amie, monte sur mon dos, nous volerons à travers nuages,
La légèreté, en toi, tu ressentiras, brisant tes plus lourdes chaînes,
Oui, ainsi, pose-toi sans craintes, je t'emmène vers le grand Brillant."
En une grâce absolue, il s'élance par delà les marécages,
A ma vue, s'offre un panorama à faire frémir et perdre haleine,
A mes oreilles, me parviennent, des anges, de doux chants,
En accord avec leur harpe, mon coeur bat, s'éclaire mon visage,
Nous accompagnent même les libellules dorées, féérique scène,
Et en bas, les carpes bondissent, en valse, dans l'émeraude étang.
"- Douce demoiselle, nous voici arrivés vers l'Immaculé Passage,
Aujourd'hui, au nom de tes plus grands rêves, je t'y emmène,
Au bout, je te déposerai sur l'Astre, nommé "Miraculeux Brillant"."
"- Quelle superbe traversée céleste ! Que d'allégresse en présage!
Les teintes irisées glissent en mes cheveux, se font miennes !
Vois comme je brille de mille flammes, en moi, feu éclatant !"
Le héron ralentit, s'arrête, et me sourit de son regard sauvage,
Je regarde autour de moi, je suis sur le Brillant, où trônent des chênes,
Leurs feuilles argentées m'appellent, au son mélodieux du vent.
"- Au revoir, mon amie, moi, héron, je repars vers mes roses nuages,
N'aies aucune peur, ici, en ce monde immaculé, tu seras une reine."
"- A bientôt, bel oiseau, je t'aime et mon esprit est, ô, si confiant!"
Il s'envole, moi, je me dirige vers les arbres aux drus feuillages,
Une petite fée en sort, me soufflant son prénom: "Rêvagicienne".
Sur moi, sa main fragile se pose, toucher délicieux, troublant.
Elle me dit: "Bientôt, Terrienne, tu te réveilleras, loin de ce paysage,
Mais dès aujourd'hui, je serais tienne, ta petite fée gardienne,
Je serai la clef de ton Eden Eternel, gardé en toi secrètement".
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