A cet homme sous le pont, je dédie cette ballade,
Tendant au passants ses mains usées par le temps,
Aux mitaines rongées par le froid et le vent,
Puisse-t-il trouver réconfort dans cette aubade.
Ce vieil homme sous le pont, ils passent se le voir,
Quand toutefois on ne fait que l’apercevoir,
Ne daigne-t-on pas lui jeter un regard.
Est-il à ce point repoussant, laid, sombre et noir ?
Un bol de soupe, une miche de pain, il est heureux !
Tandis qu’au même moment nous en demandons deux.
Pourquoi jeter des pierres au meilleur d’entre nous ?
Nous sommes à genoux, et le mendiant debout.
Tous ces gens qui le blâment, d’être assis là par terre,
Tous ceux-ci, à qui il jette un regard sévère,
Ceux pour qui le mendiant ne joui que de paresse ;
Pour moi-même et ma rime, je dirai la sagesse.
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