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Poème

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Auteur du poème : Lys. Concours 13. lancé " Recherche femme ou homme idéal "
Date de publication : 13/02/12
Type de poème : Connus
145 lectures du poème
7 commentaires
8 votes

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Le Verger.... de Anna De Noailles

En attendant les beaux jours...

 

Le verger

Dans le jardin, sucré d'oeillets et d'aromates,
Lorsque l'aube a mouillé le serpolet touffu,
Et que les lourds frelons, suspendus aux tomates,
Chancellent, de rosée et de sève pourvus,

Je viendrai, sous l'azur et la brume flottante,
Ivre du temps vivace et du jour retrouvé,
Mon coeur se dressera comme le coq qui chante
Insatiablement vers le soleil levé.

L'air chaud sera laiteux sur toute la verdure,
Sur l'effort généreux et prudent des semis,
Sur la salade vive et le buis des bordures,
Sur la cosse qui gonfle et qui s'ouvre à demi ;

La terre labourée où mûrissent les graines
Ondulera, joyeuse et douce, à petits flots,
Heureuse de sentir dans sa chair souterraine
Le destin de la vigne et du froment enclos.

Des brugnons roussiront sur leurs feuilles, collées
Au mur où le soleil s'écrase chaudement ;
La lumière emplira les étroites allées
Sur qui l'ombre des fleurs est comme un vêtement.

Un goût d'éclosion et de choses juteuses
Montera de la courge humide et du melon,
Midi fera flamber l'herbe silencieuse,
Le jour sera tranquille, inépuisable et long.

Et la maison, avec sa toiture d'ardoises,
Laissant sa porte sombre et ses volets ouverts,
Respirera l'odeur des coings et des framboises
Éparse lourdement autour des buissons verts ;

Mon coeur, indifférent et doux, aura la pente
Du feuillage flexible et plat des haricots
Sur qui l'eau de la nuit se dépose et serpente
Et coule sans troubler son rêve et son repos.

Je serai libre enfin de crainte et d'amertume,
Lasse comme un jardin sur lequel il a plu,
Calme comme l'étang qui luit dans l'aube et fume,
Je ne souffrirai plus, je ne penserai plus,

Je ne saurai plus rien des choses de ce monde,
Des peines de ma vie et de ma nation,
J'écouterai chanter dans mon âme profonde
L'harmonieuse paix des germinations.

Je n'aurai pas d'orgueil, et je serai pareille,
Dans ma candeur nouvelle et ma simplicité,
A mon frère le pampre et ma soeur la groseille
Qui sont la jouissance aimable de l'été,

Je serai si sensible et si jointe à la terre
Que je pourrai penser avoir connu la mort,
Et me mêler, vivante, au reposant mystère
Qui nourrit et fleurit les plantes par les corps.

Et ce sera très bon et très juste de croire
Que mes yeux ondoyants sont à ce lin pareils,
Et que mon coeur, ardent et lourd, est cette poire
Qui mûrit doucement sa pelure au soleil...



( Recueil : Le coeur innombrable )


 

 

Ecrit par patricia le 16/02/12
Sublime poème, vraiment très agréable à lire, merci pour ce beau partage !
Grosses bises ma belle Lys de Patou .
Ecrit par Patou le 14/02/12
joli potager bien partager.....biz de Pat
Ecrit par katy-Ann le 14/02/12
Merci mon amie pour ce partage......C'est magnifique......Très gros bisous.........Katy-Ann
Ecrit par fil2fer le 13/02/12
De toute beauté. Une grande dame. Merci lys.
Ecrit par lola vraie le 13/02/12
c'est magnifique ,
bisous lola
Ecrit par Jan le 13/02/12
Anna de Noailles…
Une Princesse de sang mais tout autant en prose comme en poésie de par son talent et son
Lyrisme passionné... Tu ferais partie de sa descendance Lys que je n'en serais pas étonné...
Bises amicales
Ecrit par Petit Loquace le 13/02/12
Magnifique !
Merci pour ce partage

 

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