70 Connectés
86675 Membres
272796 POEMES
Poème

Liens sponsorisés:

Auteur du poème : alain
Date de publication : 07/05/08
Type de poème : Amour
2802 lectures du poème
0 commentaire
2 votes

Retour
Lettre à ma tante

 

 

 

Tes mots viennent comme par enchantement
m’éclairer sur les doutes qui troublent mon esprit.
Alors que je désespérai de parvenir à clarifier
ce mélange confus d’interrogations
qui hantaient ma pensée,
voilà que tout s’éclaire !
"Mais vous matelots appréhendant l’obscurité
et ses récifs naufrageurs,
rassurés par la lumière du phare,
renaissance d‘espérance d‘hospitaliers rivages,
que savez-vous de la solitude du gardien de cette clarté?
Et que n’avez-vous prié pour le remercier
de vous montrer la voie et de vous souvenir
que cette lumière existe
et de point jamais l’oublier du moment
qu’il fera nuit à nouveau sur vos vies !"

L’écho de leur lecture résonne dans mon cœur
comme le bruissement d’un ruisseau.
Sous la fraîcheur et l’ombrage de la douceur des mots,
l’envie de s’allonger et s’endormir sur ses rivages
comme un enfant dans la sécurité
de l’amour des bras de sa mère,
comme l’oisillon blotti dans le nid!
"Mais toi le marcheur haletant et perdu,
qui assèche ta soif à l’inespéré cours d’eau,
que sais-tu de ses combats menés,
tourbillons et cascades,
écluses et barrages,
pour jusqu’à toi garder la pureté de ses flots?
Et que n’as-tu prié qu’il garde ce courage
et qu’après ton départ
qu’il s’entête à poursuivre sa quête de liberté
pour étancher la soif d’espérance
de bien d’autres passagers !"

Conjuguer le présent sans question et sans doute,
avec les certitudes de l’habitude,
peut paraître par peur l’image du bonheur!
Celui des plaisirs immédiats, du refus des contraintes!
Celui de l’oubli du temps qui nous est compté,
de l’oubli des comptes qu’il faudra rendre
et de ce rendez-vous avec soi-même
où le mensonge et le paraître
à titre d’excuses n’auront droit de citer!
"Mais toi l’homme gavé de virtuels bonheurs
et de fausses valeurs,
bonheur de l’inconscience du mal et puis du bien,
bonheur de l’ignorance du doute et de l’absence,
que sais-tu du désespoir et du silence
comme prix de l’éternelle espérance et de la liberté?
Et que n’as-tu prié pour ceux
qui t’ont porté dans leurs prières
et pour qu’ils t’accompagnent
vers le vrai bonheur
au risque de te perdre
d’avoir toujours voulu, par orgueil,
y cheminer tout seul ! "

Certainement qu’en haut de ta montagne
existe cette lumière sublime, inexpliquée,
qui doit éclairer les cœurs de l’oubli,
du pardon des errements passés,
et de l’absolue vérité des engagements à venir!
Quelle doit être agréable à l’âme
la chaleur de cette clarté!
"Mais toi l’apprenti sorcier
que sais-tu des renoncements,
des doutes et du don de soi-même
pour autoriser son cœur,
à entrevoir seulement, du bas de la montagne,
cette lueur d'Espoir sans se brûler les yeux?
Et que n’as-tu prié pour ceux qui t’y précèdent,
que force leurs soit donnée
de détourner les yeux de cet éblouissant attrait,
et de porter sur toi, retardataire de la cordée,
leur regard, miroir réfléchissant de cette lumière
comme un encouragement, une espérance partagée
à atteindre ensemble ce sommet!"

Qui dois-je remercier pour tant d’amour et de soutien partagé?
"Mais toi le malade choyé que sais-tu
du désespoir de l’homme abandonné de tous
à l’injustice et au poids du fardeau de ses doutes sur sa vérité?
Mais toi le malade sursitaire
que sais-tu de la détresse
de ceux qui ne peuvent attendre de la vie que la mort
comme seule délivrance,
comme seule espérance de guérison
et fin de leur souffrance?
Et que sais-tu de la tentation à la révolte
contre cette insurmontable injustice,
comme un défi aux dieux,
de ceux qui les accompagnent et qui les aiment?
Et que n’as-tu prié d’être épargné
de cette suicidaire solitude
et que du fond de l’obscurité
du gouffre de leur détresse
puissent ces condamnés solitaires,
au delà de leur souffrance,
trouver la force d’entrevoir le reflet
de cette lumière d‘espérance
et de poursuivre leur combat
d’ une juste révolte!
Et que n’as-tu prié pour ceux qui les soutiennent
en demandant pardon de n’être point certain
de pouvoir un jour donner autant de toi-même!"

Oui, je sais ce que je dois
et à qui je le dois!
"Mais toi le marchand de certitudes
que sais-tu de la peur d’être parjure un jour
et d’oublier de rendre tout le bien qui t‘a été donné?
Que sais-tu de la peur même de l’oubli de ce soutien passé?
Que sais-tu de la peur de ne pas être à la hauteur
de cet idéal d’amour qui par ta famille t’a été confié?
Et que n’as-tu point prié pour les en remercier
et que par leur prière ils puissent te soutenir,
contre l’avis des uns et les doutes des autres
sur le métier de père,
à toujours y répondre avec sincérité,
qu’il ne t’est que devoir et responsabilité
d’amener tes enfants par l‘exemple,
à travers le temps, même si la tâche est rude,
à tourner leur regard et questionner leur âme
sur l’amour, la solidarité et le respect de l’autre,
valeurs qui t’ont été confiées par ta famille
comme inégalable richesse!
Puisses-tu toujours répondre
que la paternité n’est que le passage d’un relais
entre générations de ce bien si sacré!
Et que n’as-tu prié de point être celui
qui aura amorcé le renoncement à ce fabuleux héritage,
sans peur de l’échec,
car échouer cette tâche en restera enviable
d’au moins l’avoir tentée!"

Voilà ma chère Tante,
les mots que m’a inspirés ta lettre,
je m’en excuse par avance
pour leur aspect pompeux ou prétentieux,
mais ils sont sortis comme ça
et j’ai pris le parti de ne les point changer.
"Et quelque puisse être mon destin,
que ces mots deviennent ma certitude,
que par toi, il sera dit à tous ceux qui m’aiment
que je n’aurais jamais qu’un seul vrai regret,
celui de ne pas leurs avoir suffisamment dit
et montré à quel point je les aimais aussi!
Ma certitude que par toi
il sera dit à ceux qui m’aiment
que j’ai pris le parti de gravir ta montagne,
je les ai vu, et toi avec,
beaucoup loin et haut devant moi,
comme un repère,
un encouragement à ne point renoncer.
Ma certitude que par toi,
il sera dit à ceux qui m’aiment
que sans doute la force du pardon
et celle de la foi me manqueront
pour seulement espérer atteindre
ce sommet sans la peur du vertige!
Ma certitude que par toi
il sera dit à ceux que j’aime
que si le doute m’habite parfois,
c’est toujours avec l’humilité retrouvée
devant le mystère de l’éternelle miséricorde
que j’ai essayé de prier, jamais pour moi,
sauf pour demander pardon,
mais pour le gardien du phare, le ruisseau,
le condamné solitaire, les premiers de cordée,
…pour ceux qui m‘aiment, pour toi,
pour ceux qui nous ont quitté
pour vous remercier de m’avoir donné
la chance d’être aimé
et pour vous soutenir
dans votre quête de la Vérité!
Je t’embrasse comme je t’aime!"

 


 

Pas encore de commentaires

 

- Toute reproduction même partielle est strictement interdite sans autorisation -
CNIL 1381013
Copyright 2007 - CREAPoemes.com - Tous droits réservés