j'ai tant rêvé de ta douce chevelure
noire et brillante dans ton allure
je cherche en vain ton reflet dans le vide
ton image qui n'a pas pris une ride
quel mystère que cette femme fatale
tes mèches frénétiques qui s'étalent
ton joli habit argenté admirablement
que je contemple inexorablement
je te savoure mon beau prince charmant
j'aperçois ton ombre comme un aimant
qui se creuse sans détour d'un si grand soir
pour quelques mots de douceur et d'espoir
qui se dessinent dans les vapeurs sacrées
sur des carresses et des heures nacrées
ton corps magique qui s'achève ce soir
dans l'immensité de ce grand tableau noir
dans ton habit opaque se reflète
la lumière soir d'une grande fête
oh grand charmeur sous tes grands airs royaux
tes longs doigts agiles parés de beaux joyaux
la barbe garnie, la moustache lissée
tes grands mots sombres bien tissés
tes cerclages dorés reposent sur ton nez
je sens en toi le geste si chic et inné
nous fûmes un soir sous le ciel étoilé
passion complice et rêves dévoilés
je suis saoul sous ton balcon argenté si saoul
si noir tant que je te prends de tout mon saoul
cette chanson ce soir dont je ne m'abuse
oh! quelques paillettes si "noirtes" qui fusent
je me brise les ailes ce soir heureuse
cette soirée me rend tant peureuse
je caresse tendrement tes dentellures
avec passion et désinvolture
je suis celle que tu as aimé un temps
dans les senteurs opaques presque autant
intense jusqu'à la vie, jusqu'à ta mort certaine
j'en suis pas moins restée hautaine
je reviendrais dans tes yeux noirs argentés
dans le creux de tes reins pour te tenter
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