Te souvient-il encore, ô douce Mélusine,
Que nous avons chanté serrés l’un contre l’autre,
Et que Rome tremblait au son de nos deux voix ?
Te souvient-il encor des Ave Marias ?
Le passé s’en allait, l’avenir était notre,
Et les cieux rayonnaient d’une clarté divine.
La montagne a gardé le son de nos accords
Et ses rochers blanchis rappellent nos échos
Quand déjà les mortels ont oublié Saint-Saëns
Le torrent coule encore, et dans le même sens,
Portant avec l’amour, sur ses anciens flots,
Le lointain souvenir deux nos deux timbres morts.
Je revois ton sourire à la pâleur des jours
Et la voûte brisée a gardé ton image.
Reviens-moi, Mélusine, ô toi que j’ai louée
Ô mon unique aimée, objet de ma pensée.
Dans le temps j’ai revu cet ultime mirage …
Ou sont passés les chœurs, ton rire et mes amours ?
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