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#1
Quand mon papa fut décédé
C’est moi qui lui ai succédé
En me décalant d’une place
Comme on peut sauter une classe.

Mais, jamais, oh, jamais, mon dieu,
Maman ne coucha dans mon pieu ;
Elle resta chaste et cloîtrée
Et dans sa piété prostrée.

Elle eut peut-être un maigre amant,
(Ce n'est pas vraiment infamant)
Mais, j’oeuvrais dans la vigilance
Avec assurance, en silence.

J’avais gagné de l’épaisseur,
Moi, père et frère de ma sœur
Qui m’appelait par ironie
Papy mais sans acrimonie.

Comment rapporter quatre sous
A dix ans et même au-dessous ?
Mon gagne-pain était l’adresse
De mes mains remplies de tendresse.

Je donnais aussi des leçons
A des filles, à des garçons,
De solfège, de catéchisme
Et des codes de l’anarchisme.

Et l’école, dans tout cela ?
J’étais là-bas dans l’au-delà ;
Je rêvais, bayais aux corneilles
En suivant le vol des abeilles.

Elève capable et précoce,
J’obtins un diplôme en Ecosse ;
A seize ans, je fus le patron
D’une fabrique d’électrons.

Ma mère a son tour devint morte
D’un seul coup, en fermant la porte
Et j’épousai alors ma sœur
Avec ses taches de rousseur.

Mais, jamais, oh, jamais, mon dieu,
Elle ne me vit dans son pieu
Car elle n’aimait qu’elle-même ;
(Comment vouloir donc qu’elle m’aime ?)

Rien ne pénétra ses entrailles
Jusqu’au jour de ses funérailles
Qui furent causées par un grain
De beauté coincé dans un rein.

Si je fus quelque peu marri
De ne plus être son mari
Je suis fier d’occuper la cime
De l’arbre que la vie décime.

Mais, recourant au câlin, seul,
Résolu, je couds le linceul
Qui me chatouillera la cendre
Quand viendra l’appel à descendre.