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Pierrot le Fou revisité (1916-1946)

Filiatus

Maître Poète
#1
Attention, le nouveau cobaye
Sur lequel je vais versifier
Est une authentique canaille
Que l'on ne peut pas glorifier !

Pierrot le Fou, Pierrot Le Dingue
Ce n'est pas Jean-Paul Belmondo
Mais un vulgaire porte-flingue
De la sinistre Gestapo

De son vrai nom Pierre Loutrel
Il grandit à Château-du-Loir
Et dans la ferme paternelle
Il s'ennuie du matin au soir

À seize ans, enfin il s'embarque
Comme mousse sur un bateau
En espérant trouver ses marques
Et des amis au fil de l'eau

Il voyage à travers l'Europe
Mais les amis se font très rares
Car dans les bistrots interlopes
Toujours il cherche la bagarre

Débarqué un jour à Marseille
Pour une insubordination
Au cambriolage il s'essaye
Mais finit tout droit en prison

Peu de temps après la justice
Fait libérer l'ancien "mataf"
Pour qu'il effectue son service
Militaire dans les "Bat' d'Af"

Son régiment disciplinaire
Installé à Foum-Tataouine
Regorge d'anciens mercenaires
De gens de sacs et de rapines

Loutrel a vingt-deux ans tout juste
Quand il est démobilisé
Comme il est de santé robuste
Il trouve très vite un métier

Garçon de café à Paname
Chaque jour il part au turbin
La nuit il fréquente les dames
Qui lui rapportent plus de gain

Puis il rencontre Marinette
Avec qui il gère un hôtel
Dans lequel il est proxénète
Et elle mère maquerelle

En quarante, la guerre éclate
La clientèle alors s'enfuit
Pour que tourne sa casemate
Il fait appel aux "Vert-de-gris"

C'est là que de fil en aiguille
"Le Grand René", un collabo
Le réapprovisionne en filles
Brevetées par la Gestapo

Bientôt notre Pierrot Le Dingue
Fait un pas de plus dans l'horreur
Il devient chef de "La Carlingue"
Une entreprise de tueurs

Il traficote, il manigance
Il assassine ouvertement
Il harcèle la Résistance
Livre les juifs à l'occupant

Jusqu'en juillet quarante-quatre
Il poursuit ses actes maudits
Mais, voyant les Alliés combattre
Sur les plages de Normandie

Avec une rare impudence
Il change son fusil d'épaule
Il postule à la Résistance
Qui bizarrement l'enrôle

Il remplit sa tâche avec zèle
Liquidant quelques "schtarführer"
Jusqu'à tu-er ses plus fidèles
Et anciens collaborateurs

En mil neuf cent quarante-six
Libre de tous ses mouvements
Il reprend vite du service
Dans le Gang des "Tractions-Avant"

Le six novembre, le braquage
D'une bijouterie connue
Se termine par un carnage
Où tout le monde s'entretue

Loutrel, blessé à l'abdomen
Est dans un pitoyable état
Vers un hôpital on l'emmène
Arguant d'un chasseur maladroit

Trois jours plus tard ses acolytes
À bord de leur traction blindée
Vers l'hôpital se précipitent
Habillés en faux infirmiers

Ils enlèvent leur camarade
Et le conduisent en lieu sûr
Hélas Loutrel bien trop malade
Bientôt succombe à ses blessures
 

Cortisone

Maître Poète
#2
Merci filiatus pour cette histoire d'une canaille que l'on connaît de nom mais pas dans le détail
Amicalement
 
#5
Attention, le nouveau cobaye
Sur lequel je vais versifier
Est une authentique canaille
Que l'on ne peut pas glorifier !

Pierrot le Fou, Pierrot Le Dingue
Ce n'est pas Jean-Paul Belmondo
Mais un vulgaire porte-flingue
De la sinistre Gestapo

De son vrai nom Pierre Loutrel
Il grandit à Château-du-Loir
Et dans la ferme paternelle
Il s'ennuie du matin au soir

À seize ans, enfin il s'embarque
Comme mousse sur un bateau
En espérant trouver ses marques
Et des amis au fil de l'eau

Il voyage à travers l'Europe
Mais les amis se font très rares
Car dans les bistrots interlopes
Toujours il cherche la bagarre

Débarqué un jour à Marseille
Pour une insubordination
Au cambriolage il s'essaye
Mais finit tout droit en prison

Peu de temps après la justice
Fait libérer l'ancien "mataf"
Pour qu'il effectue son service
Militaire dans les "Bat' d'Af"

Son régiment disciplinaire
Installé à Foum-Tataouine
Regorge d'anciens mercenaires
De gens de sacs et de rapines

Loutrel a vingt-deux ans tout juste
Quand il est démobilisé
Comme il est de santé robuste
Il trouve très vite un métier

Garçon de café à Paname
Chaque jour il part au turbin
La nuit il fréquente les dames
Qui lui rapportent plus de gain

Puis il rencontre Marinette
Avec qui il gère un hôtel
Dans lequel il est proxénète
Et elle mère maquerelle

En quarante, la guerre éclate
La clientèle alors s'enfuit
Pour que tourne sa casemate
Il fait appel aux "Vert-de-gris"

C'est là que de fil en aiguille
"Le Grand René", un collabo
Le réapprovisionne en filles
Brevetées par la Gestapo

Bientôt notre Pierrot Le Dingue
Fait un pas de plus dans l'horreur
Il devient chef de "La Carlingue"
Une entreprise de tueurs

Il traficote, il manigance
Il assassine ouvertement
Il harcèle la Résistance
Livre les juifs à l'occupant

Jusqu'en juillet quarante-quatre
Il poursuit ses actes maudits
Mais, voyant les Alliés combattre
Sur les plages de Normandie

Avec une rare impudence
Il change son fusil d'épaule
Il postule à la Résistance
Qui bizarrement l'enrôle

Il remplit sa tâche avec zèle
Liquidant quelques "schtarführer"
Jusqu'à tu-er ses plus fidèles
Et anciens collaborateurs

En mil neuf cent quarante-six
Libre de tous ses mouvements
Il reprend vite du service
Dans le Gang des "Tractions-Avant"

Le six novembre, le braquage
D'une bijouterie connue
Se termine par un carnage
Où tout le monde s'entretue

Loutrel, blessé à l'abdomen
Est dans un pitoyable état
Vers un hôpital on l'emmène
Arguant d'un chasseur maladroit

Trois jours plus tard ses acolytes
À bord de leur traction blindée
Vers l'hôpital se précipitent
Habillés en faux infirmiers

Ils enlèvent leur camarade
Et le conduisent en lieu sûr
Hélas Loutrel bien trop malade
Bientôt succombe à ses blessures
Très bon travail d'écriture. Pas facile de résumer toute une vie en quelques quatrains, mais c'est fait ici avec brio, sans prise de position, sans jugements. J'apprécie cela. Merci.