• Visiteur, merci de ne pas poster plus de 5 poèmes par jour. Ceci dans le but d'améliorer la visibilité du site.

Patrice de Mac-Mahon revisité (1808-1893)

Filiatus

Maître Poète
#1
On me souffle dans l'oreillette
Que l'homme que je vais décrire
Est le président le plus bête
Que les Français ont pu élire

Alors je pars en reportage
Sur mon historique avenue
Revisiter le personnage
À l'âme dit-on saugrenue

Petit bébé, je le découvre
Qui naît dans la banlieue d'Autun
Et quand ses petits yeux, il ouvre
C'est vrai qu'il n'a pas l'air malin

Il entre au Petit séminaire
Avant d'atteindre ses treize ans
Non pas pour faire ses prières
[Pour ça il faut choisir le Grand]

Mais ça permet d'ouvrir des portes
Surtout quand on est aux labours
Et vers Paris, ça vous transporte
Comme un TGV de nos jours

Toujours est-il que le jeune homme
Que l'on pensait hors de la norme
[Mauvaises langues que nous sommes]
À Saint-Cyr revêt l'uniforme

Lorsque avec sa section il brille
Lors de l'expédition d'Alger
Il devient l'as de la famille
Et même celui de l'armée

Il gravit si vite les grades
Qu'il est capitaine à trente ans
Puis ses raids contre les nomades
En font un jeune commandant

Et quand il vainc Abd el-Kader
Colonel est son nouveau grade
Ainsi presque quadragénaire
Il est général de brigade

Jusque là notre Mac-Mahon
Ne présente aucune carence
Mais il se marie, attendons
Parfois c'est là que tout commence

En Crimée, il part aussitôt
Où il se bat avec l'étoffe
Avec l'étoffe des héros
Au siège de Malakoff

Napoléon III l'établit
Comme sénateur de l'Empire
Puis gouverneur de l'Algérie
Enfin l'emmène en Italie

Tous les deux gagnent la bataille
De Magenta mais non sans mal
Ce qui vaut à Mac sa médaille
Et son bâton de maréchal

Mais la médaille à son revers
Et à Sedan dix ans après
L'armée de Prusse et de Bavière
Capture l'Empereur français

Le Maréchal lui-même sombre
Et sur les ordres du Kaiser
Il est placé six mois à l'ombre
Laissant la France sans son pair

Paris affiche sa colère
Et veut enflammer le pays
Alors Mac-Mahon, on libère
Pour réprimer les insoumis

S'ensuit la démission de Thiers
L'élection de notre héros
Six années dépourvues de guerres
Et un festival de bons mots

Certains sont restés dans l'Histoire
Tel son fameux "Que d'eau ! Que d'eau !"
Après qu'ait débordé la Loire
Ou la Garonne, ou leurs canaux

Une autre fois dans une école
D'où sort major un Africain
Il lui dit : "C'est vous le créole ?
Alors continuez, c'est très bien"

Et puis un jour, las qu'il gouverne
Le Sénat le laisse tomber
Et comme une vieille baderne
Le pauvre doit démissionner

Mais à soixante-dix ans, j'ose
Vous le dire, on n'est pas fini
Chers amis, j'en sais quelque chose
C'est l'âge auquel ces vers j'écris

Or après dix ans de retraite
Le vieil homme soudain se bouge
Pour prendre prestement la tête
De ce qui sera la Croix-Rouge

S'il n'était pas une lumière
Au moins il éclaire les jours
Des invalides de la guerre
À qui il vient porter secours

Voilà j'ai fini mon enquête
Car sans un mot, sans une plainte
On me souffle dans l'oreillette
Que la lumière s'est éteinte​
 

Margho

Maître Poète
#4
Mais j'espère bien que l'Histoire est sans fin !
Ceci dit, outre l'aspect culture (je suis persuadée que si, à l'école, on m'avait parlé de Mac Mahon ainsi, d'autres souvenirs seraient restés que son "histoire d'Eau"), c'est joyeux, spirituel, beaucoup d'humour, vous ne vous prenez pas au sérieux, bref, je me régale à chaque fois !