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Mon front se signe aux diadèmes de l'ombre

rivière

Maître Poète
#1
Mon front se signe aux diadèmes de l’ombre

A mon apparition, dès l’aurore, le soleil s’agenouille,
les oiseaux dans les chaloupes des arbres me vénèrent,
le chuchotis des ruisseaux s’arrête, mes râles d’amour
résonnent encore parmi les diocèses des bocages,

parmi l’océan des forêts,
les amarantes et les hyacinthes éclosent à nouveau,
ma Chair de volupté ruisselle de douceur et te réclame,
ô Ma Sirène, ma vie, mon divin Tourment, ma Vierge souveraine,

toi qui sais mes râles d’impudeur,
et la splendeur de ma Fourrure-pétales.
Je suis née Femme un soir de novembre
par l’appel de mon désir irrité, et par la volonté de ta Grâce,

le glaive des nuages me menace parfois,
mais je n’en ai cure,
la pluie d’ébène de ma chevelure se soulève
au gré de mes mouvements et de ma marche,

mon front se signe aux diadèmes de l’ombre
quand je chemine face aux flambeaux des lueurs,
les chemins s’entrouvrent alors, les trottoirs magnifient
dans les bourgs et les villes la scansion de mes escarpins.

Les poétesses me sanctifient et gravent
dessus le baldaquin des mousses
les sceaux de mes langueurs, et les étoiles de ma ferveur,
j’affronte à tout instant les tempêtes et le froid,

mon visage s’empourpre à ton évocation,
je ne suis qu’attente, attente de tes paumes
dessus les collines de mes seins lourds,
attente sur la double amphore de mes hanches.

Les palais des mousses et des herbes connaissent
le velouté de ma micro-robe de tulle,
la luisance de mes bas, et de mes porte-jarretelles,
le beffroi de mes mamelons psalmodie ma joliesse,

ô ma Vénérée, ôte mes vêtements, effleure lascivement mes membres,
possède-moi, emmène-moi jusqu’au délire impérieux
du spasme suprême, jusqu’au pontificat de ma Jouissance,
je ne tiens plus !

Sophie Rivière