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#1
La Fuite

Grand Erg Occidental que nous longeons à deux,
Le soleil zénithal éclabousse son feu.
Méharistes sans ombres, nous baignons dans le blanc
De ce sable sans nombre où s’épuise le temps.


Nous poussons devant nous d’agiles fouette-queues
Qui laissent en remous des tracés sinueux.
Et puis la
palmeraie se découvre à nos yeux,
Striées de ces murets qui nous semblent si vieux.


Nous laissons nos deux bêtes aux mains d’un touareg
Et d’un assistant sec qui nous semble un peu bègue.
Une fois baraqués, genoux ligaturés,
Les animaux dressés cessent de blatérer.


Ô belle enturbannée habillée comme un homme,
Meimouna, mon aimée, avare de paroles
Pour que rien ne révèle ce que cachent les pans
De l’ample sarouel et de ton burnous blanc,


Depuis ces douze jours que dure notre fuite,
Dans cet immense four sans aucun autre gîte
Que des flancs les entours de nos grands dromadaires,
Je crois que notre amour a l’âge de la Terre.


Ton nom est le parfum de cette prophétie,
Comme un goût de jardin enclos à Ein Gedi ;
Tes joues noires m’enseignent ce qu’est le soleil :
Étrange cœur qui saigne des rayons vermeils.


Tes yeux sont la flamme éclairant les contours
De cette enfant de Cham à qui je fis la cour.
Tu es cette lueur que cachait le treillis
Ausculté dans l’ardeur avant d’être cueillie.


Mais nous pressons le pas pour bientôt arriver
À cette maison basse où la porte à rivets
S’ouvre sur une entrée assourdie de tapis,
De tentures tirées et de meubles épais.


Les armes accrochées − poignards et longs fusils −
La gazelle empaillée et le guépard occis,
Ne gâtent pas le thé bouillant qui est servi
Et sait désaltérer notre amour accueilli.


Le rire plisse tes lèvres sur l’incarnat
De gencives foncées que j’aime, Meimouna,
Tout autant que la grâce de ton cou perlé
Où se mêle l’éclat du
cuivre martelé.

Je tends vers toi la main où tu glisses ton front :
Aujourd’hui et demain, jamais nous ne devrons
Plus cacher nos amours, ne connaître de l’heure
Que celle des départs pour n’être découverts.


Aubépin des Ardrets, Béni Abbès
 
Dernière édition:

farida

Maître Poète
#2
Le bonjour à vous en premier et en second à Bèchar
votre poème est sublime et d'une beauté rare
Votre style me plaît , vous lire me fais grand plaisir
mèrci pour ce partage,hâte de vous relire encore et encore.
 
Dernière édition:

janu

Maître Poète
#3
Pour qui a connu le Sahara et tout ce qui s'y rattache
c'est un enchantement encore plus grand à lire ces vers écrits avec un rare talent
où l'on retrouve tant de sentimlents !
Amicalement
 
#4
Quelle belle histoire d"amour très stylée, poétiquement
J'ai adoré la lire avec un sacré goût d'orient
Toujours un oasis au fin fond du désert
Que de paysages, dunes après dunes, un délice, dès, sert...
Amicalement
Fred
 
#6
Le bonjour à vous en premier et en second à Bèchar
votre poème est sublime et d'une beauté rare
Votre style me plaît , vous lire me fais grand plaisir
mèrci pour ce partage,hâte de vous relire encore et encore.
Bonjour, Farida. Il y a encore de la route jusqu'à Béchar, mais - qui sait ? - peut-être que cette "Fuite" passera par là... ;-)
Je remercie vos chaleureux commentaires : qui ne serait pas heureux de les lire ?
 
#7
Pour qui a connu le Sahara et tout ce qui s'y rattache
c'est un enchantement encore plus grand à lire ces vers écrits avec un rare talent
où l'on retrouve tant de sentimlents !
Amicalement
Oui, le Sahara, son enchantement, ses rêveries et, surtout - paradoxalement - cette vie - humaine, toute pétrie de tensions, de passions, de projections, mais aussi, et avant tout, d'intenses réflexions - qui s'agrippe et s'épanouie au bord des oasis.
Je remercie votre lecture, janu, et ces gentils mots laissés sous ce texte.
 
#9
vécu ou imaginaire, bien écrit
Merci, zuc, de ce passage et de ces quelques traces dans le sable des dunes.

Entre écriture automatique et réflexion intime, ce que m'inspire votre commentaire :

Le sous-venir est toujours un ment-songe
Un coup d'a-pelle au fond de notre seul,
Un qu'offre lourd, rempli de peau d'oronge,
Un bleu sur des peaux-pierres que l'on dé-scelle.
 

glycine

Maître Poète
#10
Une belle histoire d'amour sur fond de désert et de palmeraie...
Oui en effet, une scène de film avec un décor grandiose puis plus intimiste... des personnages et les héros de l'histoire... une ambiance...
une intrigue... et les sentiments amoureux...
Une belle écriture tout en alexandrins riche en description pour un poème qui offre un voyage grâce aux images qui défilent...
 
Dernière édition:
#11
Une belle histoire d'amour sur fond de désert et de palmeraie...
Oui en effet, une scène de film avec un décor grandiose puis plus intimiste... des personnages et les héros de l'histoire... une ambiance...
une intrigue... et les sentiments amoureux...
Une belle écriture tout en alexandrins riche en description pour un poème qui offre un voyage grâce aux images qui défilent...
Merci, glycine, pour cette lecture et vos réflexions ;-)
 

iboujo

Maître Poète
#12
La Fuite

Grand Erg Occidental que nous longeons à deux,
Le soleil zénithal éclabousse son feu.
Méharistes sans ombres, nous baignons dans le blanc
De ce sable sans nombre où s’épuise le temps.


Nous poussons devant nous d’agiles fouette-queues
Qui laissent en remous des tracés sinueux.
Et puis la
palmeraie se découvre à nos yeux,
Striées de ces murets qui nous semblent si vieux.


Nous laissons nos deux bêtes aux mains d’un touareg
Et d’un assistant sec qui nous semble un peu bègue.
Une fois baraqués, genoux ligaturés,
Les animaux dressés cessent de blatérer.


Ô belle enturbannée habillée comme un homme,
Meimouna, mon aimée, avare de paroles
Pour que rien ne révèle ce que cachent les pans
De l’ample sarouel et de ton burnous blanc,


Depuis ces douze jours que dure notre fuite,
Dans cet immense four sans aucun autre gîte
Que des flancs les entours de nos grands dromadaires,
Je crois que notre amour a l’âge de la Terre.


Ton nom est le parfum de cette prophétie,
Comme un goût de jardin enclos à Ein Gedi ;
Tes joues noires m’enseignent ce qu’est le soleil :
Étrange cœur qui saigne des rayons vermeils.


Tes yeux sont la flamme éclairant les contours
De cette enfant de Cham à qui je fis la cour.
Tu es cette lueur que cachait le treillis
Ausculté dans l’ardeur avant d’être cueillie.


Mais nous pressons le pas pour bientôt arriver
À cette maison basse où la porte à rivets
S’ouvre sur une entrée assourdie de tapis,
De tentures tirées et de meubles épais.


Les armes accrochées − poignards et longs fusils −
La gazelle empaillée et le guépard occis,
Ne gâtent pas le thé bouillant qui est servi
Et sait désaltérer notre amour accueilli.


Le rire plisse tes lèvres sur l’incarnat
De gencives foncées que j’aime, Meimouna,
Tout autant que la grâce de ton cou perlé
Où se mêle l’éclat du
cuivre martelé.


Je tends vers toi la main où tu glisses ton front :
Aujourd’hui et demain, jamais nous ne devrons
Plus cacher nos amours, ne connaître de l’heure
Que celle des départs pour n’être découverts.


Aubépin des Ardrets, Béni Abbès
 

iboujo

Maître Poète
#13
Nous voyageons avec vous deux dans cette fuite
Comme Janu
qui connait le Sahara ,peu importe où. Il se trouve

La traversée est loin d être idylique
mais tellement salutaire à vous 2

Si créa ne connait pas l'endroit
C'est fait

Détails parfaitement observés ,

Il y a de la vie sur les hauteurs de sable ,
de la couleur et un soleil brûlant

L arrivee à la petite maison était juste

.les joues de Meimouna brûlaient

L'on dirait un film

Joli joli
Je m'y retrouve et quel don de Rimailleur tu as
Bises jj
 
#14
Nous voyageons avec vous deux dans cette fuite
Comme Janu
qui connait le Sahara ,peu importe où. Il se trouve

La traversée est loin d être idylique
mais tellement salutaire à vous 2

Si créa ne connait pas l'endroit
C'est fait

Détails parfaitement observés ,

Il y a de la vie sur les hauteurs de sable ,
de la couleur et un soleil brûlant

L arrivee à la petite maison était juste

.les joues de Meimouna brûlaient

L'on dirait un film

Joli joli
Je m'y retrouve et quel don de Rimailleur tu as
Bises jj
Merci, iboujo, pour toutes ces observations qui contribuent à faire vivre ce texte ;-)
 

Margho

Maître Poète
#15
La Fuite

Grand Erg Occidental que nous longeons à deux,
Le soleil zénithal éclabousse son feu.
Méharistes sans ombres, nous baignons dans le blanc
De ce sable sans nombre où s’épuise le temps.


Nous poussons devant nous d’agiles fouette-queues
Qui laissent en remous des tracés sinueux.
Et puis la
palmeraie se découvre à nos yeux,
Striées de ces murets qui nous semblent si vieux.


Nous laissons nos deux bêtes aux mains d’un touareg
Et d’un assistant sec qui nous semble un peu bègue.
Une fois baraqués, genoux ligaturés,
Les animaux dressés cessent de blatérer.


Ô belle enturbannée habillée comme un homme,
Meimouna, mon aimée, avare de paroles
Pour que rien ne révèle ce que cachent les pans
De l’ample sarouel et de ton burnous blanc,


Depuis ces douze jours que dure notre fuite,
Dans cet immense four sans aucun autre gîte
Que des flancs les entours de nos grands dromadaires,
Je crois que notre amour a l’âge de la Terre.


Ton nom est le parfum de cette prophétie,
Comme un goût de jardin enclos à Ein Gedi ;
Tes joues noires m’enseignent ce qu’est le soleil :
Étrange cœur qui saigne des rayons vermeils.


Tes yeux sont la flamme éclairant les contours
De cette enfant de Cham à qui je fis la cour.
Tu es cette lueur que cachait le treillis
Ausculté dans l’ardeur avant d’être cueillie.


Mais nous pressons le pas pour bientôt arriver
À cette maison basse où la porte à rivets
S’ouvre sur une entrée assourdie de tapis,
De tentures tirées et de meubles épais.


Les armes accrochées − poignards et longs fusils −
La gazelle empaillée et le guépard occis,
Ne gâtent pas le thé bouillant qui est servi
Et sait désaltérer notre amour accueilli.


Le rire plisse tes lèvres sur l’incarnat
De gencives foncées que j’aime, Meimouna,
Tout autant que la grâce de ton cou perlé
Où se mêle l’éclat du
cuivre martelé.

Je tends vers toi la main où tu glisses ton front :
Aujourd’hui et demain, jamais nous ne devrons
Plus cacher nos amours, ne connaître de l’heure
Que celle des départs pour n’être découverts.


Aubépin des Ardrets, Béni Abbès
Un cantique qui rappelle un autre...