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La der « Pour changer l’monde »

#1

La der « Pour changer l’monde »

Avec mes potes Kévin, Yasmina et puis Yann,
Sam’di, en centre-ville, on squatt’ le macadam,
Là tout près d’la fontaine pour que les chiens puiss’nt boire.
Si ya des r’gards de haine, on gueule et ils aboient.


Kévin il est trop beau ; il s’est mis des implants,
Là, sur l’crâne, sous la peau : il en jette comm’ satan.
Yann, lui, c’est iroquoise, bien dressée sur la tête,
En joli bleu turquoise : ça donne un air de fête.


Yasmina, c’est du chaud avec ses lentill’s noires,
Ses bas dans ses rangeots et ses piercings épars.
Des fois on voit Samir, un réfugié d’Syrie
Qui détest’ les émirs : son kiff c’est Mercury.


Bien sûr on prend des bières et puis un peu de bouffe,
Et des sort’ de litières pour Freedom et Malbouffe,
Mes deux bergers bâtards qui me suivent partout,
Mêm’ quand je me couche tard : ya pas d’heures pour les fous.


Pour les clopes, la bibine, on taxe les passants,
Mêm’ ceux qui se débinent, en les apostrophant,
Ou avec des gamelles qu’on pose devant nous,
Et puis du textuel pour leur bourrer le mou :


La first one « Pour le shit » ; la deuze « Pour les croquettes » ;
- La box crache un bon beat du group’ les Punk Rockets -
La troize « Pour les acides » ; la der « Pour changer l’monde » ;
Pis on attend, placides, que viennent de bonn’s ondes.


Tu vois, on dit qu’les gens y sont cons et bornés ;
Y a du vrai, en un sens : c’est tous des moutons. Mais,
Tu m’crois ou tu m’crois pas, la seule gamelle qu’abonde,
Croix d’enfer, croix d’abois : c’est cell’ pour changer l’monde...


Aubépin des Ardrets
 
Dernière édition:

Matthale

Administrator
Membre du personnel
#2
Le monde ne changera jamais.
Même les gens que vous décrivez ne vivent que pour eux et pas suffisamment pour les autres.
Je connais ces gens là, pas d'argent, pas de système.
Pas de batailles, pas de justice. Pas de combats, pas la volonté de changer quoique ce soit dans le monde.
Enfin, ils changent le monde quand ils réussissent à taxer de quoi s'acheter pour rêver....
Dans tous les milieux, les égoïstes sont les plus nombreux, en quoi la rue peut elle être différente.
C'est pas le système qui la gère c'est sûr. C'est une meute dans un squatte ou des solo, couples, qui se rejoignent par périodes, comme les oiseaux, la nouvelle saison. Les oiseaux, ce reste de dinosaure qui n'a pas changé le monde non plus.
Non, le monde ne changera jamais. Pas du vivant de l'homme en tout cas.
 

zuc

Administrator
Membre du personnel
#3

La der « Pour changer l’monde »

Avec mes potes Kévin, Yasmina et puis Yann,
Sam’di, en centre-ville, on squatt’ le macadam,
Là tout près d’la fontaine pour que les chiens puiss’nt boire.
Si ya des r’gards de haine, on gueule et ils aboient.


Kévin il est trop beau ; il s’est mis des implants,
Là, sur l’crâne, sous la peau : il en jette comm’ satan.
Yann, lui, c’est iroquoise, bien dressée sur la tête,
En joli bleu turquoise : ça donne un air de fête.


Yasmina, c’est du chaud avec ses lentill’s noires,
Ses bas dans ses rangeots et ses piercings épars.
Des fois on voit Samir, un réfugié d’Syrie
Qui détest’ les émirs : son kiff c’est Mercury.


Bien sûr on prend des bières et puis un peu de bouffe,
Et des sort’ de litières pour Freedom et Malbouffe,
Mes deux bergers bâtards qui me suivent partout,
Mêm’ quand je me couche tard : ya pas d’heures pour les fous.


Pour les clopes, la bibine, on taxe les passants,
Mêm’ ceux qui se débinent, en les apostrophant,
Ou avec des gamelles qu’on pose devant nous,
Et puis du textuel pour leur bourrer le mou :


La first one « Pour le shit » ; la deuze « Pour les croquettes » ;
- La box crache un bon beat du group’ les Punk Rockets -
La troize « Pour les acides » ; la der « Pour changer l’monde » ;
Pis on attend, placides, que viennent de bonn’s ondes.


Tu vois, on dit qu’les gens y sont cons et bornés ;
Y a du vrai, en un sens : c’est tous des moutons. Mais,
Tu m’crois ou tu m’crois pas, la seule gamelle qu’abonde,
Croix d’enfer, croix d’abois : c’est cell’ pour changer l’monde...


Aubépin des Ardrets
Le monde ne changera jamais.
Même les gens que vous décrivez ne vivent que pour eux et pas suffisamment pour les autres.
Je connais ces gens là, pas d'argent, pas de système.
Pas de batailles, pas de justice. Pas de combats, pas la volonté de changer quoique ce soit dans le monde.
Enfin, ils changent le monde quand ils réussissent à taxer de quoi s'acheter pour rêver....
Dans tous les milieux, les égoïstes sont les plus nombreux, en quoi la rue peut elle être différente.
C'est pas le système qui la gère c'est sûr. C'est une meute dans un squatte ou des solo, couples, qui se rejoignent par périodes, comme les oiseaux, la nouvelle saison. Les oiseaux, ce reste de dinosaure qui n'a pas changé le monde non plus.
Non, le monde ne changera jamais. Pas du vivant de l'homme en tout cas.
pas que du faut dans ton texte aubépin et aussi dans le com' de toi Matt'
effectivement rejeter le système n'est pas forcément le changer et comme dans n'importe quel groupe humain il y a des "C" des égoïstes des naïf et des vrai gars,
mais croire que parce qu'on vie en marginal que l'on n'est pas des moutons pour moi c'est faut les "maitres" nous ont ou à eux bien bourrés le mou et de vivre en marge finalement ils ne représentent aucun dangers pour les exploiteurs et ne sont pas plus libre que de de vivre sur le macadam seul bon coté que je trouve est au niveau de l'expérience de la démerde
à 20 ans j'aurai peut être pu suivre cette voie mais cela ne sait pas fait je suis rester un original sans être un marginal, j'aime bien le punk mais je n'ai jamais était un punk a chien
 

ROUSSELOT

Maître Poète
#4
Bonjour,

Le style m'a énormément plu.
La façon de narrer.
C'est singulier, vif et excellent.
J'ai beaucoup aimé.
Bravo.
Loïc ROUSSELOT
 
#5
Le monde ne changera jamais.
Même les gens que vous décrivez ne vivent que pour eux et pas suffisamment pour les autres.
Je connais ces gens là, pas d'argent, pas de système.
Pas de batailles, pas de justice. Pas de combats, pas la volonté de changer quoique ce soit dans le monde.
Enfin, ils changent le monde quand ils réussissent à taxer de quoi s'acheter pour rêver....
Dans tous les milieux, les égoïstes sont les plus nombreux, en quoi la rue peut elle être différente.
C'est pas le système qui la gère c'est sûr. C'est une meute dans un squatte ou des solo, couples, qui se rejoignent par périodes, comme les oiseaux, la nouvelle saison. Les oiseaux, ce reste de dinosaure qui n'a pas changé le monde non plus.
Non, le monde ne changera jamais. Pas du vivant de l'homme en tout cas.
Merci, Matthale, pour la qualité de votre lecture et de votre commentaire.

Chaque texte vit différemment au gré de ses lecteurs et de leur compréhension : c'est ce qui est étrange - merveilleux - dans la parole lorsqu'elle se partage.

Vous avez raison de noter "les gens que vous décrivez", car il s'agit bel et bien d'une description de "ces gens là", comme vous dites, qui s'inscrivent et se revendiquent de la marge et qui pourtant, par un étrange mouvement centripète, se retrouvent le samedi - soit aux heures de plus grande affluence - en centre-ville, et à l'endroit souvent le plus central dudit centre-ville : la fontaine. Rien que l'idée d'avoir affaire à des "marginaux centraux", je trouve cette aspiration décalée éminemment poétique ...

Quant au monde qui ne changera jamais et à la gamelle "Pour changer l' monde", il me semble que la chanson de Solaar, dans son dernier couplet rend bien parfaitement l'aspiration, la résignation et les interrogations des punks et des "gens":

"A quand la terre comme nouveau paradis
On ne sait plus que faire,
On ne sait plus quoi faire
L'enfer est sur Terre et qui la gère ?".

Nul doute qu'il y aurait matière à creuser et à discuter encore plus ;-)
 
#6
pas que du faut dans ton texte aubépin et aussi dans le com' de toi Matt'
effectivement rejeter le système n'est pas forcément le changer et comme dans n'importe quel groupe humain il y a des "C" des égoïstes des naïf et des vrai gars,
mais croire que parce qu'on vie en marginal que l'on n'est pas des moutons pour moi c'est faut les "maitres" nous ont ou à eux bien bourrés le mou et de vivre en marge finalement ils ne représentent aucun dangers pour les exploiteurs et ne sont pas plus libre que de de vivre sur le macadam seul bon coté que je trouve est au niveau de l'expérience de la démerde
à 20 ans j'aurai peut être pu suivre cette voie mais cela ne sait pas fait je suis rester un original sans être un marginal, j'aime bien le punk mais je n'ai jamais était un punk a chien
Merci, zuc, pour ce passage et vos réflexions. Comme je le soulignais dans ma réponse à Matthale, mon texte est surtout une description, ou plutôt un regard attentif mais aussi bienveillant, parce que l'inefficacité, les trajectoires et les quêtes sinueuses m'émeuvent.
 

Matthale

Administrator
Membre du personnel
#8
[QUOTE="Aubépin des Ardrets,

Chaque texte vit différemment au gré de ses lecteurs et de leur compréhension : c'est ce qui est étrange - merveilleux - dans la parole lorsqu'elle se partage.

Vous avez raison de noter "les gens que vous décrivez", car il s'agit bel et bien d'une description de "ces gens là", comme vous dites, qui s'inscrivent et se revendiquent de la marge et qui pourtant, par un étrange mouvement centripète, se retrouvent le samedi - soit aux heures de plus grande affluence - en centre-ville, et à l'endroit souvent le plus central dudit centre-ville : la fontaine. Rien que l'idée d'avoir affaire à des "marginaux centraux", je trouve cette aspiration décalée éminemment poétique ...

Quant au monde qui ne changera jamais et à la gamelle "Pour changer l' monde", il me semble que la chanson de Solaar, dans son dernier couplet rend bien parfaitement l'aspiration, la résignation et les interrogations des punks et des "gens":

"A quand la terre comme nouveau paradis
On ne sait plus que faire,
On ne sait plus quoi faire
L'enfer est sur Terre et qui la gère ?".

Nul doute qu'il y aurait matière à creuser et à discuter encore plus ;-)[/QUOTE]


Il est clair que la matière à creuser peut entraîner de vastes explorations sur la façon d'aborder cette réalité :)