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L’Affiche Rock

#1
L’Affiche Rock*

Vous aviez réservé pour des sons de garage,
Pour des riffs énervés, grattés au Bataclan.
Vous étiez des centaines abreuvés de boucan,
Remuants et vivants, et d’un peu tous les âges.

Et ils sont arrivés, morts-vivants terrassant
En rafales tac-tac les élans de vos vies.
Cheveux courts, cheveux longs, photos belles à l’envi :
Votre Affiche Rock déchire nos yeux sur l’écran.

Tous vos noms prononcés nous laissent imbéciles :
Nous les portons aussi, comme tous les passants.
Vos traits d’humanité sont ceux de nos enfants ;
Sans couleur et sans « race », en douleur indicible.

À l’heure des gisants, de nos agonisants,
Des blessés survivants et de nos rescapés,
Nos jours et nos matins sont bien sûr atterrés :
La colère et les pleurs seront-ils suffisants ?

Au soleil de novembre, dans la nuit culminant,
Gardons la tête droite, parlons mots qui délivrent :
Bonheur à tous. Bonheur à ceux qui vont survivre.
Soyons sans haine en nous pour tous les musulmans.

« Adieu la peine et le plaisir. Adieu les roses.
Adieu la vie. Adieu la lumière et le vent »
:
Que le message est triste, qui sur vous va pleuvant !
Et nous qui demeurons dans la beauté des choses …
Et nous qui connaîtrons les lendemains qui chantent …

Cet horizon de feu, qui semble indépassable,
Tous nos cœurs éraflés, qui pleurent à l’unisson,
Sèmeront la justice dans de profonds sillons,
Et des assassinés le sang intarissable
Coulera dans nos vies, celles de nos enfants.

Vous étiez des centaines quand les balles fleurirent,
Des centaines à tomber le cœur avant le temps,
Des centaines d’inconnus, sœurs et frères pourtant
Des centaines d’amoureux de vivre à en mourir.
Nous serons des millions à hurler L’Affiche Rock !


16 novembre 2015
*Structure, progression et certains vers repris intégralement du poème L’Affiche Rouge, de Louis Aragon, que j’espère n’avoir pas dénaturé.
 

iboujo

Maître Poète
#2
Merci Marie pour ta Noblesse de cœur

en rappelant les attentas du 13 Novembre au BATACLAN
Mes pensées t'accompagnent
le temps passe
la douleur demeure

je t'embrasse
jojo
Très beau teste Mary
 

Margho

Maître Poète
#5
L’Affiche Rock*

Vous aviez réservé pour des sons de garage,
Pour des riffs énervés, grattés au Bataclan.
Vous étiez des centaines abreuvés de boucan,
Remuants et vivants, et d’un peu tous les âges.

Et ils sont arrivés, morts-vivants terrassant
En rafales tac-tac les élans de vos vies.
Cheveux courts, cheveux longs, photos belles à l’envi :
Votre Affiche Rock déchire nos yeux sur l’écran.

Tous vos noms prononcés nous laissent imbéciles :
Nous les portons aussi, comme tous les passants.
Vos traits d’humanité sont ceux de nos enfants ;
Sans couleur et sans « race », en douleur indicible.

À l’heure des gisants, de nos agonisants,
Des blessés survivants et de nos rescapés,
Nos jours et nos matins sont bien sûr atterrés :
La colère et les pleurs seront-ils suffisants ?

Au soleil de novembre, dans la nuit culminant,
Gardons la tête droite, parlons mots qui délivrent :
Bonheur à tous. Bonheur à ceux qui vont survivre.
Soyons sans haine en nous pour tous les musulmans.

« Adieu la peine et le plaisir. Adieu les roses.
Adieu la vie. Adieu la lumière et le vent » :
Que le message est triste, qui sur vous va pleuvant !
Et nous qui demeurons dans la beauté des choses …
Et nous qui connaîtrons les lendemains qui chantent …

Cet horizon de feu, qui semble indépassable,
Tous nos cœurs éraflés, qui pleurent à l’unisson,
Sèmeront la justice dans de profonds sillons,
Et des assassinés le sang intarissable
Coulera dans nos vies, celles de nos enfants.

Vous étiez des centaines quand les balles fleurirent,
Des centaines à tomber le cœur avant le temps,
Des centaines d’inconnus, sœurs et frères pourtant
Des centaines d’amoureux de vivre à en mourir.
Nous serons des millions à hurler L’Affiche Rock !


16 novembre 2015
*Structure, progression et certains vers repris intégralement du poème L’Affiche Rouge, de Louis Aragon, que j’espère n’avoir pas dénaturé.
No comment... Le silence. Merci.