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Kaddish en Caillou

#1

Kaddish en Caillou

Sur ta tombe je pose
Un petit caillou bleu :
Mes larmes sur le rose
Du marbre malheureux.

Je l’ai pris dans le coffre
Que tu m’avais offert
À ton retour d’Écosse :
Rempli de jolies pierres.

Je me souviens encor
Du lapis-lazuli
Et des autres trésors,
De tous mes gazouillis,

Lorsque j’étais ton roi,
Quand tu étais ma reine :
Nous étions, toi et moi,
Des amoureux sans peine.

Alors mes lèvres chaudes
Se souviennent d’antan ;
De tes baisers en fraude
Dans mon doux cou d’enfant.

Les paumes sur le froid,
Je penche doucement
Mes deux lèvres vers toi
Pour t’embrasser, maman,

Et réciter aussi
Le kaddish un peu fou
De ton tout jeune fils
De ton « Petit Caillou » :

« Ne pleure pas, maman,
De n’avoir pas voulu
Cet être, ton enfant,
Que tu regardes émue.

Tu vois, si je suis là,
Malgré tes attentats,
Malgré ta guérilla
Contre le placenta,

C’est parce que tu sus,
Au jour de ma naissance,
Entrevoir cette issue
Qu’offrait ta descendance.

Les coups et les souffrances
Si nombreux pour dresser
Les jours de ton enfance,
Tu sus les remplacer

Par cet art débridé
De généreux partage
Et d’allant décidé
Laissé en héritage.

Dors ma jolie maman,
Dont j’ignorais les peines.
N’étais-j’ pas important
Que tranchasses tes veines ? »

Aubépin des Ardrets
 

farida

Maître Poète
#2
Sublime poème
riche en déclarations, beau en expressions et unique dans sa beauté.
Sincères condoléances.
Amicalement.
 
#6

Kaddish en Caillou

Sur ta tombe je pose
Un petit caillou bleu :
Mes larmes sur le rose
Du marbre malheureux.

Je l’ai pris dans le coffre
Que tu m’avais offert
À ton retour d’Écosse :
Rempli de jolies pierres.

Je me souviens encor
Du lapis-lazuli
Et des autres trésors,
De tous mes gazouillis,

Lorsque j’étais ton roi,
Quand tu étais ma reine :
Nous étions, toi et moi,
Des amoureux sans peine.

Alors mes lèvres chaudes
Se souviennent d’antan ;
De tes baisers en fraude
Dans mon doux cou d’enfant.

Les paumes sur le froid,
Je penche doucement
Mes deux lèvres vers toi
Pour t’embrasser, maman,

Et réciter aussi
Le kaddish un peu fou
De ton tout jeune fils
De ton « Petit Caillou » :

« Ne pleure pas, maman,
De n’avoir pas voulu
Cet être, ton enfant,
Que tu regardes émue.


Tu vois, si je suis là,
Malgré tes attentats,
Malgré ta guérilla
Contre le placenta,


C’est parce que tu sus,
Au jour de ma naissance,
Entrevoir cette issue
Qu’offrait ta descendance.


Les coups et les souffrances
Si nombreux pour dresser
Les jours de ton enfance,
Tu sus les remplacer


Par cet art débridé
De généreux partage
Et d’allant décidé
Laissé en héritage.


Dors ma jolie maman,
Dont j’ignorais les peines.
N’étais-j’ pas important
Que tranchasses tes veines ? »


Aubépin des Ardrets
C'est un très beau poème... Rempli de sentiments et de questions...
Bon courage et merci encore!
 
#7
C'est un très beau poème... Rempli de sentiments et de questions...
Bon courage et merci encore!
Merci, Adeline0307, pour cette lecture.
Des sentiments, certainement, des questions, toujours, quant au courage ... voilà une notion bien dérisoire, je trouve : il faut être acteur pour rire ou pleurer sur commande, or je ne suis pas acteur, de sorte que les rires ou les pleurs me prennent souvent par surprise, mais toujours les yeux grands ouverts, en toute conscience et en toute lucidité ;-)
 

Margho

Maître Poète
#8

Kaddish en Caillou

Sur ta tombe je pose
Un petit caillou bleu :
Mes larmes sur le rose
Du marbre malheureux.

Je l’ai pris dans le coffre
Que tu m’avais offert
À ton retour d’Écosse :
Rempli de jolies pierres.

Je me souviens encor
Du lapis-lazuli
Et des autres trésors,
De tous mes gazouillis,

Lorsque j’étais ton roi,
Quand tu étais ma reine :
Nous étions, toi et moi,
Des amoureux sans peine.

Alors mes lèvres chaudes
Se souviennent d’antan ;
De tes baisers en fraude
Dans mon doux cou d’enfant.

Les paumes sur le froid,
Je penche doucement
Mes deux lèvres vers toi
Pour t’embrasser, maman,

Et réciter aussi
Le kaddish un peu fou
De ton tout jeune fils
De ton « Petit Caillou » :

« Ne pleure pas, maman,
De n’avoir pas voulu
Cet être, ton enfant,
Que tu regardes émue.


Tu vois, si je suis là,
Malgré tes attentats,
Malgré ta guérilla
Contre le placenta,


C’est parce que tu sus,
Au jour de ma naissance,
Entrevoir cette issue
Qu’offrait ta descendance.


Les coups et les souffrances
Si nombreux pour dresser
Les jours de ton enfance,
Tu sus les remplacer


Par cet art débridé
De généreux partage
Et d’allant décidé
Laissé en héritage.


Dors ma jolie maman,
Dont j’ignorais les peines.
N’étais-j’ pas important
Que tranchasses tes veines ? »


Aubépin des Ardrets
Au Moyen-Age, le lapis lazuli était connu pour délivrer l'âme de l'erreur, de la crainte et intercèder auprès du Seigneur...

Votre poème est émouvant et la question ultime, douloureuse, me bouleverse.

Mes amitiés, Aubépin,
 
#9
Au Moyen-Age, le lapis lazuli était connu pour délivrer l'âme de l'erreur, de la crainte et intercèder auprès du Seigneur...

Votre poème est émouvant et la question ultime, douloureuse, me bouleverse.

Mes amitiés, Aubépin,
Merci, Margho, pour cette lecture vivante.
La dernière question ne peut être que celle d'un enfant : autocentrée.
Peut-être mériterait-elle d'être retournée : avait-elle l'impression d'être moins importante à mes yeux ?
Mais un enfant - car l'on reste enfant toute sa vie - peut-il vraiment poser la question en ces termes lorsque l'irréparable a été commis ?