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Johnny Hallyday revisité (1943-2018)

Filiatus

Maître Poète
#1
Il y a le mont Saint-Michel
La basilique à Saint-Denis
Le pont du Gard, la tour Eiffel
Et il y a aussi Johnny

Car cet artiste est un emblème
Un véritable monument
Et la France profonde l'aime
Comme on aime un proche parent

Johnny s'appelle Jean-Philippe
D'un père Belge, il naît en France
Et selon la loi, en principe
Il reste Belge en son enfance

Son père et sa mère divorcent
Et bien que ses parents lui manquent
Avec ses cousins, il s'efforce
D'être un honnête saltimbanque

À seize ans, jeune guitariste
Fan d'Elvis et Fats Domino
Lors, au Golf Drouot il assiste
Au spectacle de ses héros

Un an plus tard sous le surnom
De Johnny Hallyday, il sort
Son tout premier microsillon
Un rock'n'roll en trois accords

Avec son déhanché sexy
Son regard d'acier, ses gros bras
Quand il chante, c'est l'hystérie
Et les coups pleuvent quelquefois

Un imprésario le remarque
Et lui fait signer un contrat
L'homme s'appelle Johnny Stark
Il lui décroche l'Olympia

Il chante avec "Les Parisiennes"
Son grand succès : "Retiens la nuit"
Mais c'est avec "Let's twist again"
Qu'il goûte enfin au paradis

À vingt ans il est déjà mûr
Pour écrire ses mélodies
Il va crier tout son "amuuur"
À sa kyrielle de groupies

Johnny, bien qu'idole des jeunes
Fait son service militaire
Et durant un an, pour le fun
Il fait pleurer dans les chaumières

À peine quitté la caserne
Il chante "Le pénitencier"
Puis met son célibat en berne
Pour Sylvie Vartan épouser

Peu après que soit né David
Son union semble moribonde
Aussi Johnny pense au suicide
Dans l'indifférence du monde

Les beatniks et puis les hippies
Lui ont chapardé la vedette
Alors il chante Jésus-Christ
En mil neuf cent soixante-sept

À vingt-six ans, il compte alors
Déjà dix années de carrière
Et c'est dans le Palais des Sports
Qu'il fête cet anniversaire

C'est là qu'il chante "Que je t'aime"
Pour la toute première fois
Et son excellent "Requiem
Pour un fou" qui fait un tabac

"Toute la musique que j'aime
Elle vient de là elle vient du blues"
Ainsi que "J'ai un problème"
Qu'il chante avec sa tendre épouse

Sont chaque fois des disques d'or
Quand ils ne sont pas de platine
Et plein aux as il crie alors :
"Salut les copains" et copines

Il s'en va à San Francisco
En famille et à toute force
Cinq ans après c'est le fiasco
L'idole et sa femme divorcent

Johnny qui reste un Dieu vivant
Se retrouve maintenant seul
Et cabossé par tous les vents
Il sort un nouveau hit : "Ma gueule"

L'artiste est au creux de la vague
Quand il croise Nathalie Baye
Qui lui fait quitter ses "Santiag"
Et met sa caisse à la ferraille

Elle lui présente Godard
Qui lui fait tourner "Détective"
Puis, trouvant ses chansons trop noires
Veut qu'un ami les lui écrive

Cet ami c'est Michel Berger
Qui magnifie la solitude
De ce "Chanteur abandonné"
Par la "rock'n'roll attitude"

Puis le grand Goldman lui compose
Entre un bon pop et un country
Quelque chanson à l'eau de rose
Où la voix de Johnny s'épanouit

Il collabore avec son fils
Part en tournée avec Eddy
Ouvre l'année quatre-vingt-dix
Avec la chaleur de Bercy

Malgré des Guignols qui se moquent
De lui et sa "Boîte à coucou"
Johnny reste de son époque
Et contre le sort tient le coup

En mil neuf cent quatre-vingt-treize
Il fête ses cinquante automnes
Au Parc des Princes c'est à l'aise
Que dans la foule il s'abandonne

Et puis c'est au Stade de France
Qu'il tente d'"Allumer le feu"
Enfin ce jour là, pas de chance
Car sur la Capitale, il pleut

Mais la chanson cartonne vite
Ainsi que l'album "Sang pour sang"
Que son fiston lui a écrite
Est presque disque de diamant

Ce qui l'amène encore au Parc
Pour ses soixantièmes bougies
Où parmi ses duos on remarque
Les grands artistes d'aujourd'hui

Il tourne le film "Jean-Philippe"
Avec Fabrice Lucchini
C'est l'histoire d'un pauvre type
Qui n'a jamais été Johnny

En deux mil huit l'idole annonce
Qu'elle arrêtera dans deux ans
D'ailleurs un gros coup de semonce
Du crabe lui glace le sang

À soixante-sept ans, notre homme
Alimente les faits divers
Entre son tout nouvel album
Son changement de manager

Son exil à Los Angeles
Son procès contre son docteur
Le pauvre Johnny n'a de cesse
Qu'on éteigne les projecteurs

À la fin de l'an deux mil douze
Le rocker casse la baraque
Moitié ballade, moitié blues
Son dernier hit sort dans les bacs

Enfin Johnny, Eddy et Jacques
Sous le nom "Les vieilles canailles"
Viennent faire leur come-back
Sans que l'idole ne défaille

L'ultime et cinquantième album
De Johnny sort l'année suivante
Il se hisse sur le podium
En première place des ventes

Atteint d'un cancer du poumon
Courageusement il se bat
Avec Eddy, avec Dutronc
Sur scène il retourne au combat

Epuisé, il garde la chambre
Et décède près de Versailles
Dans la soirée du cinq décembre...

Géantes sont ses funérailles
 
#2
Il y a le mont Saint-Michel
La basilique à Saint-Denis
Le pont du Gard, la tour Eiffel
Et il y a aussi Johnny

Car cet artiste est un emblème
Un véritable monument
Et la France profonde l'aime
Comme on aime un proche parent

Johnny s'appelle Jean-Philippe
D'un père Belge, il naît en France
Et selon la loi, en principe
Il reste Belge en son enfance

Son père et sa mère divorcent
Et bien que ses parents lui manquent
Avec ses cousins, il s'efforce
D'être un honnête saltimbanque

À seize ans, jeune guitariste
Fan d'Elvis et Fats Domino
Lors, au Golf Drouot il assiste
Au spectacle de ses héros

Un an plus tard sous le surnom
De Johnny Hallyday, il sort
Son tout premier microsillon
Un rock'n'roll en trois accords

Avec son déhanché sexy
Son regard d'acier, ses gros bras
Quand il chante, c'est l'hystérie
Et les coups pleuvent quelquefois

Un imprésario le remarque
Et lui fait signer un contrat
L'homme s'appelle Johnny Stark
Il lui décroche l'Olympia

Il chante avec "Les Parisiennes"
Son grand succès : "Retiens la nuit"
Mais c'est avec "Let's twist again"
Qu'il goûte enfin au paradis

À vingt ans il est déjà mûr
Pour écrire ses mélodies
Il va crier tout son "amuuur"
À sa kyrielle de groupies

Johnny, bien qu'idole des jeunes
Fait son service militaire
Et durant un an, pour le fun
Il fait pleurer dans les chaumières

À peine quitté la caserne
Il chante "Le pénitencier"
Puis met son célibat en berne
Pour Sylvie Vartan épouser

Peu après que soit né David
Son union semble moribonde
Aussi Johnny pense au suicide
Dans l'indifférence du monde

Les beatniks et puis les hippies
Lui ont chapardé la vedette
Alors il chante Jésus-Christ
En mil neuf cent soixante-sept

À vingt-six ans, il compte alors
Déjà dix années de carrière
Et c'est dans le Palais des Sports
Qu'il fête cet anniversaire

C'est là qu'il chante "Que je t'aime"
Pour la toute première fois
Et son excellent "Requiem
Pour un fou" qui fait un tabac

"Toute la musique que j'aime
Elle vient de là elle vient du blues"
Ainsi que "J'ai un problème"
Qu'il chante avec sa tendre épouse

Sont chaque fois des disques d'or
Quand ils ne sont pas de platine
Et plein aux as il crie alors :
"Salut les copains" et copines

Il s'en va à San Francisco
En famille et à toute force
Cinq ans après c'est le fiasco
L'idole et sa femme divorcent

Johnny qui reste un Dieu vivant
Se retrouve maintenant seul
Et cabossé par tous les vents
Il sort un nouveau hit : "Ma gueule"

L'artiste est au creux de la vague
Quand il croise Nathalie Baye
Qui lui fait quitter ses "Santiag"
Et met sa caisse à la ferraille

Elle lui présente Godard
Qui lui fait tourner "Détective"
Puis, trouvant ses chansons trop noires
Veut qu'un ami les lui écrive

Cet ami c'est Michel Berger
Qui magnifie la solitude
De ce "Chanteur abandonné"
Par la "rock'n'roll attitude"

Puis le grand Goldman lui compose
Entre un bon pop et un country
Quelque chanson à l'eau de rose
Où la voix de Johnny s'épanouit

Il collabore avec son fils
Part en tournée avec Eddy
Ouvre l'année quatre-vingt-dix
Avec la chaleur de Bercy

Malgré des Guignols qui se moquent
De lui et sa "Boîte à coucou"
Johnny reste de son époque
Et contre le sort tient le coup

En mil neuf cent quatre-vingt-treize
Il fête ses cinquante automnes
Au Parc des Princes c'est à l'aise
Que dans la foule il s'abandonne

Et puis c'est au Stade de France
Qu'il tente d'"Allumer le feu"
Enfin ce jour là, pas de chance
Car sur la Capitale, il pleut

Mais la chanson cartonne vite
Ainsi que l'album "Sang pour sang"
Que son fiston lui a écrite
Est presque disque de diamant

Ce qui l'amène encore au Parc
Pour ses soixantièmes bougies
Où parmi ses duos on remarque
Les grands artistes d'aujourd'hui

Il tourne le film "Jean-Philippe"
Avec Fabrice Lucchini
C'est l'histoire d'un pauvre type
Qui n'a jamais été Johnny

En deux mil huit l'idole annonce
Qu'elle arrêtera dans deux ans
D'ailleurs un gros coup de semonce
Du crabe lui glace le sang

À soixante-sept ans, notre homme
Alimente les faits divers
Entre son tout nouvel album
Son changement de manager

Son exil à Los Angeles
Son procès contre son docteur
Le pauvre Johnny n'a de cesse
Qu'on éteigne les projecteurs

À la fin de l'an deux mil douze
Le rocker casse la baraque
Moitié ballade, moitié blues
Son dernier hit sort dans les bacs

Enfin Johnny, Eddy et Jacques
Sous le nom "Les vieilles canailles"
Viennent faire leur come-back
Sans que l'idole ne défaille

L'ultime et cinquantième album
De Johnny sort l'année suivante
Il se hisse sur le podium
En première place des ventes

Atteint d'un cancer du poumon
Courageusement il se bat
Avec Eddy, avec Dutronc
Sur scène il retourne au combat

Epuisé, il garde la chambre
Et décède près de Versailles
Dans la soirée du cinq décembre...

Géantes sont ses funérailles
Filiatus, bravo, et chapeau bas l'artiste !
Voici un bel hommage à Johnny, un très grand chanteur, une grande voix!

Grâce à ce poème, j'ai appris des choses sur Johnny, merci Filiatus!