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Jacques Cœur revisité (v1400-1456)

Filiatus

Maître Poète
#1
Avec un pareil patronyme
On ne vit pas cupidement
Pour mourir presque en anonyme
Sans avoir atteint soixante ans

Son bannissement fut glacial
Mais moins que n'est la Sibérie
Et dans son paradis fiscal
Il ne pensait qu'à son Berry

C'est au cœur du pays de France
Alors cerné par les Anglais
Trente ans avant la Délivrance
Que le petit Jacques Cœur naît

Son père est taillandier de marque
Qui loge à Bourges, à côté
Du palais de l'oncle au monarque
Jean de Berry le bien-aimé

Le petit Jacques souvent pense
Qu'il sera gentilhomme un jour
Et que le gentil roi de France
Le fera venir à sa cour

Malheureusement la noblesse
À Azincourt, est écrasée
Et tous ses rêves de jeunesse
En un instant sont envolés

Trois ans plus tard, c'est la stupeur
Le Dauphin doit quitter Paris
Chassé par le duc Jean-sans-Peur
Il se réfugie en Berry

Pour le jeune homme, quelle aubaine
Le futur roi est dans les lieux
Il se fait connaître sans peine
Car il est vif et ambitieux

On lui offre un emploi de change
Et le prévôt qui cherche un fils
Lui donne sa fille en échange
De ses bons et loyaux services

Lors, avec son nouveau beau-frère
Jacques commence à trafiquer
Le Dauphin est très en colère
Et s'apprête à le sanctionner

Quand arrive de sa province
Une certaine Jeanne d'Arc
Qui dans la cathédrale à Reims
Viens faire sacrer le monarque

Bouleversé par cette histoire
Le roi redevient agréable
Et pardonne à nos deux gaillards
Contre une amende raisonnable

Jacques Cœur qui a la trentaine
Se lance alors dans le négoce
Et de Venise jusqu'à Gênes
Le Berrichon roule sa bosse

Le souverain, qui ne s'en choque
Le nomme "Maître des monnaies"
On se moquait, à cette époque
D'avoir des conflits d'intérêts

Et Jacques Cœur, de s'enrichir
Et le roi, de s'émerveiller
Et tant sa majesté l'admire
Qu'elle en fait son "Grand argentier"

Tandis que Charles VII guerroie
Jacques Cœur gère les finances
S'octroyant sans qu'on ne le voit
Quelques secrètes redevances

Le roi, que Jacques Cœur subjugue
D'avoir si bien tenu son rôle
Au nom de son ancêtre Hugues
L'anoblit l'épée sur l'épaule

Le Berrichon se fait construire
Partout en France, des villas
Affrète les plus grands navires
Prête de l'argent même au roi

Le souverain couvert de dettes
À l'égard de son argentier
Sans une explication l'arrête
Comme autrefois les Templiers

Dans le Poitou on l'emprisonne
En attendant d'être jugé
Puis quand l'heure du procès sonne
À mort il se voit condamné

Là, pourrait s'arrêter l'histoire
De Jacques le banqueroutier
Si par le plus grand des hasards
Il ne devint aventurier

Car de la prison, il s'échappe
Avec l'aide de ses amis
Pour rejoindre Rome et le Pape
Qui une flotte lui confie

L'amiral Jacques Cœur embarque
Pour l'antique Grèce assiégée
Chasser pour son nouveau monarque
Les Turcs hors de la mer Égée

Mais notre ancien homme d'affaires
Qui naguère écumait les gens
N'a guère à faire en cette guerre
Contre les guerriers ottomans

Cœur est tué lors d'un corps-à-corps
Sur une île d'Asie mineure
Où aux vents il laisse son corps
Mais vers Bourges vole son cœur
 

Cortisone

Maître Poète
#2
A 17 ans j'ai visité le palais Jacques coeur mais mes souvenirs en étaient très vagues et votre texte vient de m'en remémorer l'histoire.
Merci Filiatus