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Eugène Weidmann revisité (1908-1939)

Filiatus

Maître Poète
#1
Weidmann n'était pas un saint homme
Mais pas un diable pour autant
Il ne doit son renom, en somme
[Chez les sociologues, s'entend]

Que parce qu'il fut, ah, quelle épreuve !
Le dernier gibier de potence
À avoir embrassé "la Veuve"
Devant le bon peuple de France

Weidmann Eugène est Allemand
Né à Francfort, vite orphelin
Élevé par ses grands-parents
Marmot de Cologne, il devient

Il passe son adolescence
À commettre des effractions
Ce qui lui vaut des remontrances
Et la maison de correction

Lorsque Weidmann est jeune adulte
Il s'expatrie à Ottawa
Mais il y crée un tel tumulte
Qu'il est chassé du Canada

Dès son retour en Germanie
Il s'allie avec des voyous
Pour mieux entôler un nanti
Mais, c'est en taule qu'il échoue

Après huit ans de prison ferme
Il en ressort, non pas contrit
Mais avec une intention ferme
De ne vivre que de délits

Alors, il débarque à Paris
Avec quelques amis fidèles
Et hante de jour et de nuit
L'Exposition universelle

Avec sa silhouette élégante
Sa bonne tête et son accent
Il a de nombreuses amantes
Desquelles il soutire l'argent

Mais, l'Allemand et ses complices
Ne laissent pas partir leurs proies
Par nécessité ou par vice
Ils les trucident chaque fois

Le crime accompli, ils décampent
En quête d'un nouveau gogo
Que, d'une balle dans la tempe
Ils tuent pour un autre lingot

En tout, six victimes succombent
Sous les coups du trio dément
Une véritable hécatombe
Pour parfois moins de mille francs

Aux derniers jours de trente-sept
Les gangsters se font repérer
Weidmann prend un coup sur la tête
Par un flic qui s'est approché

Lors, le visage enturbanné
Du play-boy envahit la presse
Ce qui fait sourire les niais
Et grogner ceux qui le connaissent

Après plus d'un an d'instruction
Devant la cour de Seine-et-Oise
Comparaissent les trublions
Défendus avec belle emphase

Par un grand ténor du barreau
[Les crapules ont les moyens]
Mais le talent et les sanglots
Ne font pas changer le destin

Les complices du matamore
Se prennent la perpétuité
Pour eux, c'est presque un réconfort
C’est mieux qu’une tête coupée

Devant la prison de Versailles
Les spectateurs, se bousculant
Viennent dire au play-boy, bye-bye
Leur mouchoir gorgé de son sang