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En longeant le muret

#1

*

En longeant le muret

En longeant le muret du petit cimetière
On peut voir le carré où brille la lumière
Des bougies et des ombres qui traversent la nuit
Et tremblent sur les tombes des enfants évanouis.


N’est-ce pas une mère dont je vois le profil
Divaguant dans les airs tout auprès de sa fille ?
Et là-bas, celle-là, courbée, qui se faufile
Vers le petit amas de terre encore fine :


Un père suffoquant l’absence de son fils ?
Pourquoi le roi des aulnes fait-il peur aux enfants ?
Pourquoi faut-il que l’aube voit pleurer les parents ?


Quel est le trafiquant ordonnant ce supplice ?
Pourquoi ces larmes chaudes quand sont froids les gisants ?
Pourquoi reprendre en fraude le don de quelques ans ?


Aubépin des Ardrets
__________
*Le roi des aulnes, auteur inconnu, d’après le poèmeErlkönigde J. W. v. Goethe
 
Dernière édition:

glycine

Maître Poète
#3
J'aime bien le titre... Mystère de la surprise... qui se révèle macabre...
Je retiens le vers "Pourquoi ces larmes chaudes quand sont froids les gisants ?"
Un poème émouvant, voire glaçant... et très visuel...
 

Philaly

Maître Poète
#6
La mort fait partie de la vie mais l humain ne l acceptera jamais parce qu'il a en lui le désir d éternité.
Poème déchirant. Perdre un enfant, ce n est pas dans la logique des choses, un enfant privé d un parent, c est cruel.
 
#7
J'aime bien le titre... Mystère de la surprise... qui se révèle macabre...
Je retiens le vers "Pourquoi ces larmes chaudes quand sont froids les gisants ?"
Un poème émouvant, voire glaçant... et très visuel...
Merci, glycine, pour cette remontée inattendue ;-)
Je suis désolé si du suspens semble s'être introduit dans ce poème : ce n'était pas ici l'objet poursuivi... Il s'agissait juste de restituer des observations et des impressions qui m'avaient saisies alors que je ne m'y attendais pas en passant le long d'un cimetière à la fin d'une journée d'hiver.
 
Dernière édition:
#10
La mort fait partie de la vie mais l humain ne l acceptera jamais parce qu'il a en lui le désir d éternité.
Poème déchirant. Perdre un enfant, ce n est pas dans la logique des choses, un enfant privé d un parent, c est cruel.
Oui, Philaly, c'est exactement cela : à quoi bon prendre la vie de ceux qui n'ont pas vécu, ou si peu... ? J'avais été très marqué par un film/reportage portant sur une jeune enfant, un bébé en fait, ayant la leucémie et le «combat» de ses parents (Surviving Amina).
 

glycine

Maître Poète
#11
Merci, glycine, pour cette remontée inattendue ;-)
Je suis désolé si du suspens semble s'être introduit dans ce poème : ce n'était pas ici l'objet poursuivi... Il s'agissait juste de restituer des observations et des impressions qui m'avaient saisies alors que je ne m'y attendais en passant le long d'une cimetière à la fin d'une journée d'hiver.
Je m'explique...
Si dans le titre, il y avait eu le mot cimetière, il n'y aurait eu aucun mystère...
Mais "En longeant le muret" donne du mystère car le lecteur pendant quelques secondes, se demande de quel muret il peut s'agir...
et ce sont ces quelques secondes... qui peuvent être d'interrogation ou d'imagination... qui m'ont plu...
Voilà pourquoi j'ai bien aimé ce titre...
 
#13
Après la mort vient la douleur et les larmes.
C'est toujours très émouvant de l'évoquer.
Cordialement.
Vous avez raison : la douleur et les larmes, ainsi que les interrogations, le souvenir, la mémoire et toute une étonnante complexité dans laquelle il n'est pas rare que s'invitent les rires et les sourires des moments heureux passés avec l'être désormais disparu, le manque etc...
Merci, steph76, pour cette lecture.
 

LUZE

Maître Poète
#15
les fantômes habitant les cimetières
vous ont bien inspiré pour ce poème
c'est triste mais chantant

le plaisir de publier pour moi , c'est toutes ces réactions des lecteurs
elles nous révèlent des choses que l'on ne pensait pas avoir mises
et c'est là le grand plaisir du partage
 

Vega46

Maître Poète
#16
La logique ne voudrait pas qu’un enfant meure avant ses parents, une tristesse infini inondera de larmes leurs yeux éteints jusqu’à la fin de leur vie.
Très bel écrit
Momo le clochard céleste au cerveau poussiéreux
 
#17
les fantômes habitant les cimetières
vous ont bien inspiré pour ce poème
c'est triste mais chantant

le plaisir de publier pour moi , c'est toutes ces réactions des lecteurs
elles nous révèlent des choses que l'on ne pensait pas avoir mises
et c'est là le grand plaisir du partage
Merci, LUZE, pour cette lecture. Vous avez sans doute raison : ces parents qui se pressent et vaticinent leur douleur auprès des tombes de leurs petits disparus sont probablement des fantômes (Vega46 ne dit pas autre chose dans son commentaire)... Quant à la tristesse, elle est souvent ce souffle étrange ou certains chants puisent leur inspiration.

Bien sûr que la publication recherche également les commentaires : ces derniers font exister nos modestes mots (ainsi que nous-mêmes et nos égos, aussi pathétique, tendrement drôle et étrange que cela puisse paraître) tout en nous reliant à autrui, le tout en nous rappelant constamment à l'humilité (cette "épreuve du feu" à laquelle nous soumettons nos textes est, certes, exaltante à maints égards, mais elle nous montre aussi souvent que le degré d'importance que nous accordons à certains textes n'est pas forcément celui que lui accordent les lecteurs auxquels nous ne cessons de voler un peu de temps) et à l'étonnement (ces mots résonnent donc également chez d'autres !).
 
#18
La logique ne voudrait pas qu’un enfant meure avant ses parents, une tristesse infini inondera de larmes leurs yeux éteints jusqu’à la fin de leur vie.
Très bel écrit
Momo le clochard céleste au cerveau poussiéreux
Merci, Vega46, de vous être attardé ainsi sous ce texte. Ces yeux éteints, je les ai vus chez ma grand-maternelle qui venait de perdre son second enfant, ma tante...
 
#20
par fantômes je pensais aux enfants
que les parent viennent voir , leur parler
perdre un enfant est un chagrin immense
J'avais bien compris, mais il m'est subitement apparu que les vrais fantômes étaient peut-être plus ces ombres courbées se faufilant entre les tombes à la lueur vacillante des bougies... L'image qui m'en est restée est particulièrement nette à mon esprit.