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Chiens et chats

#1
Les chiens, les chats se font la guerre
Ainsi que jadis et naguère
Et les jeunes et les anciens
S’aiment en fins platoniciens ;
Les vieux ont pris le soleil et des rides
En s’accrochant à la longueur des brides
De leur monture galopant au vent
Dès le blanc du jour au matin levant ;
Les mômes ont vu leur chevauchée fantastique
Alors qu’ils empilaient des cubes en plastique
Et ils se sont juré : croix de fer, croix de bois
De ne pas s’enfermer en hurlant aux abois.
L’ancien s’est tourné vers le jeune
Vise loin, vis de peu et jeûne
Et en chemin, viendra la faim
Qui te suivra jusqu’à ta fin.
Alors, d’accord, il ne prit qu’orge et seigle
Et mincit sa gorge autant qu’un cou d’aigle
Et mieux que Pégase il s’est envolé
Sans avoir une aile au cheval volé.
Le grand et le petit s’aiment toujours d’amour
Comme le poids léger tourne autour du poids lourd ;
Le premier a pensé terminer son voyage
Quand l’autre n’absorbe qu’un quart du paysage.
La guerre entre enfant et parent
N’est qu’un phénomène apparent
Car bien que minime est la graine
Elle sera majeure reine
Ou roi exécrant le roi fainéant
Appliquant la loi du parfait néant
Autour de sa molle et grosse paresse
A tendre sa main pour une caresse
Attendue du petit soumis à son sujet
A l’égal attrait de ce merveilleux objet
Auquel il a songé le jour, la nuit en rêve
Et qu’il veut conserver jusqu’au jour où il crève
D’avoir trop longtemps espéré
Qu’il pût être un jour repéré
Par le géant qui ne contemple
Que les pilastres d’un grand temple…
Alors, il miaule ainsi qu’un chat perdu
Qu’aboie un chien seul d’amour éperdu ;
Le malentendu déclenche la lutte
Qui ne s’arrête que jusqu’à la chute
Du plus fragile ou du plus sensible des deux
Alors qu’ils eussent pu extraire en chacun d’eux
Le meilleur qui bannit opposés, différences
Si la cruauté s’est sauvée des apparences.